Droit de réponse du Pr Belpomme sur l'électrohypersensibilité

Le JIM a consacré le 19 décembre dernier un article à la saisie de l’Ordre des médecins par le docteur Jacques Lambrozo concernant des certificats de contre-indication à l’installation du compteur Linky établis par le professeur Dominique Belpomme ainsi que par la Direction générale de la santé (DGS) quant au possible non-respect de l’obligation imposée aux médecins de délivrer aux patients des soins fondés sur des données étayées par la science. Le professeur Dominique Belpomme nous demande de publier concernant cet article ce droit de réponse.

Qu'il nous soit permis de souligner que certains des éléments présentés par le praticien pourraient être considérés comme insuffisants à une partie de nos lecteurs pour emporter totalement leur conviction quant au caractère somatique de l’électrohypersensibilité. Le JIM se réserve la possibilité de répondre ultérieurement à certains points présentés par le professeur Belpomme.


L'article publié le 19 décembre 2017 dans le Journal International de Médecine sous le titre « Diagnostic de l'électrohypersensibilité : le Pr Belpomme inquiété par l'Ordre » appelle de ma part les réponses suivantes :

1. Les marqueurs sanguins

L'auteur dénonce « Des marqueurs biologiques pas très marquants » en croyant pouvoir lui opposer que « la quasi-unanimité des travaux conduits sur le sujet n'ont pas permis d'identifier de mécanisme physiopathologique » et que « le lien avec les ondes n'est nullement documenté ». L'article s'adressant à un public averti fait justement référence à notre étude parue en 2015 dans la revue à comité de lecture Rev. Env. Health et qui, à ce jour, est fondée sur la plus grande série de patients atteints d'électrohypersensibilité (EHS). Il convient de compléter l'information en précisant le faisceau de marqueurs utilisés en conjonction : protéines chaperonnes RSP 70 et RSP 27, nitrotyrosine, anti-corps anti-rnyéline, histamine et mélatonine mesurée dans les urines. Le protocole de recherche, validé par les chercheurs internationaux les plus en pointe sur le sujet, documente le lien avec l'exposition aux champs électromagnétiques.

Nos travaux ne sont pas isolés puisque d'autres publications dans des revues à comité de lecture mettent en évidence l'association entre l'exposition aux CEM et certaines pathologies.

L'affirmation selon laquelle l'ANSES aurait estimé nos travaux sur l'ERS insuffisants doit être corrigée. L'avis sur les compteurs communicants rendu en décembre 2016 (2015-SA-021O) n'effectue pas de revue de littérature scientifique sur le diagnostic de l'EHS. Il donne un premier tableau général sur les compteurs communicants, sans établir leur innocuité pour des personnes souffrant d'EHS.

2. L'imagerie médicale

Il est affirmé que le diagnostic de l'EHS ne serait pas basé sur l'utilisation des marqueurs précédents mais exclusivement sur la tomoshygmographie cérébrale ultrasonore, couramment dénommée TSCU ou encore encéphaloscan.

En réalité, les patients sont systématiquement soumis à l'étude de ces marqueurs et à la réalisation de trois autres examens d'imagerie médicale, dont un échodoppler transcranien de l'artère cérébrale moyenne.

Le fait que l'examen litigieux soit remboursé ou non par la Sécurité Sociale est sans conséquence dès lors que cette circonstance est sans lien de causalité avec la valeur scientifique du TSCU, étant rappelé qu'en réalité le coût de 250 € correspond au quatre examens d'imagerie médicale dont une part est évidemment prise en charge.
La TSCU a fait l'objet de travaux de recherches autres que ceux conduits par mon équipe.

Son application a fait l'objet de recherches universitaires avec notamment huit thèses de doctorat, soutenues dans les facultés de médecine d'Amiens et de Limoges dans le champ de la neurologie et de la médecine et chirurgie cardiovasculaires. Ces recherches sont réactualisées.

Dans le protocole de diagnostic, la TSCU est toujours utilisée en association avec l'échodoppler transcranien dont le rôle est complémentaire. Il est précisé que la TSCU est pratiquée de façon habituelle par d'autres médecins. Le fait que la technique soit ancienne ne signifie pas qu'elle n'a pas de valeur scientifique. Elle est utilisée et commentée dans une revue à comité de lecture.

