Exclusif : 71 % des professionnels de santé souhaitent se faire vacciner sans délai avec un vaccin à ARN-messager

Paris, le jeudi 14 janvier 2021 – Parmi les possibles explications des choix initiaux quelque peu hasardeux de la France lors du lancement de la campagne de vaccination contre la Covid, la crainte d’attiser les réticences des anti vaccins par une précipitation affichée pourrait avoir pesé. Même si la part de la population résolument hostile à toute vaccination demeure marginale, les sondages qui ont commencé à être publiés dès le mois de novembre suggéraient en effet que plus de la moitié des Français nourrissaient de fortes réticences vis-à-vis de la vaccination contre la Covid ; une proportion qui ne cessait de progresser, avant un coût d’arrêt et un recul net la semaine dernière. Méconnaissance de la nouvelle technique utilisée par les vaccins à ARNm, interrogations sur la pertinence d’une vaccination généralisée contre une maladie ne représentant un danger majeur que pour des catégories précises de population, défiance globale vis-à-vis des autorités : les raisons de cette réticence seraient nombreuses. Or, elles semblaient également partagées par les professionnels de santé. Ainsi, plusieurs enquêtes ont signalé la réticence existant chez ces derniers. Par exemple, une étude de la Fédération des établissements hospitaliers et d'aide à la personne solidaires (Fehap) avait révélé début décembre que 76 % des soignants travaillant en EHPAD ne souhaitaient pas se faire vacciner contre la Covid. Chez les libéraux, un sondage conduit pour Santé publique France peu après a mis en évidence une forte différence entre les médecins et les pharmaciens qui étaient 80 % à vouloir se faire vacciner quand les infirmiers n’étaient que 50 % à être pareillement décidés.

Près de 9 soignants sur dix veulent se faire vacciner contre la Covid

Cet écart net entre les pharmaciens et les médecins d’une part et les infirmiers d’autre part se retrouvent dans les résultats de l’enquête qui vient d’être conduite sur notre site. Toutes professions de santé confondues,  il apparaît que 87 % des soignants souhaitent se faire vacciner contre la Covid : parmi eux 71 % désirent une immunisation sans attendre par à un des vaccins à ARN-messager, quand 16 % préfèreraient attendre un autre type de vaccin.

Sondage réalisé sur JIM du 4 au 12 janvier 2021

Ainsi, seuls 9 % des 868 professionnels de santé qui ont répondu à notre enquête indiquent clairement qu’ils ne veulent pas se faire vacciner contre la Covid-19 soit une population de réfractaires stricts. Cette tendance qui peut surprendre puisqu’on pourrait attendre des professionnels de santé une confiance plus engagée dans les vaccins est cependant conforme aux différentes enquêtes réalisées sur le sujet. Enfin, on relève que 3 % n’ont pas encore totalement forgé leur opinion qu’il s’agisse de savoir s’ils voudront être vaccinés et si oui sans attendre ou avec un autre vaccin ; d’autant plus que même pour les professionnels de santé, il pourrait être difficile d’exercer réellement un choix.

Des différences attendues entre médecins et infirmières

Derrière ces 87 % de professionnels de santé aspirant à se faire vacciner, on note des différences claires entre les professions. Ainsi,  76 % des médecins et 74 % des pharmaciens désirent une immunisation immédiate avec un vaccin à ARN-messager, tandis que seuls 44 % des infirmières s’inscrivent dans cette même perspective. Par ailleurs, 4 % des médecins et 7 % des pharmaciens indiquent qu’ils ne veulent pas du tout se vacciner contre la Covid contre 20 % des infirmières. Ces écarts se retrouvent pour la plupart des vaccinations et sont expliquées par des différences socio-professionnelles et aussi par les répercussions psychologiques plus importantes de la campagne de vaccination obligatoire contre l’hépatite B chez les infirmières, puisque ce sont essentiellement des infirmières qui avaient développé une sclérose en plaques lors de cette vaccination de masse qui avait été (par erreur) considérée comme un effet secondaire du vaccin.

