Grève, manifestation, pétition : les médecins libéraux n’abandonnent pas le combat

Paris, le mardi 13 décembre 2022 – Après la grève du 1er décembre, les syndicats sont déterminés à maintenir la pression sur la CNAM.

Succès en demi-teinte pour la grande grève des médecins libéraux qui s’est tenu les 1er et 2 décembre dernier. D’un côté, cette grève très médiatisée a été l’occasion pour les syndicats de faire connaitre à la population leurs revendications, notamment la hausse du tarif de base de la consultation, que certains veulent faire passer à 50 euros. Le mouvement a également été l’occasion d’une cohésion et d’une unanimité assez rare parmi les syndicats. Mais de l’autre, la grève semble avoir été moins suivi que ce qu’espéraient les organisateurs avec, selon la CNAM qui s’appuie sur le nombre de feuilles de soins télétransmises, une baisse d’activité de seulement 30 % durant ces deux journées de mobilisation.

Après ce demi-succès et ce moment de cohésion, les syndicats sont désormais partagés sur la marche à suivre, même s’ils sont tous déterminés à continuer le combat pour améliorer leur rémunération et leurs conditions de travail. Le collectif informel « Médecins pour demain », à l’origine de la grève du 1er décembre, reste persuadé que la grève reste la meilleure solution pour faire entendre les revendications des médecins libéraux. Il a donc lancé un appel à une grève illimitée de la permanence de soins ambulatoire (PDS-A) à compter de ce lundi soir, tout en précisant que les médecins se plieront aux éventuelles réquisitions « sans état d’âme ».

Les syndicats en ordre dispersé


Une position « radicale » partagée par l’Union Française pour une médecine libre (UFML). Son président, le Dr Jérôme Marty, est convaincu qu’il faut « maintenir la pression » sur la CNAM. Comme ses confrères de « Médecins pour demain », il appelle donc les médecins libéraux à fermer leurs cabinets à compter du 26 décembre pendant une semaine, une grève qu’il souhaite « reconductible ». Il incite également ses confrères à descendre dans la rue à Paris lors d’une manifestation nationale le 5 janvier prochain.

De l’autre côté, MG France préfère défendre une position moins conflictuelle et défend le mouvement, initié il y a plusieurs semaines déjà, des « vendredis de la colère », au cours de laquelle les libéraux sont incités à exprimer leur désarroi sur leurs conditions de travail. Le syndicat préfère ainsi laisser de côté les revendications relatives au tarif de la consultation pour se concentrer sur la défense du rôle central du médecin traitant et le rejet des différents projets d’accès direct aux professions paramédicales défendus par le gouvernement. Une pétition rappelant ses différentes revendications (moins de contrainte administrative, embauche d’assistants médicaux, abandon du projet de 4ème année d’internat de médecine générale…) a été lancée par le syndicat et aurait déjà recueilli près de 40 000 signatures.

Les négociations conventionnelles avancent


La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) défend elle une position intermédiaire. Si elle n’a pour l’instant rien annoncer, elle n’a pas exclu de lancer un mouvement de « fermeture des cabinets le samedi matin de façon durable », déjà soutenu par l’UFML. Quant à la Fédération des Médecins de France (FMF) et le Syndicat des Médecins Libéraux (SML), ils attendent de voir l’évolution des négociations conventionnelles en cours entre les syndicats et l’Assurance Maladie pour se prononcer sur ces différentes actions.

Une réunion plénière de négociation est d’ailleurs prévue pour ce jeudi. Si les relations sont encore assez tendues, les syndicats reconnaissent qu’il y a désormais « des ouvertures » du côté de la CNAM, selon l’expression du Dr Marty. Les discussions sur la réforme de la ROSP, que les syndicats dénoncent comme trop complexe et mal orienté depuis plusieurs années, progressent et l’Assurance Maladie serait prête à reprendre le projet de la CSMF de créer trois niveaux de tarification des consultations. Des négociations difficiles mais fructueuses donc, qui pourraient éviter, on l’espère, une guerre ouverte entre les syndicats et l’Assurance Maladie.

Quentin Haroche

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