EHPAD : toujours plus vieux, toujours plus dépendants

Paris, le mardi 19 juillet 2022 – Une étude de la DRESS  esquisse le portrait du résident type en EHPA* (Etablissements hébergeant des personnes âges).
Fin 2019, 730 000 personnes fréquentent un EHPA, un nombre en augmentation de 1,4 % en 4 ans. Plus de 80 % d’entre eux résident en EHPAD.

Des vieux toujours plus vieux

Entre 2015 et 2019, la population en établissement a vieilli. Fin 2019, la moitié des résidents (tous établissements et types d’accueil confondus) ont plus de 88 ans, soit 7 mois de plus qu’en 2015. L’âge moyen est de 86 ans et 1 mois, contre 85 ans et 9 mois en 2015. Les hommes vivant en institution sont plus jeunes que les femmes : ils ont en moyenne 82 ans et 5 mois et les femmes 87 ans et 6 mois.

Cette différence correspond à celle de l’espérance de vie à ces âges. En 2019, à 60 ans, l’espérance de vie d’un homme est de 23,4 ans, celle d’une femme de 27,8 ans.

En quatre ans, la proportion de personnes âgées de 90 ans ou plus parmi les résidents est passée de 35 % à 38 %. « Cette augmentation, en grande partie due à l’allongement de l’espérance de vie, est également le reflet de l’avancée en âge des générations nées dans l’entre-deux-guerres. Ces dernières sont en effet plus nombreuses que celles nées pendant la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle la natalité avait baissé. Pour cette raison également, le nombre de résidents centenaires a diminué en quatre ans (passant de 12 900 fin 2015 à 10 600 fin 2019), malgré le vieillissement global des résidents » note la DREES.

L’effet du déficit de naissances lié à la Seconde Guerre mondiale, ainsi que celui du baby boom qui a suivi, commencent également à être visibles dans la répartition des résidents, avec une proportion plus élevée de sujets âgés de 70 à 76 ans en 2019 qu’en 2015 et une moindre présence des 75-80 ans.

Sans surprise, ce sont les EHPAD qui accueillent les résidents les plus âgés (médiane 88 ans et 7 mois) et seuls 18 % ont moins de 80 ans. À l’opposé, les moins de 80 ans représentent un tiers des personnes accueillies en résidence autonomie ou en USLD.

L’amour au temps de l’EHPAD

Fin 2019, 86 % des pensionnaires d’EHPA n’ont pas ou plus de conjoint. À titre de comparaison, c’est le cas de seulement 50 % de la population des 65 ans et plus et de 62 % des 80 ans et plus.

En outre, vivre dans le même établissement que son conjoint reste plutôt rare et ne concerne qu’un tiers des personnes en couple en 2019.

Comme en 2015, les femmes sont plus souvent sans compagnon que les hommes (90 % contre 74 % ). « Leur plus grande longévité et le fait qu’elles soient en moyenne plus jeunes que leur conjoint expliquent encore la surreprésentation des femmes veuves, qui s’accentue au fur et à mesure de l’avancée en âge des résidents » observent les auteurs.

40 % des résidents en EHPAD souffrent de la maladie d’Alzheimer

Le niveau moyen de dépendance des résidents s’est également accru entre 2011 et 2019. En 2011, toutes catégories d’établissement et de modalités d’accueil confondues, 81 % étaient en perte d’autonomie au sens de la grille autonomie gérontologique, groupes iso-ressources (AGGIR) (classées en catégorie de GIR 1 à 4) ; ils étaient 83 % en 2015 et sont 85 % en 2019.

Toutefois, la part des personnes les plus dépendantes (GIR 1) diminue légèrement sur l’ensemble des établissements, passant de 16 % en 2015 à 15 % en 2019.

En EHPAD, plus de la moitié des pensionnaires (54 %, comme en 2015) sont très dépendants (GIR 1 ou 2). A l’inverse, en résidence autonomie, les trois quarts des personnes sont autonomes (catégories GIR 5 ou 6), et seul un peu plus d’un résident sur 100 est très dépendant (GIR 1 ou 2).

La très grande dépendance suppose dans 98 % des cas la nécessité d’une aide pour réaliser sa toilette, pour s’habiller (93 % des sujets), voire s’alimenter (77 %). Les problèmes de cohérence et d’orientation sont relevés chez respectivement 87 % et 84 % des résidents présentant une perte d’autonomie.

En 2019, environ 261 000 sujets âgés ne vivant plus chez eux souffrent de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée, soit plus d’un tiers des personnes accueillies, dont 233 000 dans les EHPAD (40 %). Pour autant, en EHPAD, seuls 14 % des résidents bénéficient de l’accompagnement d’une unité spécifique pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et maladies apparentées, une proportion néanmoins plus élevée qu’en 2015 (11 %).

Il y a une vie après l’EHPAD

En 2019, trois quarts des sorties correspondent à un décès. Les personnes mortes au cours de leur séjour sont restées en moyenne trois ans et trois mois dans l’établissement, soit un an et un mois de plus que celles ayant quitté leur structure pour se diriger vers une autre institution pour personnes âgées. Les retours à domicile achèvent des périodes nettement plus courtes : en moyenne cinq mois après l’entrée en établissement.

Un quart des fins de séjours correspondent donc à des sorties décidées à l’initiative du résident : c’est, dans la majorité des cas, pour se diriger vers un autre établissement médico-social ou sanitaire (50 %) ou pour rejoindre leur domicile ou celui d’un proche (47 %).

Ces différentes données sont à mettre en relation avec les difficultés de recrutement dans ces structures, une pénurie de soignants dans un contexte de vieillissement et de dépendance accrue des résidents pourrait rapidement se révéler un cocktail détonant...

*Les EHPA regroupent les Établissements d’hébergement pour personnes
âgées dépendantes (EHPAD), les Unités de soins de longue durée (USLD), les maisons de retraites (ou EHPA non médicalisés), et les résidences autonomie.

F.H.

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