Face au rebond épidémique, le gouvernement souhaiterait éviter les restrictions les plus dures

Paris, le lundi 6 décembre 2021 – Tant les données d’incidence que celles concernant l’activité hospitalière confirment que la France connaît un rebond épidémique important. Ainsi, en une semaine, le nombre d’infections par SARS-CoV-2 détectées a augmenté de 51 %, la barre des 200 admissions quotidiennes en soins critiques a été atteinte (et plus de 2000 personnes sont actuellement hospitalisées dans ces services) ce qui représente une hausse de 44 % en sept jours et les décès hospitaliers ont crû de 35 %.

Ces derniers jours ont de ce fait vu se multiplier les déclenchements de plan blanc : près d’une trentaine de structures appliquent ainsi ce dispositif aujourd’hui, soit parce qu’ils viennent de le réactiver, soit parce qu’ils ont choisi de ne jamais le suspendre. Limitation des congés, déprogrammations, rappel de certains effectifs : les hôpitaux renouent avec ces stratégies qui sont souvent habituelles en cette période de l’année, mais qui n’ont jamais été aussi suivies que depuis le début de l’épidémie de Covid.

Lucides mais attentistes

Les membres du gouvernement rivalisent d’adjectifs alarmistes pour décrire la situation. Olivier Véran a par ailleurs remarqué sur Franceinfo : « Un malade est admis en réanimation toutes les dix minutes. Nous avons connu cela lors de la deuxième, de la troisième vague. Si rien ne change, nous pourrions avoir un pic sanitaire à la fin du mois de janvier, avec un nombre de malades graves très important ». Aussi, et alors que les signes d’affaiblissement des hôpitaux sont quotidiens, le gouvernement tient ce matin un nouveau Conseil de Défense, qui pourrait être suivi de quelques annonces. Si l’organisation de cette réunion, qui plus est un lundi et donc décorrélé du conseil des ministres (qui est toujours en partie consacré à la situation sanitaire) signale la préoccupation des autorités, ces dernières se montrent parallèlement très soucieuses de ne pas renouer avec des restrictions trop strictes, en cette période cruciale pour l’économie et la vie sociale du pays.

Tout miser sur la troisième dose

Aussi, le gouvernement n’a de cesse de mettre en avant la bonne marche de la campagne de rappel vaccinal. Ainsi, le ministre de la Santé s’est félicité hier de constater que 10 millions de Français avaient déjà reçu une nouvelle dose pour « renforcer » leur protection face à la Covid. Par ailleurs, de nouveaux créneaux de vaccination doivent être ouverts cette semaine, grâce notamment au vaccin Moderna, même si ce dernier suscite quelques réticences dans le public.

Mieux vaut un passe renforcé que la fermeture

Parallèlement, pas question de se résoudre à des mesures du type couvre-feu, confinement ou restriction de déplacements. Les pistes privilégiées concernent plutôt un renforcement du passe sanitaire. Son application pourrait être élargie à d’autres lieux (tels certains centres commerciaux), un contrôle d’identité pourrait s’ajouter à la vérification du passe dans les restaurants et un autotest pourrait être exigé à l’entrée des salles de concerts et des discothèques. Ces différentes dispositions ont été discutées ce week-end avec les représentants de ces activités et présentées comme une alternative à des mesures plus strictes.

La réintroduction de jauges est également à l’étude.

Refus d’envisager la vaccination obligatoire… pour l’instant

Un renforcement des recommandations concernant le télétravail (même si l’idée du télétravail obligatoire est repoussée) et le retour général du masque à l’extérieur font aussi partie de l’arsenal possible. Par ailleurs, l’idée d’avancer de quelques jours ou une semaine les vacances de Noël alors que le nombre d’infections explose dans les écoles primaires suscite comme toujours quand il s’agit de la scolarité de fortes dissensions. Enfin, l’idée de la vaccination obligatoire semble exclue du champ des possibles, même si bien plus que la vaccination des enfants (sur laquelle nous revenons dans un autre article de ce jour) et même la campagne de rappel, la protection des personnes vulnérables qui n’ont encore reçu aucune dose est probablement l’enjeu majeur de la vague actuelle et de celles possiblement (probablement ?) à venir.

Aurélie Haroche

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