Infirmières : erreur de la banque en votre défaveur

Marseille, le mardi 17 mai 2022 – Des infirmières marseillaises se sont vues retirer une prime Covid qui leur avait été versée.

Pendant deux ans, elles ont été célébrées comme des « soldats de la première ligne », des « héros du quotidien » et se sont vus promettre et verser des primes et des hausses de salaire. Mais alors que le gros de l’épidémie de Covid-19 semble (on l’espère) derrière nous, les infirmières françaises doivent de nouveau faire face à un hôpital public qui n’est pas toujours très généreux avec ses salariés. A Marseille, des infirmières ont eu la désagréable surprise de constater que leur prochain salaire allait être diminué, l’hôpital ayant décidé de récupérer une prime Covid qui leur aurait été indument versé.

Ces infirmières avaient reçu entre 500 et 5 000 euros chacune au titre de « majoration d’heure d’astreinte mobilisé », c’est-à-dire pour avoir accepté de travailler davantage et parfois dans des services différents des leurs lors des nombreux épisodes de saturation que les hôpitaux français ont connu au cours de la crise sanitaire. Mais plus de deux ans après le début de l’épidémie en France, la direction de l’hôpital de la Timone considère désormais que ces astreintes n’auraient pas dû être majorées, car l’activité de ces infirmières n’aurait pas un lien direct avec l’épidémie. « Nous nous excusons auprès des salariés concernés, nous mettrons tout en œuvre pour rétablir la relation de confiance avec eux » a déclaré sans autre forme d’explication Elisabeth Coulon, DRH de l’hôpital de la Timone.

Vers une grève des infirmières ?

La suppression de ces primes est évidemment très mal acceptée par ces infirmières qui viennent de traverser deux années très difficiles. « J’ai dû aller deux fois en service de réanimation alors que je ne suis pas formé à cela, je n’ai pas pu partir en vacances et maintenant on m’explique que je n’ai pas participé à l’effort collectif durant la crise Covid » s’insurge une des infirmières lésées par la décision de la direction.

Les infirmières de bloc opératoire de la Timone ne comptent pas en rester là. Elles tentent de contacter d’autres soignants qui auraient pu subir le même sort à travers la France afin de créer une mobilisation nationale. Déjà en janvier dernier, les infirmiers de l’hôpital Nord de Marseille s’était mis en grève pour protester contre le fait que la prime de 100 euros décidée par le gouvernement était réservée à ceux exerçant dans les services de réanimation. 

Prenons le pari (optimiste) que le ministre de la santé (dès sa nomination ou sa renomination) aura à cœur de revenir sur cette disposition médiatisée même si elle respecte l’orthodoxie budgétaire. 

Nicolas Barbet

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (2)

  • Je suis outrée...

    Le 17 mai 2022

    Quand je pense que les administratifs des hostos ont touché cette prime de 1500€ alors qu'ils étaient en télétravail... A vomir...

    Valérie Banas (IDE)

  • Des promesses ...

    Le 18 mai 2022

    Au moins elles ont perçu le Ségur !
    Malgré un décret paru en novembre 2021 nous attendons toujours la revalorisation pour le secteur médico social...

    Anna Cannavacciuolo (IDE)

Réagir à cet article