Eclaircie : les internes font leur retour aux urgences de l’hôpital Bicêtre

Kremlin-Bicêtre, le vendredi 24 juin 2022 – Dix mois après la décision de l’ARS de lui retirer son agrément comme lieu de stage, les urgences de l’hôpital de Bicêtre peuvent de nouveau accueillir et former des internes.

L’électrochoc aura été salutaire. En juillet dernier, l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Ile-de-France avait pris la décision inédite d’interdire au service des urgences de l’hôpital de Bicêtre d’accueillir des internes en stage, avec effet au 1er novembre (après la découverte de graves manquements dans l’encadrement de ces futurs médecins). Dix mois plus tard, le 2 mai dernier, l’établissement francilien a retrouvé son agrément et les internes en médecine d’urgence et en médecine générale peuvent de nouveau le choisir pour effectuer leur stage.

La récupération de l’agrément est le fruit d’une politique de restructuration d’ampleur menée par l’ARS, la direction de l’hôpital et le chef de service. Il faut dire que les urgences de Bicêtre revenaient de loin. Plusieurs internes y ayant effectué leur stage avant la décision de suspension d’agrément par l’ARS décrivaient des scènes de chaos. Livrés à eux même, notamment la nuit où aucun médecin titulaire n’était présent, les internes devaient prendre en charge les patients seuls et établir le diagnostic et le traitement sans la validation d’un médecin senior, en violation de la loi. Outre des erreurs de diagnostic, cette absence d’encadrement provoquait d’important retard de prise en charge, certains internes devant parfois attendre le retour de leur superviseur le matin pour valider la prise en charge. « Je n’enverrais jamais mes proches se faire soigner aux urgences de Bicêtre » résumait un interne passé par l’hôpital du Kremlin-Bicêtre.

Du chaos à l’exemplarité

La suspension de l’agrément par l’ARS aura été salutaire en ce qu’elle aura permis de remettre à plat toutes les difficultés d’un service des urgences en crise depuis plusieurs années et encore marqué par la démission fracassante de son chef de services emblématique, le Dr Maurice Raphael, en septembre 2020. Pour faire tenir les urgences sans internes, la direction a recruté de nombreux médecins urgentistes titulaires, le service passant ainsi de 10 équivalents temps plein début 2021 à 17 en avril dernier, tandis que quatre autres praticiens sont en attente d’affectation. Pour éviter de devoir faire appel à des intérimaires la nuit, le service des urgences peut désormais compter sur l’aide de médecins et internes venus d’autres services de l’hôpital. Plusieurs réunions ont également été organisés afin de repenser la manière de superviser les internes.

Plus d’un mois après le retour des internes le 2 mai, le bilan est positif. Les six postes d’internes (quatre en médecine générale et deux en médecine d’urgence) ont été choisis. Les internes sont désormais en permanence supervisés par au moins un médecin senior tout au long de leur garde, tandis que « la réorganisation des équipes en secteurs permet désormais aux internes d’être intégrés dans une équipe attitrée » souligne l’AP-HP. « Ces gardes sont désormais considérées comme formatrices par les internes interrogés et participent de la dynamique de formation dans la spécialité concernée » se félicite l’institution.

Devenu il y a un an le symbole de services des urgences en pleine crise, l’hôpital de Bicêtre illustre désormais qu’il est possible de mettre en place des mesures correctives efficaces pour améliorer la situation à l’hôpital.

Nicolas Barbet

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