Couches pour bébé : des parents veulent que les noms fuitent

Paris, le mercredi 12 juin 2019 – Le 23 janvier dernier, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) rendait public un rapport sur la présence de substances potentiellement toxiques dans les couches jetables pour bébés. Ses analyses ayant porté sur 23 références de couches présentes sur le marché « dans des conditions d’usage réalistes » avaient mis en évidence que pour la majorité des soixante substances considérées comme préoccupantes et retrouvées dans les couches jetables, les seuils "sanitaires" n’étaient pas dépassés. Mais pour treize d’entre elles des teneurs supérieures étaient parfois signalées : « Il s’agit de substances parfumantes (butylphényl méthyle propional ou lilial®, hydroxyisohexyl 3-cyclohexène carboxaldéhyde ou lyral®), certains hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), le PCB-126, la somme des PCB-DL et la somme des dioxines, furanes et PCB-DL » précisait l’ANSES. Face à ces résultats et même si de manière globale, l’ANSES rappelait qu’il « n’existe aucune donnée épidémiologie permettant de mettre en évidence une association entre des effets sanitaires et le port de couches », l’ANSES avait enjoint les fabricants de couches de « supprimer l’utilisation de toutes substances parfumantes, en priorité celles susceptibles de présenter des effets sensibilisants cutanés. Mieux maitriser l’origine des matières premières naturelles qui peuvent être contaminées avant même la fabrication ». Rapidement, les producteurs avaient répondu par des engagements clairs, notamment en matière de transparence quant à la composition des couches.

Retraits du marché ?

Mais les consommateurs considèrent que ces engagements ne suffisent pas et s’alarment d’un certain immobilisme et d’une possible opacité. Ainsi, un collectif de parents vient de déposer une requête devant le Conseil d’État afin que les pouvoirs publics soient contraints de dévoiler les noms des fabricants dont les couches présentaient des dépassements des seuils sanitaires afin au mieux de procéder à des retraits du marché ou au moins de permettre une information éclairée des consommateurs. L'Association pour la santé des enfants (anciennement Association des victimes de Lactalis) à l’origine de cette procédure estime : « Quand il y a risque sanitaire, des mesures immédiates doivent être prises et il est de la responsabilité de l'Etat d'informer les parents des marques à éviter. Quand on sait que près de 7 000 couches sont portées par un enfant, il y a de quoi s'inquiéter » juge Quentin Guillemain, le président de l'association, également porte-parole du parti Génération Ecologie.

Pas de chasse aux sorcières

Mais les pouvoirs publics justifient leur absence de publicité. La direction de la répression des fraudes précise en effet « aucune référence ne se distingue par rapport à une autre: il n'y a pas de marques qui sortent du lot, que ce soit positivement ou négativement ». Loïc Tanguy, directeur de cabinet, assure encore que le travail est engagé. Le Group’hygiène qui réunit les fabricants de couches a renchérit en précisant que « conformément à leurs engagements » ces industries « ont d'ores et déjà mis en ligne sur leurs sites la composition de leurs produits. Et, malgré des contraintes techniques réelles (...), les emballages indiqueront également dans le délai imparti les composants des couches-bébés pour améliorer l'information du consommateur ».

L.C.

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