Crack : feu vert du gouvernement pour de nouvelles salles de consommation supervisée à Paris

Paris, le jeudi 16 septembre 2021 - L’art du compromis en politique. Alors que depuis plusieurs mois l’épineuse gestion de la crise du crack est à l’origine de tensions continues entre le gouvernement et la mairie de Paris, les deux parties semblent être parvenues à un accord afin d’améliorer les conditions de vies des consommateurs et des riverains du nord de la capitale.

Accord de principe

Mercredi 15 septembre, Jean Castex a donné son feu vert à la maire de Paris Anne Hidalgo pour aménager de nouveaux sites d’accueil à destination des consommateurs de stupéfiants.

Certes, le terme de salles de consommation supervisée ou à moindre risque (ou salles de shoot) n’est jamais frontalement énoncé par le gouvernement. Mais le gouvernement a affirmé dans un courrier adressé à la Ville que « la création de nouveaux lieux dédiés à l’accueil et au repos sera soutenue par les services de l’État », sous réserve d’une offre et d’une localisation adaptées. 

L’objectif affiché par le gouvernement est désormais de proposer aux consommateurs « des lieux de repos et un parcours de sevrage de qualité » et il souhaite poursuivre le déploiement de « l’offre de soins » dans le cadre du plan « crack » signé en 2019 entre l’État et la Ville.

Quelques réserves sur l’installation d’une SCMR près d’une école

Quatre nouveaux sites avaient été proposés par la mairie. Si le principe a été acté, une réserve a été émise sur l’installation d’une nouvelle salle à proximité d’une école primaire. « J’appelle d’ores et déjà votre attention sur la difficulté évidente que représenterait la création d’un tel équipement sur un site mitoyen d’une école élémentaire », a ainsi souligné le chef du gouvernement.

Dans la traditionnelle conférence de presse suivant le Conseil des Ministres, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal s’est permis d’insister sur ce point : « ce qui nous semble juste totalement impossible, [c’est] d’installer une de ces salles à proximité immédiate d’une école, comme ça a été proposé par la Mairie de Paris ».

La mairie de Paris satisfaite

Reste que le premier adjoint d'Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, a vu dans cet accord « une très bonne nouvelle ».

« L'approche globale défendue par la Ville, qui intègrera de façon pragmatique la consommation encadrée comme un outil d'accompagnement au sevrage, fait enfin l'objet d'un consensus politique » s'est félicitée la municipalité dans un communiqué.

L’exécutif municipal a annoncé avoir renoncé à l’installation de la salle de shoot à proximité des établissements scolaires du vingtième arrondissement.

Succès des salles de shoot pour les députés

En 2016, l’ouverture des premières salles de shoot avaient été accueillies avec prudence et circonspection.

La loi du 24 janvier 2016 autorise les autorités, dans un cadre expérimental) à mettre en place des salles de consommation à moindre risque (SCMR). Les quatre nouveaux sites proposés par Anne Hidalgo « ont vocation à s’inscrire dans le cadre expérimental » proposé par la loi.

Malgré l’opposition affichée par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, partisan d’une ligne dure, le gouvernement s’est laissé convaincre par le bilan jugé « positif » de l’expérimentation des deux premières installations.

Mardi, les députés Caroline Janvier (LRM) et Stéphane Viry (LR), chargés d’une mission « flash » sur le sujet, ont jugé les SCMR « utiles et efficaces ». Ces derniers ont toutefois souligné qu’il fallait privilégier l’ouverture de nouvelles salles « au niveau de celles déjà existantes ».

C.H.

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Vos réactions (1)

  • Cannabis mélangé avec du crack

    Le 17 septembre 2021

    L'ouverture de salles pour fumeurs de crack va entrainer la curiosité de certains fumeurs de H, et une certaine porosité peut s'installer. Alors un bon copain dealer qui veut augmenter son Chiffre d'affaires mettra du crack dans du H. Et le gamin essaye pour la première fois : Génial!,le H,il va "peter son crane" avec joie...et sera accro. En dehors de cela, ces fumeurs qui s'envoient volontairement des produits de combustion goudronneux dans les poumons se polluent. Ce sont souvent des gens "qui luttent contre les pollueurs", ah mais! Pollueurs payeurs ! Tous ensemble tous ensemble, etc,etc...Donc pour leur tumeur au poumon vers 50 ans, avec traitement couteux, pas question que la Secu paye. C'est aux pollueurs fumeurs de payer les réparations.

    Maignan (Pharmacien)

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