Conseil de Défense : « Français encore un effort si vous voulez être délivrés »

Paris, le jeudi 20 janvier 2022 – La comparaison est un art subtil. Le gouvernement nous en a donné de nombreux exemples depuis le début de la crise sanitaire. Aujourd’hui, pour l’Elysée, l’objectif est de mettre en avant les points forts de la France : « On veut rappeler que nous sommes le pays avec le moins de restrictions en Europe, qu'on a bien fait de mettre en place le passe sanitaire en juillet et de ne pas reconfiner il y a un an » explique une source proche de l’exécutif citée par le Figaro. Cette vision renvoie en effet à une réalité : en Belgique et aux Pays-Bas, par exemple, la fin de l’année 2021 a été marquée par des confinements et des fermetures strictes qui (à l’exception notable des boîtes de nuit) n’ont pas eu lieu dans notre pays. Au-delà, il est vrai que la France a choisi (en tout cas dans l’hexagone) de limiter le recours aux restrictions les plus dures tout au long de l’année 2021 et plus encore d’éviter les fermetures d’école. Cependant, ce bilan positif des proches d’Emmanuel Macron contraste avec les échos d’autres pays, tels l’Espagne ou la Grande-Bretagne. Outre Manche, Boris Johnson vient en effet d’annoncer une grande libération avec la fin des masques et du télétravail obligatoire dès la semaine prochaine et de l’isolement pour les personnes contaminées au mois de mars. Un horizon qui semble bien loin en France.

Situation chaotique

La volonté des proches de l’exécutif de dresser un portrait idéalisé de la gestion sanitaire française témoigne en creux de leur inquiétude que cette dernière ne pèse trop fortement sur la campagne du non encore candidat Emmanuel Macron. De fait, si le maintien ouvert des écoles et la souplesse teintée de vigilance qui a caractérisé 2021 ont pu être appréciés, le début de l’année 2022 voit une autre tendance s’imposer. Le protocole sanitaire constamment changeant à l’école, la course aux autotests et le sentiment partagé par un certain nombre de médecins d’une politique de dépistage totalement inadaptée à la nouvelle réalité du virus et d’un passe vaccinal dépassé avant même d’être activé plombent l’ambiance générale.

Un calendrier de levée progressive des dernières restrictions présenté ce soir

Dès lors, le Conseil de Défense de ce 20 janvier, qui s’est tenu ce matin avant que sous les fenêtres du ministère de l’Education nationale, des milliers d’enseignants manifestent à nouveau leur colère, avait une dimension plus politique encore que les précédents. Les décisions actées dans le cadre de ce Conseil seront présentées ce soir à 19h par Jean Castex et Olivier Véran, comme l’a annoncé à 12h30 Gabriel Attal à la fin de la réunion. Il s’agira pour le premier ministre et le ministre de la Santé de dessiner un calendrier de « levée progressive des dernières mesures restrictives dans notre pays » a précisé Gabriel Attal.

Vers une nouvelle politique de dépistage ?

Ce qui se dessine est un maintien des dispositions qui avaient été annoncées pour trois semaines (jusqu’au 23 janvier) pendant encore deux semaines, notamment le télétravail obligatoire au moins trois jours par semaine, voire quatre quand cela est possible, la fermeture des discothèques et les diverses interdictions de se tenir debout et de manger dans les bars, concerts, cinémas et moyens de transport. Après ces deux semaines, un assouplissement serait donc au programme avec pour le gouvernement l’objectif de « donner de la visibilité ». Difficile cependant de savoir si cette levée concernera également le port du masque comme en Grande-Bretagne. Concernant le passe vaccinal, dont le gouvernement espère l’entrée en vigueur le 23 ou 24 janvier, certains proches de l’exécutif évoquent la possibilité d’une activation régionalisée pour répondre à d’éventuelles flambées (ce qui constituerait un recul du gouvernement). Enfin, les déclarations de Jean Castex et d’Olivier Véran concernant la politique de dépistage sont également très attendues. Les critiques se multiplient en effet face à la décorrélation manifeste entre l’explosion du nombre de tests et une absence quasi complète de contrôle des contaminations. Les niveaux de ces dernières sont tels qu’il semble illusoire de penser que le dépistage actuel crée une quelconque barrière, tandis que la faible dangerosité d’Omicron paraît pouvoir (ou devoir) orienter vers une stratégie renouvelée. On sait par ailleurs que face à l’augmentation des faux positifs et négatifs des autotests antigéniques et des tests antigéniques réalisés en pharmacie après prélèvement nasopharyngé, un feu vert pourrait être donné aux tests antigéniques salivaires potentiellement plus fiables vis-à-vis d’Omicron.

De la visibilité mais sans précipitation

Si envisager un assouplissement des restrictions paraît pouvoir être programmé compte tenu de la stagnation de la hausse de la pression dans les hôpitaux (qui connaît cependant toujours un niveau élevé et parfois difficilement supportable pour les équipes) le gouvernement veut cependant éviter toute précipitation. Il s’agit d’amoindrir l’impact de revirements trop brutaux sur l’organisation des hôpitaux, si un retour en arrière s’avérait nécessaire, sous l’effet par exemple du nouveau sous-variant auquel nous consacrons un autre article aujourd’hui.
En tout état de cause, les nombres encore records d’infections identifiées ces deux derniers jours rendent difficiles, même face à un variant apparemment bien moins virulent, toute levée trop hâtive de l’ensemble des mesures qui régissent notre quotidien depuis de si longs mois.

L.C.

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Vos réactions (1)

  • Vaste fumisterie

    Le 22 janvier 2022

    Le conseil de défense est une vaste fumisterie antidémocratique digne d'un pays totalitaire ou je ne sais qui décide de je ne sais quoi et nous ne sommes pas en guerre. Il est anticonstitutionnel, et ce ne sera que dans 55 ou 100 ans que le bon peuple y aura "libre"accès!

    Dr Jean-Paul Vasse

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