Elections URPS des médecins : grosse abstention et petit chamboule-tout

Paris, le jeudi 8 avril 2021 – L’élection* des représentants aux Unions régionales des professionnels de santé libéraux (URPS) s’est clôturée hier à midi et les résultats ont été distillés jusqu’en début de soirée.

Grosse abstention

Le fait le plus marquant de ces élections est peut-être le décrochage de la participation, bien que déjà historiquement faible (22, 66 % vs 39,9 % en 2015 et 44,6 % en 2010), qui risque de délégitimer les syndicats représentatifs et donner les coudées franches au législateur pour passer outre les négociations.

Cette abstention est à mettre sur le compte de la situation sanitaire actuelle bien sûr, témoigne d’une certaine désaffection pour l’action syndicale mais est également possiblement liée à la mise en place du vote électronique, peut-être insuffisamment préparée.

Les réseaux sociaux ont ainsi accueilli cette dernière semaine de multiples témoignages de praticiens constatant l’impossibilité de voter en raison d’une méconnaissance du système ou de problèmes techniques.

Comme le soulignait Jérôme Marty (président de l’Union française pour une médecine libre, UFML-S) au micro du JIM : « On sert de bêta-test pour l’Etat, or dans un bêta-test l’erreur n’est pas recherchée, mais elle presque souhaitable ».

Petit chamboule-tout

Concernant les résultats proprement dits, le chamboule-tout a bien eu lieu,  mais dans une amplitude moins importante que prévue.

Dans les deux collèges, l’UFML-S fait son entrée comme syndicat représentatif  en emportant environ 15 % des sièges dans les deux électorats.

Chez les spécialistes, on constate que Patrick Gasser, devenu le pourfendeur des syndicats poly-catégoriels et dissident de la CSMF (Confédération des syndicats médicaux français) réussit largement son pari puisqu’Avenir Spé (ex-UMESPE CSMF) arrive premier grâce à son alliance avec Le Bloc, très populaire chez les praticiens nécessitant un plateau technique lourd.

Concernant les syndicats plus anciens, la CSMF, que beaucoup estimaient en danger, parvient à rester le premier syndicat médical de France (161 des 640 sièges des deux collèges), tandis que MG France confirme sa prééminence chez les généralistes (119 sièges). 

Finalement, les deux syndicats qui souffrent le plus de l’arrivée de l’UFML et d’Avenir Spé dans le jeu sont le Syndicat des médecins libéraux (qui conserverait sa représentativité chez les spécialistes) et la Fédération des médecins de France en net recul avec 17,2 % des suffrages chez les généralistes (vs 27,6 % en 2015) et 7,5 % chez les spécialistes (vs 16,7 % en 2015).

Résultats en voix

Médecins généralistes :

La Fédération française des médecins généralistes (MG France) : 36,58 % vs 31,29 % en 2015
La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) : 17,31 % vs 20,25 % en 2015
La Fédération des médecins de France (FMF) : 17,18 % vs 27,62 % en 2015
L’Union française pour une médecine libre - Syndicat (UFML-S) : 17,08 %
Le Syndicat des médecins libéraux (SML) : 9,46 % vs 16,49 % en 2015
L’Union collégiale (UC) 2,18 % vs 3,78 % en 2015
Jeunes Médecins (JM) : 0,22 %.

Médecins spécialistes

Avenir Spé - Le Bloc : 39,30 % vs 24,2 % en 2015 pour Le Bloc
CSMF : 22,36 % vs  31,6 7 % en 2015
UFML-S : 16,67 %.
SML : 12,02 % vs  23,86 % 
FMF : 7,5 % vs 16,68 % en 2015
UC : 1,38 % vs 2,72 % en 2015
JM :0,75 %

Résultats en sièges





 

Vers une nouvelle convention plus vite que prévue ?

Pour les généralistes, c’est donc MG France qui continuera de mener prioritairement les discussions avec l’Assurance maladie. Chez les spécialistes, c’est Avenir spé qui pourrait mener la danse.

Au JIM, Patrick Gasser confiait : « si on gagne fortement les élections, nous tenterons d’imposer une négociation immédiatement d’une nouvelle convention même si la loi a repoussé la négociation de deux ans ».

La FMF et la CSMF s’accordaient également sur ce point, soit une majorité de ceux qui ont été élus hier…

 

*à la proportionnelle régionale

F.H.

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