Exclusif : une majorité relative de professionnels favorable à un rappel vaccinal pour toute la population majeure !

Paris, le mercredi 8 septembre 2021 – La semaine dernière, le ministre de la Santé se félicitait : moins de 72 heures après l’ouverture des créneaux de vaccination pour l’administration d’une troisième dose, 200 000 personnes avaient déjà pris rendez-vous. Mais en ce début de septembre, le ton est moins optimiste. La Direction générale de la Santé (DGS) se montre en effet insistante dans un message publié hier : « Lundi 6 septembre à 18h30, 1186 EHPAD et USLD avaient commandé 58 000 doses de vaccin Pfizer sur le portail de télé-déclaration auprès de leur officine de référence, pour organiser la campagne de rappels. Ce chiffre est à comparer aux 157 000 doses commandées lundi 30 et mardi 31 août derniers. Afin de garantir la protection optimale des populations les plus vulnérables face au variant delta, nous rappelons aux professionnels de santé concernés que ce rappel est indispensable. (…) Pour commencer la campagne rapidement et protéger les résidents, les commandes doivent être passées au plus vite. A partir de six mois après la primo-vaccination, l’injection d’une dose de rappel en ARNm permet de stimuler à nouveau le système immunitaire et de renforcer la protection conférée par la primo-vaccination des populations plus âgées et/ou à risque de forme grave. Il est donc urgent de revacciner au plus tôt les résidents d’EHPAD et d’USLD, qui ont pour la majorité été primo-vaccinés avant le mois de mars 2021 ».

28 % des professionnels soutiennent la position actuelle des pouvoirs publics

Faut-il voir dans ce ralentissement très précoce la matérialisation d’interrogations sur cette campagne de rappel ?

La première d’entre elles concerne son étendue et les évolutions de la position des pouvoirs publics et des autorités de santé n’ont pu que renforcer les doutes. Au cours de l’été, l’avis du gouvernement a en effet évolué. Lors de son allocution du 12 juillet, puis dans ses déclarations suivantes, le Président de la République semblait en effet avoir considéré qu’une dose supplémentaire de vaccin ne ciblerait que les plus de 80 ans. Mais après la mi-août, le discours a commencé à changer, pour finalement aboutir à une campagne concernant 18 millions de personnes et incluant les plus de 65 ans et les personnes à risque.

Sondage réalisé sur le site JIM.fr du 23 août au 5 septembre 2021

Aujourd’hui, les résultats d’un sondage réalisé sur notre site révèlent que les professionnels de santé seraient même majoritairement favorables à une vaccination qui concernerait l’ensemble de la population. Ainsi, 34 % des lecteurs du JIM plaident pour un rappel pour toute la population majeure (comme aux États-Unis), tandis que 28 % soutiennent la politique actuelle du gouvernement français qui s’appuie sur la préconisation de la Haute autorité de santé (rappel pour les plus de 65 ans). Ils ne sont que 13 % à estimer que le rappel ne devrait cibler que les plus de 80 ans et les immunodéprimés, tandis que 22 % rejettent pour l’heure l’idée d’une vaccination complémentaire.

Défiance vis-à-vis de la HAS ?

La préconisation d’un rappel pour toutes les personnes déjà complètement vaccinées est la règle qui s’est finalement imposée aux États-Unis et en Israël. A contrario, dans les pays européens qui ont déjà présenté leur programme en la matière (plusieurs ont décidé d’attendre la position de l’Agence européenne du médicament) c’est la vaccination des plus fragiles qui retient l’attention. Faut-il voir dans la première option une forme d’aveu de la peur d’une perte généralisée de l’efficacité du vaccin ou au contraire la conviction que grâce à une campagne de rappel généralisée, et ce même face au variant Delta, l’action vis-à-vis de la circulation du virus pourra être plus efficace (alors que l’effet sur le risque d’infection et de transmission est finalement plus restreint que ce qui était auparavant envisagé) ? On constatera en tout cas qu’en se démarquant de la position de la HAS et du gouvernement, les professionnels de santé français marquent une nouvelle fois leur distance, si ce n’est leur défiance, vis-à-vis de nos autorités et suggèrent probablement qu’ils ont la conviction que la position des autorités n’est pas solide et va peut-être changer dans les prochaines semaines. Il apparaît également que la faible proportion de professionnels de santé qui conseilleraient de restreindre le rappel vaccinal aux plus âgés, c’est-à-dire pour contrer l’immunosénescence naturelle, suggère, outre une crainte de l’affaiblissement généralisée de l’efficacité du vaccin y compris vis-à-vis des formes graves, que pour eux l’enjeu principal de la vaccination est d’éviter la saturation hospitalière et qu’il faut donc offrir la meilleure protection à toutes les personnes susceptibles de souffrir de complications.

Une campagne prématurée ?