3. Les certificats de contre-indication

En réalité, chacun des patients est individuellement examiné et suivi selon les règles de la déontologie et du protocole de recherches établi conjointement et signé par plusieurs universitaires et médecins étrangers. Tous les certificats ont été remis en main propre et après consultation, et sont rédigés selon les critères de l'OMS.

J'entends enfin préciser que je réserve mes explications à l'instance disciplinaire saisie, étant rappelé que la Direction Générale de la Santé s'est récemment abstenue de tout commentaire, et que le JIM, comme indiqué dans l'article auquel il est répondu, avait offert une tribune le 02 décembre. 2017 au Docteur Jacques Lambrozo, Directeur du service des études médicales d'EDF, pour faire connaitre son propre point de vue sur le fonctionnement de LINKY.

Pr Dominique Belpomme

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Vos réactions (13)

  • Références ?

    Le 19 janvier 2018

    Où sont les références de tous les publications citées dans cet article ? Moi, je vérifie toujours les sources de ce qui est avancé, que ce soit par des confrères ou par des journalistes.

    Dr MS

  • Les dingues de l'électrohypersensibilié

    Le 19 janvier 2018

    Belpomme, combien il est payé pour écrire de tels (...) ? Attention, ces électrohypersensibles doivent supprimer de manière définitive tous les téléphones smartphones ou fixes, les micro-ondes et quitter leur maison si elle située à côté de lignes de hautes tensions dont on sait qu'elles diminuent la quantité de laits des vaches qui y sont exposés. Il faut aussi poursuivre ce fameux Belpomme pour qu'il soit rayé de l'Ordres des médecins. On pourrait aussi payer à ces "grands" malades une consultation chez un psychiatre ou un psychologue !

    Dr Guy Roche, ancien interniste ayant encore quelques connaissance en électricité...

  • Porteurs de la non-science

    Le 19 janvier 2018

    "Nos travaux ne sont pas isolés puisque d'autres publications" affirmation gratuite non appuyé par des preuves.

    "En réalité, chacun des patients est individuellement examiné et suivi selon les règles de la déontologie et du protocole de recherches établi conjointement et signé par plusieurs universitaires et médecins étrangers. Tous les certificats ont été remis en main propre et après consultation, et sont rédigés selon les critères de l'OMS." Aucune preuve avancée. Quelles règles? Quels protocoles?

    Plusieurs médecins et universitaires étrangers : lesquels? Et pour quoi pas français? Et plusieurs sur le plan international, ça fait pas lourd...
    "J'entends enfin préciser que je réserve mes explications à l'instance disciplinaire saisie" : donc la réponse au JIM c'est des foutaises ?
    Bref, c'est l'enfumage et les inepties habituels des porteurs de la non-science.

    Dr Pierre Athias

  • Non scientifique ?

    Le 21 janvier 2018

    Beaucoup d'entre les commentateurs ont-ils publié dans une revue à comité de lecture ? Certes l'ancienne directrice du Lancet a affirmé que 90% des publications sont de qualité insuffisante, mais c'est déjà un commencement. Ce professeur soutient le lien entre une présentation clinique et une variation de marqueur liés à la qualité du sommeil (au moins, sous la limite d'un biais de confusion).

    Il m'aurait intéressé à titre personnel de connaître les études montrant le lien entre la-dite présentation clinique et l'exposition à un environnement magnétique. Peut-être notre confrère, s'il passe par ici et en a le temps, peut-il nous soumettre les références souhaitées par les commentateurs ?

    Dr Pierre Serveille

  • Belpomme est déontologique et sérieux

    Le 22 janvier 2018

    A/ Concernant le respect du code qui impose d'« élaborer son diagnostic avec soin, et de donner au patient des soins consciencieux et fondés sur les données acquises de la science, en s’interdisant tout recours à un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé », voici des études et avis scientifiques ou politiques sur les effets sanitaires d'une exposition aux CEM type téléphonie mobile (notamment ses flux sanguins) :

