Exercer en maison de santé : un plus pour la rémunération des MG ?

Paris, le mardi 11 mai 2021 – Une étude de la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques) a comparé l’évolution des revenus nets des médecins généralistes (MG) ayant rejoint une MSP (Maison de santé pluri-professionnelle) entre 2008 et 2014 et un groupe témoin de MG exerçant en activité libérale « classique ».

En premier lieu, on constate des différences entre les médecins des MSP et MG libéraux « traditionnels ». Ceux qui optent pour l’exercice pluri-professionnel sont ainsi « légèrement plus jeunes (47,7 ans contre 48,7 ans pour les témoins), moins souvent des femmes (25,4 % contre 28,6 %), plus nombreux à vivre en couple mariés ou pacsés (83,1 % contre 77,1 %) et ont davantage d’enfants à charge (1,9 contre 1,6) que leurs confrères qui n’ont pas opéré ce choix. Ils exercent aussi moins fréquemment en mode d’exercice particulier (homéopathie, acupuncture, allergologie) et ont plus souvent une activité salariée en complément. Enfin, plus du tiers des médecins généralistes qui exercent en MSP en 2014 (36,7 % contre 12,2 %) pratiquaient en 2008 dans des zones rurales, et le quart d’entre eux dans des espaces périurbains (24,8 % contre 18,6 %) » notent ainsi les statisticiens de la DREES.

Aussi « afin de prendre en compte les différences initiales de composition sur ces caractéristiques sociodémographiques, il a été constitué, par appariement exact, un échantillon de médecins généralistes « témoins » comparables en 2008 (en termes de genre, âge, configuration familiale, MEP, complément d’activité salariée, zone d’installation) aux médecins généralistes « cas » exerçant en MSP en 2014 ».

Une différence liée aux forfaits

Au total, si on constate qu’entre 2008 et 2014, les revenus de l’activité libérale de l’ensemble des médecins généralistes ont augmenté, la hausse est de 10 675 € pour les MG MSP et de 8 703 € pour les MG non-MSP (tableau 1).




Cet écart s’expliquerait par une évolution plus rapide de la taille de la patientèle en MSP et par les paiements forfaitaires associés.

Les auteurs de ces travaux soulignent également : « des analyses complémentaires menées pour la seule année 2014 suggèrent que la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP), introduite à partir de 2012, a permis une rémunération supérieure pour les médecins généralistes exerçant en MSP. En effet, ces derniers ont perçu en moyenne à ce titre 9 % de plus que leurs pairs, soit 595 euros ».

Ils concluent que « ces premières analyses de l’impact sur les revenus et l’activité des médecins généralistes de l’exercice en MSP semblent montrer qu’il y a un intérêt financier pour eux au moins à court terme ».

Les pourfendeurs des MSP, pointeront, eux, un « intérêt financier » correspondant au prix de la liberté…

Xavier Bataille

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