Début du « mois sans alcool » (toujours sans soutien de l’Etat)

Paris, le lundi 3 janvier 2022 - Janvier, le mois des bonnes résolutions… mais pas pour l’État. Le début de l’année marque le lancement de la troisième édition française du « Dry January », une initiative venue des États-Unis appelant la population à marquer une pause d’un mois dans sa consommation d’alcool.

Calquée sur le modèle du « mois sans tabac », l’initiative ne se veut en aucune manière punitive. « L’idée, c’est d’essayer de faire cette pause, mais la campagne ne se veut pas du tout moralisatrice : chacun peut essayer de mesurer son rapport à l’alcool pendant ce mois-là », explique au Parisien Claude Rambaud, vice-présidente de la fédération d’associations France Assos Santé, qui chapeaute cette campagne.

En permettant aux Français de constater les bienfaits d’un mois sans consommation d’alcool, la campagne vise à créer un élan favorable vers une modération le reste de l’année.

Un mois sans alcool, mais aussi sans l’État !

Mais à la différence du « Mois sans tabac », le « Dry January » ne fait l’objet d’aucun soutien de la part des pouvoirs publics.

Christian Andreo est à l'origine du lancement de ce mois sans alcool en France et il déplore, au micro de RFI, l’influence du lobby viticole : « Que l’opération ne plaise pas aux lobbies, c’est sans doute un fait ». Les associations reprochent ainsi au gouvernement de céder aux pressions des viticulteurs, qui agitent le spectre d'une campagne qui serait inadaptée à « l'art de vivre » à la française.

Ce n’est pas la première année où le manque d’implication des pouvoirs publics fait polémique. En 2019, Emmanuel Macron aurait fait connaitre sa décision de « torpiller » l’initiative du « mois sans alcool » lors d’une visite dans une région viticole. « Vous pouvez faire savoir qu’il n’y aura pas de Janvier Sec » aurait-il déclaré à Maxime Toubart, co-président du Comité Champagne. Le président de la République a par ailleurs défendu à plusieurs reprises l’idée selon laquelle le vin ne serait pas « un alcool comme les autres ».

Les municipalités en soutien

Du côté de Santé publique France qui, selon plusieurs sources, avait failli se lancer dans la campagne pour sa première année en 2020 mais y avait renoncé in extremis, le jeu d’équilibriste perdure. D’après Le Parisien, l’agence aurait mené plusieurs enquêtes sur le déroulement de l’opération et son vécu par les participants.

Si Santé publique France ne participe pas activement à la campagne, l’agence a également multiplié les opérations et les clips de prévention sensibilisant le public à propos des conséquences d’une consommation modérée mais régulière d’alcool.

Certaines municipalités n’ont pour leur part pas hésité à franchir le pas en soutenant publiquement l’initiative. La ville de Lyon, comme celles de Grenoble, Nantes ou Toulouse, on annoncé leur participation au « Dry January ». 

Pour Grégory Doucet, maire de Lyon, il « apparaît de la responsabilité des acteurs publics et des collectivités locales de s'engager dans ces politiques de santé publique aux côtés de leurs concitoyens. Les villes sont cette échelle de proximité où se font et se vivent les changements, où les médiations, l'aller-vers contribuent à la promotion de la santé et à la réduction des inégalités en la matière ».

En janvier 2021, 11 % des Français auraient relevé le défi du « mois sans alcool ». Une statistique à mettre en comparaison avec la hausse de la consommation d’alcool depuis le début de la crise sanitaire. D’après un sondage inédit commandé par la Ligue contre le cancer et mené par l’institut BVA, 31% des Français estiment avoir une consommation d’alcool excessive et 17% indiquent boire davantage depuis le premier confinement.

C.H.

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Vos réactions (1)

  • Autre absence de campagne: le cannabis

    Le 03 janvier 2022

    Cette année, sans soutien de l'Etat, on commence à entendre : "2 verres par jour maximum, et pas tous les jours ".Alors que pour le cannabis, c'est toujours l'absence de communication. Pourtant, il existe une possibilité d'en faire une à peu de frais : la joindre, sur les affiches, à celle de la lutte contre le tabac.
    Les deux fumées sont aussi toxiques l'une que l'autre. Et puis cela permettrait, comme pour l'alcool, à ""chacun de mesurer son rapport au cannabis", n'est ce pas, les adeptes du joint ? (egal à 5 cigarettes fumées ensemble).
    "Non au tabac et au cannabis", doit être le slogan de la prochaine campagne : 2 pour le prix d'une.

    Maignan (pharmacien)

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