Enfin, il est notable que plus d’un cinquième des participants au sondage (22 %) repousse l’idée d’une campagne de rappel. Les motivations d’un tel refus pourraient être nombreuses. D’abord, les données pour affirmer l’utilité d’une troisième dose demeurent encore parcellaires : certains d’ailleurs considèrent qu’il pourrait être préférable d’intervenir au cas par cas, en procédant à des titrages d’anticorps. Ensuite, beaucoup estiment qu’à l’heure où une partie non négligeable de la population vulnérable n’a encore reçu aucune dose de vaccin et tandis que parallèlement certains pays pauvres connaissent de grandes difficultés d’approvisionnement (avec moins de 10 % de leurs sujets fragiles protégés, lire notre article sur l’Afrique de ce jour), lancer une campagne de rappel est totalement prématuré, voire éthiquement discutable. D’aucuns pourraient en outre juger que lancer une campagne de rappel peut envoyer un signal négatif à ceux qui hésitent à se faire vacciner, qui pourraient y lire la confirmation quant à leurs doutes vis-à-vis de l’efficacité du vaccin. Les réticences de ces 22 % de professionnels de santé ou les incertitudes des 3 % de répondeurs qui ont préféré ne pas se prononcer reflètent enfin peut-être également une forme d’inquiétude quant à la course qui pourrait s’engager.

Déjà en Israël en effet, certains évoquent la possibilité d’une quatrième dose.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (4)

  • Un peu de rigueur SVP : le sondage éclairé !

    Le 08 septembre 2021

    Je met les immunodéprimés hors sujet.

    La signification de ces sondages et radio-crochets m'échappe.
    Les "professionnels" évoqués : c'est qui ? médecins ? IDE ? Kiné ? SF ? etc ...
    Quel leur niveau d'information scientifique ? : Paucité de la littérature publiée.
    Quels données sur la tolérance de la 3ième dose quand les datas publiés portes régulièrement .... sur la première* à J42 (UK) en excluant toutes les ... primo-infectés.

    *Hippisley-Cox J, Patone M, Mei XW et coll . Risk of thrombocytopenia and thromboembolism after covid-19 vaccination and SARS-CoV-2 positive testing: self-controlled case series study. BMJ. 2021 Aug2 Aug26;374:n1931. doi: 10.1136/bmj.n1931

    Combien ont lu l'Avis de la HAS du 23/8/2021 > 65ans ?
    https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-08/avis_n2021.0061.ac.seesp_du_23_aout_2021_du_college_de_la_has_sur_la_campagne_de_rappel_vaccinal_contre_la_covid_19.pdf

    Qui a souligné un point de détail : Composition du rappel ? Wuhan ? Delta ? : c'est un peu comme la grippe dit t-on : Foutaise.

    Ceux hostiles à la première dose ne risquent pas d'être partisans de la 3ième ou seconde chez les primo-infectés.

    Consensus probable :
    Nuancer, à la carte : Outil sérologique ADAPTE au climat Delta : Titre neutralisant au moins DOUBLES, pédagogique au moins.
    Chaque 3ième dose ARNm faite à Marseille (Exemple !) n'est pas faite ailleurs.

    Dr JP Bonnet - vacciné 2 doses

  • Le manque et la 3eme dose

    Le 10 septembre 2021

    Ordonnance UrSan 50Mil ter du 10 Septembre 2021

    Après consultation de pré-caution de la littérature scientifique, de par Sa très Haute Autorité Sanitaire, conformément à l'avis du Conseil de Défense d'Exception, après sondage de la majorité des professionnels dûment informés, et en attente de l’avis Supérieur de l’Agence Européenne chargée de l’évaluation des risques, pertinences opportunités médicales et activités annexes, il est ordonné à tout anticorps formé à reconnaitre précisément son antigène, en fonction ou dormant, de se mobiliser de cibler et de stopper, tout antigène variant, non conforme, de quelque nature qu'il soit. C'est une urgence de santé publique, un devoir de solidarité garant de l'immunité collective durable indispensable, un impératif de la plus élémentaire des prudences extrêmes.

    En cas de refus, d'incapacité ou d'affaissement opérationnel, ces molécules seront relevées de leurs fonctions et interdites d'exercer.

    Pour l'heure, dans un premier temps et de manière transitoire, par souci de persuasion et de soutien à cette population en difficulté, un rappel obligatoire est proposé au libre arbitre moléculaire.

    Fait en l'an de grâce 2021

    Par anticipation et hors Anergie immunitaire


    Dr D. Cointe (Biologiste-Médecin)

  • J'adore les sondages

    Le 13 septembre 2021

    Leurs chiffres qui font la pluie et le beau temps selon ceux qui les traitent... pour ne pas dire ceux qui les manipulent (oooh le vilain gros mot). Personnellement on ne m'a pas donné mon avis mais je suis contre pour ma part...

    Hélène d'Agostino (IDE)

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