Les vaccins à ARN-messager ne font pas (plus) peur aux professionnels

Cependant, au-delà de ces différences, on constate que pour chaque métier, la proportion de professionnels de santé manifestant un désir de se faire vacciner contre la Covid avec un vaccin à ARN-messager ou un autre type de vaccin (91 % chez les médecins, 92 % chez les pharmaciens et 73 % chez les infirmiers) est plus élevée que celles retrouvées dans les enquêtes des mois de novembre et de décembre. Cette tendance est comparable à celle observée chez les Français : la dernière enquête de l’institut Harris Interactive a en effet mis en évidence une progression de onze points du nombre de personnes souhaitant se faire vacciner dans la population générale. Constatation de l’absence d’effets secondaires graves fréquents dans les pays où un très grand nombre de personnes a déjà reçu une première dose, données approfondies publiées par les laboratoires et temps de réflexion bénéfique ont, chez les Français comme chez les soignants, porté leurs fruits. De fait, un enseignement majeur de ce sondage est que passée une certaine période d’expectative, l’innovation technologique des vaccins à ARN messager n’entraîne pas de réticence majoritaire chez les professionnels de santé qui n’étaient pourtant en décembre que 29 % à recommander sans réserve le recours à ce type de vaccin à leur patient et 35 % à vouloir bénéficier d’un temps de recul. Ces résultats en tout cas montrent que les pouvoirs publics peuvent s’appuyer sans crainte sur l’engagement des professionnels de santé pour convaincre les populations qui demeurent réticentes de l’intérêt de la vaccination.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (18)

  • Illustration inappropriée

    Le 17 janvier 2021

    Pourquoi, comme beaucoup de médias, montrez vous une photo non conforme à la technique de vaccination : aiguille à 45°, trop basse sur le bras et donc hors du deltoïde, compresse qui n'a rien à faire là, port de gants inutile. Se référer à infovac.
    La technique décrite dans le texte initial du ministère était totalement inappropriée. N'en rajoutez pas. J'ajoute que la technique de reconstitution du vaccin est aussi très précise et un peu complexe et que tout ceux qui vont vacciner devraient étudier avec soin. Se référer au texte + vidéo de Pfizer.

    Dr Emmanuel Bisot

  • Déja immunisés

    Le 17 janvier 2021

    Beaucoup de médecins pharmaciens et infirmières ont déjà fait la covid. C'est une explication possible aux 3% d'indécis et aux 9% de soit disant réticents car à quoi bon utiliser une dose qui pourrait être plus utile ailleurs quand on a des anticorps au plafond ?

    Dr Marie-Laure Garnier

  • Serions nous aveuglés par la peur ?

    Le 17 janvier 2021

    Je fais partie des personnes qui ne veulent pas se faire injecter quoi que ce soit qui serve en rien le monde humain. Et ce n'est pas parce que je suis infirmière, ou bien ...peut être de classe socioculturelle inférieure ou je ne sais quoi, ou par bêtise ou encore ignorance, ce que laisserait un peu cet article supposer.

    J'ai analysé beaucoup de commentaires, d'études et j'ai surtout observé de loin le monde frémir, s'agiter et se perdre !
    Serions nous devenus tous complètement cinglés et aveuglé par la peur ?
    Peur de quoi d'ailleurs ?
    Regardons clairement les statistiques de l'INSEE et ce qui se passe autour de nous.

    Juste arrêter de remplir nos cerveaux avec tous ces chiffres et ces propos totalement irrationnels et trompeurs qu'on nous envoie à longueur de journée comme pour tuer dans l’œuf toute idée contradictoire. C'est dramatique de ne pas écouter ce que chaque partie a à dire et c'est à mon avis un virage très net vers la dictature .

    Il est hors de question que je suive bêtement, tout ce qu'on veut nous imposer. C'est une question de conscience et de liberté intérieure, puisqu'il va bientôt ne nous restera plus que celle là !
    Je suis pour que chaque personne en son âme et conscience puisse dire sans nuisance qu'elle veut ou non se faire vacciner, qu'elle ne subisse aucune représailles en fonction de son choix, et que rien dans cette société n'oblige par malveillance et par manigance un choix qui ne serait pas le sien ! Celà s'appelle le consentement éclairé, encore faut il être éclairé par toutes les lumières et choisir celle qui nous convient.

    De toute ma vie professionnelle j'ai travaillé dans la bienveillance, jamais dans l'obligation, toujours avec passion et patience et lorsque je me retourne sur ma carrière je suis fière de ce que j'ai accompli et mes patients et leur familles me le rendent au centuple.

    Aujourd'hui il est temps de parler, de dire son désaccord et de ne plus avoir peur de l'avenir, de ne plus avoir peur des hommes politiques ni des milliardaires qui souhaitent dominer le monde !
    Aujourd'hui il est grand temps de se réveiller ,et oui, d'oser parler, de dire notre quotidien, de montrer ce qui va bien, de rassurer....
    Dans tous les cas, Il existe un fait scientifique imparable c'est que derrière les nuages, le soleil est toujours là !

    Agnes Benaiteau (IDE)

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