FreeStyle Libre réduit le nombre d’hospitalisations liées au diabète chez les patients diabétiques de type 2 sous insulinothérapie basale

À l’occasion de la 58e réunion annuelle de l’EASD (European Association for The Study Of Diabetes), la présentation du professeur Riveline (Diabétologie-hôpital Lariboisière Paris) a apporté de nouvelles données sur les bénéfices potentiels de la surveillance en continue du glucose (dispositif freestyle libre-laboratoire Abbott) pour les patients diabétiques de type 2 traités par insulinothérapie basale.

L’introduction des systèmes de monitoring du glucose interstitiel en continu (CGMS) a été une véritable révolution pour la prise en charge des diabétiques traités par insuline


Révolution en termes d’équilibre glycémique et de son maintien avec l’émergence ou la redécouverte de nouveaux concepts au-delà de l’hémoglobine glyquée ; comme par exemple le temps passé dans la cible, la stabilité (contraire de la variabilité) de la glycémie, les excursions postprandiales.

En outre, l’utilisation de ces systèmes a permis de réduire les complications métaboliques aiguës qu’il s’agisse des hypoglycémies, notamment nocturnes mais aussi des complications en relation avec l’hyperglycémie, notamment les acidocétoses. Du côté du patient, ces dispositifs améliorent la sérénité, le bien-être et la sécurité de ce dernier : la qualité de vie en bref.

En France, les diabétiques pouvant bénéficier du remboursement du dispositif sont les diabétiques de type 1 et type 2 traités par insuline en multi injections (basal-bolus).

Les publications foisonnent sur les bénéfices de ces dispositifs

Qu’en est-il du diabète de type 2 sous insulinothérapie basale ?


Concernant sa prise en charge médicamenteuse, le diabétique de type 2 est le plus souvent traité par hypoglycémiants oraux et/ou agoniste du récepteur du GL P1. Toutefois, il arrive que dans 20 à 30 % des cas ces patients devront, selon les objectifs thérapeutiques individualisés, avoir recours au fil du temps à une adjonction d’insulinothérapie basale avec des analogues de longue durée et prochainement de très longue durée (hebdomadaire) dont la titration se renforcera d’une vigilance accrue vis à vie du contrôle glycémique.

Les diabétiques de type 2 bénéficiant de ces schémas thérapeutiques représentent un contingent important de la population diabétique.

Une des préoccupations des publications évaluant les différents analogues retards était le risque d’hypoglycémie notamment nocturne. L’insulinothérapie basale pour le diabète de type 2 peut concerner des patients âgés avec ou sans réduction de la fonction rénale, donc d’autant plus à risque d’hypoglycémie.

Les hypoglycémies représentent un nombre important d’hospitalisations. Elles concourent à la sur-morbidité de ses patients, entraînent des renoncements thérapeutiques (abandon de l’insulinothérapie ou mauvaise titration de l’insuline).

Quel peut être l’apport d’un dispositif simple et flexible dans cette problématique ?


Un début de réponse émerge avec la présentation faite à l’EASD, avec les données issues de l’analyse d’un sous-groupe de l’étude en vie réelle RELIEF (Real world Evidence of FreeStyle Libre) financée par le laboratoire Abbott qui commercialise le système FreeStyle Libre.

Le dispositif FreeStyle Libre est un système CGMS ou de surveillance en continue du glucose comprenant un petit capteur facile d’utilisation (autonomie de 14 jours) communicant avec un lecteur ou un smartphone compatible. Au fil des améliorations successives, le système est devenu capable de générer si nécessaire des alertes notamment pour les hypoglycémies.

Les derniers dispositifs communiquent directement et en continu avec le Smartphone du patient sous réserve de compatibilité logicielle.

Concernant l’étude présentée à l’EASD, il s’agit d’une étude rétrospective concernant des diabétiques de type 2 traités par insuline basale utilisant le système FreeStyle Libre (5933 sujets entre le 1er août 2017 et le 31 décembre 2018). La base de données alimentant l’étude : le système national des données de santé français (SNDS).

L’exhaustivité des données de remboursement a permis d’analyser les 12 mois précédents la prescription du FreeStyle Libre et jusqu’à 24 mois au décours de cette prescription. L’analyse a permis d’identifier les hospitalisations pour complications aiguës du diabète : hypoglycémie sévère, acidocétoses, coma et hyperglycémie importante justifiant une hospitalisation.

Réduction de 67% des hospitalisations


Il apparaît une réduction de 67 % du nombre d’hospitalisations après une année d’utilisation du dispositif avec une réduction de 75 % des hospitalisations en relation avec une acidocétose, une réduction de 44 % du nombre d’admissions en relation avec une hypoglycémie sévère. Cette amélioration perdure sur une période de 2 ans après le début de l’utilisation du dispositif. Ceci quel que soit le type de suivi : diabétologue ou médecin généraliste.

Les pourcentages apparaissent impressionnants. Rappelons qu’il s’agit d’une étude rétrospective mais les études prospectives comparatives sont difficiles à mener vis-à-vis de tels dispositifs.

En outre, il s’agit d’une étude en vie réelle qui permet de s’affranchir des biais de sélection des études prospectives.

L’introduction d’un dispositif de surveillance en continu de glucose CGMS dans ce groupe de diabétiques pourrait être un support bénéfique pour les stratégies d’éducation thérapeutique qui sont réglementairement nécessaires pour l’utilisation de ces dispositifs.

En conclusion de cette étude, on peut retenir un ensemble de signaux positifs très intéressants. Comme toujours, elle pourrait et devrait être complétée par d’autres travaux. Car la pression sera ensuite sur les payeurs (caisses) avec des évaluations économiques : combien d’hospitalisations, de complications morbides, d’épisodes d’inertie thérapeutique sources de complications ultérieures seront évités versus le coût du dispositif pour ce groupe de patients.

Dr Edgar Kaloustian

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