    1) études sur l'altération des fonctions cérébrales d'un sujet exposé aux CEM type téléphonie mobile démontrées par imagerie

    a) deux études sur les flux sanguins cérébraux de personnes exposées au CEM type téléphonie mobile :
    - Mobile phone affects cerebral blood flow in humans.
    (Alto S., Haarala C., Bruck A., Sipila H., Hamalainen H., Rinne J.O.)
    J.Cereb.Blood Flow Metab. 2006 Jul. 26 (7) : 885-890
    Turku PET Centre, University of Turku, Turku, Finland

    - Effects of a 900 MHz mobile phone on cerebral blood flow in humans: a PET study.
    (Haarala C, Aalto S, Hautzel H, Julkunen L, Rinne JO, Laine M, Krause B, Hamalainen H.)
    Neuroreport 2003 Nov 14; 14(16):2019-23.

    b) dernière étude sur l'EHS.
    IRM fonctionnel anormal.
    "IRM cérébrale fonctionnelle chez des patients se plaignant d'électro-hypersensibilité après une exposition à long terme aux champs électromagnétiques" - 2017
    Source : https://www.degruyter.com/view/j/reveh.2017.32.issue-3/reveh-2017-0014/reveh-2017-0014.xml

    c) autres études :

    http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/bem.20446/full

    http://journals.lww.com/co-psychiatry/Abstract/2009/03000/Brain_dysfunction_behind_functional_symptoms_.17.aspx

    (2) arguments démontrant la réalité physiologique de l'électro-hypersensibilité (EHS)

    Pour parler ensuite de l'électrosensibilité (EHS) de façon incontestable, d'un point de vue scientifique et médical, on peut se référer aux études qui prouvent l'EHS :

    - Electromagnetic Hypersensitivity: Evidence for a Novel Neurological Syndrome (2011)
    https://www.researchgate.net/publication/51525452_Electromagnetic_Hypersensitivity_Evidence_for_a_Novel_Neurological_Syndrome

    - Epidemiological evidence for a health risk from mobile phone base stations. (2010)
    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed?term=Khurana%20et%20al.%20%282010%29%20Epidemiological%20Evidence%20for%20a%20Health%20Risk%20from%20Mobile%20Phone%20Base%20Stations

    - Radiofrequency (RF) sickness in the Lilienfeld Study: an effect of modulated microwaves? (1998)
    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9814721?ordinalpos=1&itool=EntrezSystem2.PEntrez.Pubmed.Pubmed_ResultsPanel.Pubmed_DefaultReportPanel.Pubmed_RVDocSum

    L'avis de l'OMS sur l'EHS est clair :

    « QU'EST CE QUE L'HYPERSENSIBILITE ELECTROMAGNETIQUE

    La HSEM est caractérisée par divers symptômes que les individus touchés attribuent à l'exposition aux CEM. Parmi les symptômes les plus fréquemment présentés, on peut mentionner des symptômes dermatologiques (rougeurs, picotements et sensations de brûlure), des symptômes neurasthéniques et végétatifs (fatigue, lassitude, difficultés de concentration, étourdissements, nausées, palpitations cardiaques et troubles digestifs). Cet ensemble de symptômes ne fait partie d'aucun syndrome reconnu.

    La HSEM présente des analogies avec les sensibilités chimiques multiples (SCM), un autre trouble associé à des expositions environnementales de bas niveau à des produits chimiques. La HSEM, comme les SCM, se caractérisent par une série de symptômes non spécifiques, pour lesquels on manque d'éléments tangibles sur le plan toxicologique ou physiologique, ou de vérifications indépendantes. (...) »
    (Aide mémoire 296 - Déc 2005)

    Pour l'OMS, l'EHS n'est donc pas un trouble psychique. Le parallèle est fait avec la MCS (Chimico-sensibilité).

    Or, pourquoi un corps ne pourrait pas réagir à un type de signal électromagnétique de même qu'il réagit à une substance chimique ? Le corps fonctionne de manière électromagnétique, ce que démontrent d'ailleurs très simplement un encéphalogramme.

