Des échecs vaccinaux potentiellement plus nombreux avec le vaccin Janssen ?

Paris, le mardi 14 septembre 2021 - Les antivax n’ont de cesse de relayer les rares exemples d’échec vaccinal : ces patients qui bien qu’ayant reçu une vaccination complète contre la Covid doivent être hospitalisés en raison de complications sévères liées à une infection par le SARS-CoV-2. Ces « échecs » demeurent cependant rares et ce que les chiffres mettent clairement en évidence c’est le risque bien moindre de présenter une forme grave de Covid en ayant été vacciné (d’autant plus que la vaccination protège, même de façon imparfaite, contre le risque d’infection).

Des échecs très surveillés

Ces échecs vaccinaux (qu’ils soient associés à des formes graves ou non de Covid) sont l’objet d’une surveillance attentive de la part de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans le cadre de ses actions de pharmacovigilance dédiées aux vaccins contre la Covid. Ainsi, qualifie-t-elle l’échec de vaccination comme « une infection symptomatique au SARSCoV-2 confirmée biologiquement par amplification moléculaire (RT-PCR ou RTLAMP) ou par test antigénique survenant au moins 21 jours suivant l’injection de la deuxième dose du vaccin VaxZevria® (AstraZeneca) (ou après une dose pour les personnes immunocompétentes ayant reçu une seule dose vaccinale en raison d’un antécédent d’infection au SARS-Cov-2 symptomatique ou non, prouvée biologiquement) ».

Une forte proportion de cas grave

C’est dans ce cadre qu’un signal a été émis concernant le vaccin unidose Janssen. Dans son dernier rapport publié hier l’ANSM note en effet : « Depuis le début de la vaccination, 32 cas d’infection à Covid-19 ont été observés à la suite d’une vaccination avec Janssen, dont 4 décès des suites de la Covid-19. Les personnes concernées ont un âge médian de 68 ans, avec de multiples comorbidités à risque de forme grave de Covid-19. Le comité de suivi considère qu’il s’agit d’un signal potentiel. Les investigations se poursuivent. Depuis début septembre, il est recommandé qu’une dose de rappel par un vaccin ARNm soit proposée aux personnes ayant eu une première dose avec le vaccin Janssen à partir de 4 semaines après la première injection. Ces éléments seront partagés au niveau européen ». L’ANSM détaille encore : « Au 26/08/21, 32 cas d’échec de la vaccination anti-COVID-19 avec le vaccin Janssen ont été analysés. 29 de ces cas étaient graves (91 %) et 3 non graves (9 %). Cette proportion importante de cas graves pourrait s’expliquer par le message de la DGS du 3/08/21, de signaler les cas (…). Le taux d’incidence des échecs notifiés est de 3,78 / 100 000 personnes vaccinées. Le délai médian entre la vaccination par Janssen et l’échec vaccinal était 54 jours (…) Parmi l’ensemble des 32 cas, le variant est connu dans 17 cas et correspond au variant delta. (…) Compte-tenu du nombre de décès et de patients en réanimation, vaccinés par une dose unique de vaccin Janssen® dans un délai supérieur à 21 jours, et présentant majoritairement des comorbidités à risque de forme grave de COVID-19 et de l’alerte émanant de 2 CRPV (Marseille et Tours) concernant la surreprésentation de patients vaccinés par Janssen en réanimation pour COVID-19, ce signal potentiel relatif aux échecs vaccinaux du vaccin COVID-19 Janssen a été relayé pour investigations supplémentaires (en cours) ».

On notera à titre de comparaison que pour le vaccin Vaxzevria (AstraZeneca), « le taux d’incidence des échecs notifiés est de de 1,46/100000 [1,07-1,94] vaccinations complètes et de 0,9/100000 [0,6-1,3] vaccinations complètes pour les cas graves » (les données comparables concernant les vaccins Pfizer/BioNTech et Moderna n’ont pas été publiées cette semaine).

Ce signalement concernant le vaccin Janssen ne peut que renforcer la recommandation émise par la HAS fin août quant à la nécessité d’un rappel systématique par un vaccin à ARNm pour tous les patients vaccinés grâce à Janssen et ce quatre semaines après l’injection. Une préconisation similaire a été émise aux États-Unis.

A.H.

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