Covid-19 : une reprise en pleine crise politique

Paris, le mercredi 22 juin 2022 – Alors qu’une nouvelle vague de Covid-19 se profile, les autorités appellent les personnes âgées éligibles à se faire administrer une deuxième dose de rappel.

Nous l’avions presque oublié, nous qui nous passionnons désormais pour la guerre en Ukraine, la crise politique actuelle ou plus prosaïquement, sur nos projets de vacances. Mais la Covid-19 est toujours là et une nouvelle vague épidémique, la 7ème depuis le début de l’épidémie, va vraisemblablement toucher notre pays en ce début d’été. Le nombre de contaminations quotidiennes est ainsi en hausse continue depuis trois semaines, passant d’environ 18 000 cas par jour fin mai à 50 000 nouvelles contaminations par jour en moyenne désormais. Ce mardi, ce sont plus de 95 000 tests positifs au Covid-19 qui ont été recensés, un record sur les deux derniers mois.

Cette reprise épidémique est due à l’arrivée de deux sous variants d’Omicron en provenance d’Afrique du Sud, BA4 et BA5, qui remplacent progressivement le variant BA2, majoritaire en France depuis le printemps. Début juin, le séquençage montrait que BA5 représentait 24 % des nouveaux cas de Covid-19 mais ce variant pourrait en réalité déjà être responsable de 60 % des nouvelles contaminations. La France n’est évidemment pas le seul pays à être touchée par ce rebond épidémique. Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni : toute l’Europe occidentale doit de nouveau renouer avec l’épidémie.

Pas de flambée hospitalière (pour l’instant)

Pour le moment, la remontée du nombre de contaminations n’a pas eu de graves conséquences hospitalières. Le nombre de personnes hospitalisées, y compris en soins critiques, est certes en légère hausse depuis trois semaines (pour la première fois depuis mi-avril), mais les chiffres restent relativement bas : on ne compte que 14 000 personnes contaminées par la Covid-19 actuellement hospitalisées (contre 25 000 mi-avril) et 850 patients en soins critique (contre 1 650 mi-avril). En rappelant en outre que Santé Publique France estime que plus de 40 % des hospitalisations sont des Covid fortuits (des sujets contaminés mais hospitalisés pour une autre raison que la Covid-19), on constate que la situation hospitalière est pour le moment sous contrôle. La vigilance reste cependant de mise : au Portugal, où l’épidémie de BA5 est survenue en mai, le nombre de patients hospitalisés a été multiplié par deux en un mois.

Cette reprise de l’épidémie ne pouvait pas arriver au pire moment pour le gouvernement, empêtré dans une crise politique à la suite du résultat des élections législatives et qui est toujours privé de ministre de la Santé après la défaite de Brigitte Bourguignon. Signe de cette paralysie gouvernementale, le conseil des ministres de ce mercredi a été annulé. Un projet de loi sanitaire devait y être présentée. Si son contenu exact est encore inconnu, il visait vraisemblablement à faire entrer dans le droit commun certaines mesures de l’état d’urgence sanitaire, qui doit prendre fin en principe le 31 juillet prochain, tel que la possibilité pour le gouvernement d’imposer le port du masque dans certains lieux fermés.

Le gouvernement mise sur la quatrième dose

Dans sa politique sanitaire, le gouvernement devra cependant s’adapter à l’état d’esprit des Français, qui sont désormais lassés des mesures restrictives qu’ils ont subi durant l’épidémie et qui sont désireux de mettre derrière eux ces deux années difficiles. Dans ce contexte, il ne reste semble-t-il qu’un seul levier à activer pour le gouvernement, celui de la vaccination. Ce mardi, le ministère de la santé et le Pr Alain Fischer, président du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (COSV), ont tous les deux communiqué sur le nombre insuffisant de personnes âgées ayant reçu une deuxième dose de rappel, ou quatrième dose. Chez les plus de 80 ans, seulement 31 % des personnes éligibles (dernière dose reçue il y a plus de 3 mois) ont été à nouveau vaccinées. Chez les 60-79 ans, qui peuvent recevoir une nouvelle dose 6 mois après la précédente, ce chiffre descend à 19 % de sujets éligibles vaccinés.

Ce taux « est clairement insuffisant » s’alarme le ministère de la Santé, qui appelle les personnes âgées éligibles à se faire vacciner pour « passer l’été et l’automne sereinement ». Le Pr Fischer rappelle quant à lui que cette nouvelle dose « se justifie pleinement » alors que l’on observe une « diminution significative » de la protection apportée par le vaccin après quelques mois chez les plus âgées. Mais alors que la quatrième dose a du mal à prendre, c’est une peut être une cinquième dose qui se profile pour l’automne, cette fois avec des vaccins de nouvelles générations adaptés aux nouveaux variants.

Nicolas Barbet

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