    B/ Concernant le reproche d'« absence d’individualisation du diagnostic et de prise en compte de la personnalité de chaque patient » du certificat d'EHS


    Ce certificat non individualisé de Belpomme a une utilité sociale autant que médicale, venant mettre un nom sur des troubles subjectifs à des patients en errance médicale, par l'objectivation réalisée par examens d'imagerie ce que l'ANSES dans son dernier rapport appelle électrosensibilité ou EHS.
    En effet, L'ANSES dans ce rapport affirme que l’exposition aux ondes électromagnétiques peut "provoquer des modifications biologiques sur le corps", elle ne s'inscrit donc pas en faux sur le sujet de l'EHS.
    L'ANSES reconnait même des modifications de l'électroencéphalogramme chez l'adolescent exposé et une modification des propriétés diélectriques des tissus selon l’âge.
    Voir : https://www.anses.fr/fr/system/files/AP2012SA0091Ra.pdf

    Elle a organisé une consultation sur le sujet de l'EHS en 2016
    Voir : https://www.anses.fr/fr/content/consultation-publique-sur-le-rapport-hypersensibilit%C3%A9-%C3%A9lectromagn%C3%A9tique-ou-intol%C3%A9rance
    Affirmer que l'ANSES ne reconnait pas le syndrome EHS est donc faux.

    Comme Belpomme le souligne, l'étendu des examens dans le cadre de plaintes pour intolérance aux champs électromégntiques artificiels type téléphonie mobile et Wi-fi ne se limitent pas à l'encéphaloscan.
    Il y a des tests urinaires, sanguins et un écho doppler est également pratiqué.

    A noter que l'encéphaloscan mesure le débit sanguin cérébral (irrigation artérielle) et met en évidence l'oxygénation du cerveau qui est naturellement modifié par les ondes cérébrales d'état de veille / sommeil.
    Voir : http://umvf.cerimes.fr/media/ressWikinu/Neurophysiologie/Neurophysiologie_UPMC/2007-neurophysio-DSC-jfv.pdf

    Il n'est donc pas inapproprié de s'intéresser aux débits sanguin cérébral d'un sujet enfant ou adulte témoignant de déficiences cognitives en rapport avec une exposition à des champs électromagnétiques artificiels de type téléphonie mobile / wi-fi, comme il n'est pas inapproprié de prescrire un tel examen à un sujet Alzheimer, témoignant du même type de troubles.
    Voir les études, plus haut (A/1-a) sur le flux sanguin cérébral altéré.

    Remarque : Le serment d'Hippocrate parle d'art médical autant que de science ; or, ici le Pr Belpomme travaille à chercher les causes et les remèdes et est utile au patient par des examens aboutissant à la démonstration de la réalité objective de troubles subjectifs.

    En outre il ne nuit pas. Sinon au portefeuille du patient, semble dire l'Ordre ?

    Mais le fait que l'imagerie de l'encéphaloscan coûte cher est lié à la nouveauté de l'outil et à la rareté de sa prescription quand il s'agit du seul outil permettant de mesurer aussi finement les débits sanguins cérébraux en permettant de mettre en évidence les altérations cérébrales du sujet évoquées dans la littérature scientifique. Ce qui en fait un examen tout à fait adapté et nécessaire.

    Enfin, dans la mesure où l'EHS n'est pas officiellement reconnue et n'a donc aucune méthode de diagnostic établi, les examens et traitement prescrits par Belpomme ne sauraient être "illusoires" dès lors qu'elle ne contrevient pas à un diagnostic établi mais met en œuvre un art médical fondé sur les données acquises de la science. Il y a le rapport ANSES et Belpomme pourra produire sa récente étude.

    Il pourra aussi évoquer ses centaines de patients disant souffrir des CEM artificiels et ayant des examens altérés.

    Mais si on parle de l’origine des symptômes (de l’EHS) comme "illusoires" et non du traitement en lui-même, devra-t-on alors conseiller aux animaux de consulter des psychiatres ?

    => En effet, les abeilles, les lapins, les rats et les cigognes devront-ils être orientées en psychiatrie pour manifester des troubles identiques à ceux des humains en étant exposés à ces rayonnements artificiels de la téléphonie mobile et du Wi-fi ?

    Voir ces études sur les animaux :
    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26356390

    http://www.powerwatch.org.uk/news/20051006_storks.pdf

    http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/bem.20386/abstract

    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18821198

    https://link.springer.com/article/10.1007%2Fs13592-011-0016-x

    Il y en a bien plus.

