Gaz hilarant : pas de quoi rire pour le Sénat

Paris, le mardi 10 décembre 2019 – Le 5 mai 2018, Yohan, un jeune homme de 19 ans, est décédé d’un arrêt cardiaque après avoir inhalé de la protoxyde d’azote, surnommée par les utilisateurs "proto" et également connue sous le nom de gaz hilarant. Très facilement accessible dans le commerce, cette substance est extraite des cartouches de siphon à chantilly et ainsi détournée de son usage pâtissier, en raison de ses « vertus » euphorisantes.

Depuis le décès de Yohan, ses parents ont créé une association qui porte son nom et incitent les autorités à intervenir. Sensibles à ce message et alors de que les signalements se multiplient, notamment dans le nord de la France, plusieurs maires ont pris des arrêtés interdisant la vente de gaz hilarant aux mineurs, sa possession ou sa consommation dans l’espace public.

De fait, les méfaits associés au détournement du protoxyde d’azote sont potentiellement nombreux. La Direction de l’information légale et administrative (DILA), rattachée à Matignon, rappelle, entre autres effets indésirables, les risques immédiats de « brûlures par le froid à l’expulsion du gaz », de « nausées et vomissements, maux de tête » ou encore de « vertiges et acouphènes ». Une utilisation régulière ou à forte dose du gaz hilarant peut entraîner une « atteinte de la moelle épinière », une « anémie » ou encore des « troubles psychiques ». Et parmi les effets les plus graves, la DILA pointe les risques de « pertes de connaissance », de « pertes de mémoire », et même de « mort par asphyxie par manque d’oxygène ».

Fin novembre, les autorités sanitaires françaises se sont ainsi alarmées d’une « augmentation des cas de troubles neurologiques graves » liés à un usage « récréatif » du gaz hilarant. Ainsi, depuis le début de l’année, « 25 signalements d’effets sanitaires sévères » ont été enregistrés, dont dix cas « graves avec des séquelles pour certains », comme des paralysies des membres à des degrés divers. Huit de ces cas ont été recensés dans les Hauts-de-France.

Nouvelle tentative d’interdiction

Le combat contre cette pratique dangereuse est maintenant entre les mains du Parlement.

Déjà, le député du Nord Ugo Bernalicis (France Insoumise) avait déposé en janvier une proposition de loi visant à interdire la vente de gaz hilarant aux mineurs, sans succès.

Le débat rebondit cette semaine au Sénat où une proposition de loi, dont l’'initiative revient à la sénatrice centriste Valérie Létard, sera à l'ordre du jour de la chambre haute mercredi. Elle sera examinée lors d'une « niche » du groupe Union centriste, mais elle a été cosignée par une centaine d'élus de tous bords.

En pratique, avec ce texte signé par une centaine de sénateurs, « l’objectif est d’interdire la vente de ce gaz aux mineurs et d’obliger les intermédiaires numériques à en informer leurs abonnés, pénaliser l’incitation d’un mineur à faire un usage détourné d’un produit de consommation courante pour en obtenir des effets psychoactifs, obliger les industriels à indiquer sur l’emballage la dangerosité du produit, et accompagner la politique de prévention menée à l’école », précise la Commission des affaires sociales, qui a examiné et adopté le texte le 4 décembre.

A suivre…

F.H.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article