France : la fracture vaccinale

Paris, le lundi 26 juillet 2021 - Le géographe de la santé Emmanuel Vigneron rend public des travaux qui mettent en perspective les données de l’Assurance maladie sur la vaccination.

Pour son étude, Emmanuel Vigneron a calculé un « indice comparatif de la vaccination », à l’échelle des intercommunalités en appariant les populations selon l’âge.

Fractures socio-culturelles

La France apparait divisée en deux avec un nord-ouest beaucoup plus vacciné que le sud-est séparés par une diagonale allant du sud-ouest de l’Occitanie jusqu’à l’est du pays vers Mulhouse.

A l’intérieur de ces deux aires géographiques on note également des disparités entre centres urbains et périphéries, ainsi qu’entre communes riches et pauvres. Par exemple, à Paris, les arrondissements les moins vaccinés sont ceux du Nord-est, plus populaires.

Pour le sociologue Jean Viard, qui commente ces travaux pour France Télévision, cette fracture est à l’image des disparités socio-culturelles : "ce sont les disparités de la société française, entre les diplômés, les non-diplômés, les plus aisés, les moins aisés, ceux qui sont très intégrés dans leur monde social et ceux qui sont plus isolés". On notera également la fracture qui traverse les zones montagneuses et les territoires ruraux, allant des Hautes-Pyrénées et Pyrénées-Orientales jusqu’à Mulhouse et Besançon, en passant par le Lot, les Cévennes, le Massif central ou encore le Morvan. Seuls les habitants des villes y sont bien vaccinés, comme à Toulouse, Montpellier, Lyon et Grenoble révélant sans doute des difficultés d’accès « physique » à la vaccination.

Une fracture politique ?

Cette carte, qui traduit (en partie) l’adhésion vaccinale, « montre que les causes sont à chercher au-delà de la santé : dans la perception de la maladie, qui est peut-être plus importante que le vécu de l’épidémie » selon Emmanuel Vigneron. Concernant, le cas spécifique de la Côte d’Azur, l’auteur de l’étude estime dans Le Monde « Cela illustre probablement une certaine difficulté de pénétration des discours officiels, un refus de ce qui vient de “Paris”, ou encore un sentiment antigouvernemental ». On pourrait également ajouter que les territoires où l’on se vaccine le moins correspondent pour partie à ceux qui votent davantage pour le rassemblement national.

F.H.

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