    A moins de prouver un effet psychologique vécu par les animaux (!), on ne peut disqualifier ces études et continuer de nier la sensibilité électromagnétique.

    Dernier point, vous avez dit : "Dans le cas de "l'hypersensibilité", la seule chose qui soit sûre aujourd'hui, c'est qu'une fraction infinitésimale de la population se plaint de troubles qu'elle attribue "aux ondes" auxquelles nous sommes tous largement exposés (depuis la nuit des temps)"

    Ma réponse : Il ne s'agit pas d'ondes auxquelles nous sommes confrontés depuis la nuit de temps. En 3000 avant Jésus Christ, non, il n'y avait pas de rayonnement de 450Mhz à 3,8Ghz portant des hyper basses fréquences numérisées. Non. Je vous le confirme. Il y a 20 ans non plus.

    Or, ce n'est pas parce que l'on ne sent rien qu'on n'est pas impacté.
    Ce dont il s'agit, ce n'est pas le sort d'une infinitésimale (moins, encore, ils ne sont peut-être que 20 ou 30) partie de la population mais la santé de nos enfants, exposés in utero et dont des études répliquées indiquent qu'il peuvent être concernés par des troubles neuro-comportementaux . C'est de cela dont on parle et non de croyance scientifique. Car il s'agit de croyance, quand on s'appelle Docteur et que l'on nie la capacité d'une micro-ondes en champ libre à désorganiser des processus physiologiques et détruire des structures biochimiques comme des centaines d'études scientifiques l'indiquent depuis plus de dix ans.

    Je me suis concentré ici sur les troubles comportementaux mais il existe des dizaines d'études sur l'impact de la barrière hémato-encéphalique, le système hormonal (mélatonine, acétylcholine, ...) et immunitaire.

    Cela ne vous plaît pas, c'est autre chose.
    Toute études ne sait pas toujours ce qu'elle cherche mais étudie le sujet avant et après exposition par imagerie ou relevés sanguins. Chez le rats, c'est édifiant.
    Voici quelques études :
    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18821198
    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25749756?dopt=Abstract
    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18044737
    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25542888?dopt

    Bertrand Obert

  • Quel charabia !

    Le 22 janvier 2018

    Comment peut-on avoir un titre de "Professeur" et professer autant d'âneries scientifiques ?
    Rien dans cette réponse n'évoque autre chose qu'un délire obscurantiste. Aucun des arguments exposés ne se réfère à la moindre validation théorique ou pratique dans des publications.
    Mieux vaut en rire. Belpomme nous prend pour de bonnes poires.

    Dr PR

  • Les études citées par Bertrand Obert

    Le 22 janvier 2018

    Aucune de ces études n'est à même de prouver une quelconque responsabilité de l'environnement électromagnétique sur les troubles fonctionnels exprimés par certains sujets.

    Pour commencer, trois facteurs méthodologiques essentiels interdisent d'en tenir compte autrement que comme des questions posées plutôt de comme des réponses apportées.

    1. Ne peut être retenue comme probante qu'une étude qui a été répliquée (en prenant pour hypothèse nulle la non significativité d'une seule observation principale antérieure)

    2. La pseudo significativité des études exploratoires est fallacieuse, car il s'agit de l'analyse post hoc de résultats multiples, ne portant pas sur une hypothèse principale réduite.

    3. La valeur d'un résultat dépend de sa cohérence externe, c'est à dire de sa conformité avec d'une part des prérequis théoriques, d'autre part des résultats déjà connus.

    Ainsi, la plupart des études utilisées par des esprits non scientifiques sont en général une collection de faits disparates et isolés, qui permettent à de jeunes doctorants de satisfaire à leur obligation de publier, soulèvent quelques interrogations et sont vite oubliées.

    Ici, on nous parle de cigognes et d'abeilles dont le comportement a semblé être influencé par l'exposition à des champs EM ; voilà une hypothèse intéressante, qui évoque une capacité de ces animaux à se diriger en fonction du magnétisme ambiant (terrestre par exemple ?), et qui ne demande qu'à être vérifiée. Même si, à ce stade, ça n'apporte pas grand chose à la santé humaine.

    On nous parle encore d'activité myocardique, qui serait réceptive à la simulation magnétique externe ; ce n'est pas réellement pour surprendre, mais ça demande assurément une vérification approfondie. Même si ça n'a pas grand chose à voir avec la prétendue électrosensibilité cérébrale dont on nous abreuve.
    On nous parle aussi de rats auxquels ont fait subir toutes sortes d'épreuves expérimentales, sans savoir bien ce que l'on cherche, mais pour trouver quelque chose à dire. Rien de tout ça n'a la moindre valeur sans une réplication indiscutable et un substrat physiologique.

    On pourrait continuer à disserter longuement sur toutes les "preuves" alléguées par des esprits soi disant scientifiques, dans cette matière comme dans bien d'autres, mais on peut se demander si cela en vaut la peine. Nombre d'interlocuteurs utilisent la controverse pour accroître l'audience de leur délire et montrer l'importance de leurs lubies.

    Dans le cas de "l'hypersensibilité", la seule chose qui soit sûre aujourd'hui, c'est qu'une fraction infinitésimale de la population se plaint de troubles qu'elle attribue "aux ondes" auxquelles nous sommes tous largement exposés (depuis la nuit des temps), tandis que l'immense majorité des autres n'en éprouve aucune conséquence. Sans cesser d'explorer la passionnante relation entre électromagnétisme et biologie, ne vaudrait-il pas mieux se pencher plus attentivement sur ce qui fait la singularité de ces malheureux ?

    Dr Pierre Rimbaud

  • Réplication d'études

    Le 23 janvier 2018

    Vous parlez de "magnétisme" s'agissant des cigognes, ça faisait un siècle que je n'avais pas entendu ce mot. Savez-vous ce dont on parle ? Pas de "magnétisme" permettant aux animaux de se diriger mais d'ondes électromagnétiques hyper basses fréquences pulsées sur une porteuse hyperféquence de 900 à 1800Mhz (pour la 2G) perturbant de la même façon que chez les humains leurs fonctions neuro-humorales.
    Petit cours : https://electrosmog.info/IMG/pdf/Telephones-Mobiles.pdf

    Il y a cette études sur le comportement des bovins exposés :
    https://www.researchgate.net/publication/288569900_The_effect_of_electromagnetic_transmitters_on_behavior_of_dairy_cows
    Celle-là aussi :
    http://www.der-mast-muss-weg.de/pdf/studien/LoescherRinderOrg.pdf

    Le coup de l'étude pas répliquée, c'est classique. Ca rappelle Aurengo l'administrateur d'EDF et membre du Conseil scientifiques de Bouygues Télécom qui, membre de l'académie de médecine signait en 2008 un communiqué de l'Académie pour qualifier l'appel de 20 scientifiques dont des cancérologues renommés contre les dangers du portable de « machine alarmiste » tenant « de la démagogie mais en aucun cas d'une démarche scientifique » et dont le but serait d'« inquiéter l'opinion [en l'absence de preuves formelles] ».

    La même académie qui demandait de répliquer les études sur l'amiante et mettait en avant la responsabilité seule du tabac dans les mésothéliomes de la plèvre.

    Et bien toujours sur l'effet comportemental, j'ai une étude répliquée qui explore des troubles comportementaux chez les humains (enfants) comparables à ceux des bovins (voir plus haut).

    2008 : Prenatal and postnatal exposure to cell phone use and behavioral problems in children. - Divan HA. et al - Juil. 2008
    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18467962

    2010 : Cell phone use and behavioural problems in young children - Hozefa A Divan1, Leeka Kheifets, Carsten Obel, Jørn Olsen - 22/09/2010
    http://jech.bmj.com/content/early/2010/11/11/jech.2010.115402?rss=1

    Dans le même sens, vous trouverez (chez les humains) :
    Cell phone use in pregnancy may cause behavioral disorders in offspring
    https://news.yale.edu/2012/03/15/cell-phone-use-pregnancy-may-cause-behavioral-disorders-offspring

    (Chez les souris) :
    Fetal Radiofrequency Radiation Exposure From 800-1900 Mhz-Rated Cellular Telephones Affects Neurodevelopment and Behavior in Mice

    Etc.

    Dites-moi, quand on fait une étude, qu'on la réplique et que ses résultats in vivo sur les foetus sont les mêmes que sur les animaux, on fait quoi, on doit pour évaluer la valeur de ces résultats vérifier la "cohérence externe" ? C'est à dire sa conformité avec les prérequis théoriques et les résultats déjà connus ? On doit donc se baser sur le bioélectromagnétiqme ou sur des connaissances lacunaires de médecin en physique et ne pas voir ce que l'on n'a pas appris à l'école ? C'est bien ce que vous faîtes ?

    Merci de votre réponse.

    Bertrand Obert

  • "Embryon de réponse" à Bertrand Obert

    Le 23 janvier 2018

    "Dites-moi, quand on fait une étude, qu'on la réplique et que ses résultats in vivo sur les foetus sont les mêmes que sur les animaux, on fait quoi, on doit pour évaluer la valeur de ces résultats vérifier la "cohérence externe" ? C'est à dire sa conformité avec les prérequis théoriques et les résultats déjà connus ? On doit donc se baser sur le bioélectromagnétiqme ou sur des connaissances lacunaires de médecin en physique et ne pas voir ce que l'on n'a pas appris à l'école ?"

    Courte réponse: oui
    De plus certains médecins ont des connaissances "non lacunaires" en physique.

    Evidemment, comme d'habitude, ne sont volontairement citées que des publications de type : "stimulus-boîte noire- réponse" , qui reviennent à induire ce qui se passe dans la maison à partir de ce qui entre par la fenêtre et ressort par la cheminée ( Mais ça, Claude Bernard le disait déjà..)

    Le problème , ici, est que justement, les sciences physiques et leur application au biologique sont les seules voies permettant de savoir ce qui se passe dans la maison; et encore faudrait t'il que ce qui ressort par la cheminée signifie quelque chose physiquement, c'est à dire causalement (j'insite sur le mot "physiquement", car au regard des statistiques "reproductibles" il est bien connu que le lit tue et respirer donne la tuberculose)...

    Dr Yves Darlas (Médecin, Dr en sciences physiques, Dr d'Etat en Biophysique)

  • Mise au point pour Bertrand Obert

    Le 24 janvier 2018

    Les références que vous citez, judicieusement choisies, ne sont pas représentative de l'ensemble de la recherche sur ce dossier. Attendons donc la publication du rapport de l'Anses sur l'EHS qui devrait sortir cette année.

    Quand on cite des personnes in nomine (le Pr Aurengo), c'est qu'on est à bout d'argument scientifique.

    Passons sur les liens pointant sur les ONG (electrosmog) et attardons nous sur les publications scientifiques :
    La publication du Pr Belpomme qui dit démontrer des critères diagnostic pour l'EHS a (au moins) un gros défaut : l'absence de groupe témoin ! Comment peut-on comparer les résultats biologiques sans groupe témoin et sans donner les référence de la normalité du (seul) laboratoire qui a effectué les analyses ?

    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18467962 : il n'est dit nulle part que cette corrélation est due aux ondes électromagnétiques, mais à l'utilisation (use) du téléphone portable.
    "CONCLUSIONS: Exposure to cell phones prenatally-and, to a lesser degree, postnatally-was associated with behavioral difficulties such as emotional and hyperactivity problems around the age of school entry. These associations may be noncausal and may be due to unmeasured confounding. If real, they would be of public health concern given the widespread use of this technology."

    http://jech.bmj.com/content/early/2010/11/11/jech.2010.115402?rss=1 : idem
    Conclusions The findings of the previous publication were replicated in this separate group of participants demonstrating that cell phone use was associated with behavioural problems at age 7 years in children, and this association was not limited to early users of the technology. Although weaker in the new dataset, even with further control for an extended set of potential confounders, the associations remained.

    Une autre hypothèse est envisagée, que vous trouverez dans le rapport Anses sur les radiofréquences et la santé des enfant (2016), est le temps passé par la mère au téléphone (qui s'occupe donc moins de son enfant) et pour les plus grand le temps passé au téléphone ou autres écran par lui-même.

    Et pourquoi donner tous les liens sauf celui de l'aide-mémoire de l'OMS pourtant cité, (et là, j'aurai aimé mettre en gras !) si ce n'est détourner la voix de cet organisme et embrouiller les messages ?
    Voici le lien : http://www.who.int/peh-emf/publications/facts/fs296_fr/en/
    et sa conclusion :
    "La HSEM est caractérisée par divers symptômes non spécifiques qui diffèrent d'un individu à l'autre. Ces symptômes ont une réalité certaine et peuvent être de gravité très variable. Quelle qu'en soit la cause, la HSEM peut être un problème handicapant pour l'individu touché. Il n'existe ni critères diagnostiques clairs pour ce problème sanitaire, ni base scientifique permettant de relier les symptômes de la HSEM à une exposition aux CEM. En outre, la HSEM ne constitue pas un diagnostic médical. Il n'est pas non plus évident qu'elle corresponde à un problème médical unique.

    A l'intention des médecins :le traitement des individus touchés doit se concentrer sur les symptômes sanitaires et sur le tableau clinique et non sur le ressenti de la personne quant à la nécessité de réduire ou d'éliminer les CEM à son poste de travail ou à son domicile. Ce traitement nécessite :
    - une évaluation médicale visant à identifier et à traiter toute pathologie spécifique pouvant être responsable de ces symptômes,
    - une évaluation psychologique destinée à identifier d'autres pathologies psychiatriques ou psychologiques pouvant être responsables de ces symptômes,
    - une évaluation des facteurs intervenant au poste de travail ou au domicile, susceptibles de contribuer à la manifestation des symptômes présentés. Il peut s'agir notamment de la pollution de l'air des locaux, d'un bruit excessif, d'un mauvais éclairage (lumière papillotante) ou de facteurs ergonomiques. Une réduction du stress ou d'autres améliorations des conditions de travail peuvent s'avérer appropriées.
    ..."
    Je vous invite à la lire et relire, en entier.

    Basons-nous sur les expertises scientifiques internationales qui ne manquent pas, l'Anses (2013, 2016)et le Scenihr (2015) pour les plus récentes. (Et pour m'éviter un autre commentaire, le rapport Bioinitiative n'est pas un rapport scientifique mais une collection de chapitres dont les conclusions ont été reprises et remaniées par les 2 éditeurs dont la première vit bien de la peur des ondes).
    https://ec.europa.eu/health/scientific_committees/docs/citizens_emf_fr.pdf

    Dr MS

  • Complément aux arguments de Mr B. Obert

    Le 24 janvier 2018

    Pour Mr Obert, "l'avis de l'OMS sur l'EHS est clair". Cependant, le contenu de la fiche informative de l'OMS sur l'hypersensibilité est cité de façon incomplète avec deux extraits sortis de leur contexte, permettant à l'auteur du commentaire de conclure "Pour l'OMS, l'EHS n'est donc pas un trouble psychique.". Or dans cette fiche de l'OMS figure aussi bien d'autres points, par exemple :
    "Des études bien contrôlées et menées en double aveugle ont montré que ces symptômes n'étaient pas corrélés avec l'exposition aux CEM."
    ou bien
    "Il existe aussi certains éléments indiquant que ces symptômes peuvent être dus à des maladies psychiatriques préexistantes, ainsi qu'à des réactions de stress résultant de la crainte inspirée par les éventuels effets sur la santé des CEM, plutôt que de l'exposition aux CEM elle-même. "
    Effectivement, c'est clair.
    Chacun pourra vérifier directement ici : http://www.who.int/peh-emf/publications/facts/fs296/fr/

    Dr A.P.

  • Les commentaires sur cet article sont clos

    Le 27 janvier 2018

  • Dès qu'on commence à vérifier les sources…

    Le 03 février 2018

    J'ai pris au hasard la réf http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/bem.20446/full citée par M. B. Obert comme faisant partie des "preuves". Je cite la conclusion des auteurs de cette étude contrôlée en double aveugle, double crossvover : "In conclusion, we found no evidence of any causal link between hypersensitivity symptoms and exposure to EMF from base stations."
    Technique courante des gourous : on assène des pages et des pages de prétendues "preuves" et de charabia, en espérant que personne ne vérifiera.
    On se demande qui dans cette histoire à des problèmes psychiques : les patients ou ceux qui les enferment dans une maladie imaginaire.

    Dr P Mayran

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