Irlande : le variant anglais anéantit les effets du deuxième confinement

Dublin, le jeudi 14 janvier 2021 - Voilà sans doute le scénario tant redouté par les autorités françaises. Celle d’une flambée épidémique incontrôlable.

Mercredi 21 octobre, le premier ministre irlandais Micheál Martin annonçait à la population l’instauration d’un deuxième confinement du pays (avec cependant le maintien ouvert des établissement scolaires) avec pour objectif annoncé de sauver les fêtes de Noël. Dans les semaines suivantes, le pays est apparu aux yeux de l’Europe comme un véritable modèle dans la gestion de l’épidémie. Début décembre, l’Irlande affichait d’ailleurs l’un des taux d’incidence les plus faibles d’Europe.

Et pourtant, en quelques jours, le pays de 5 millions d’habitants a comptabilisé 50 000 nouveaux cas positifs d’infection par SARS-CoV-2 (4 929 pour la seule journée de lundi 11 janvier), soit un tiers de l’ensemble de ceux recensés dans le pays depuis le début de la pandémie. En quelques jours, l’Irlande a dépassé la République Tchèque et la Slovénie devenant le territoire présentant l’un des plus forts taux d’incidence de Covid-19 dans le monde. D’après l’université Johns-Hopkins, 1 323 nouveaux cas quotidiens ont été détectés par million d’habitants sur les sept derniers jours.

Le variant anglais désigné coupable

Comment expliquer une progression aussi foudroyante ? Début décembre, le pays avait décidé la réouverture des commerces non essentiels mais aussi des musées, salles de sport, cinémas, restaurants, hôtels et cafés. Si les pubs sont restés fermés, les Irlandais ont été autorisés à recevoir un nombre limité d’invités pendant les fêtes.

C’est dans cette atmosphère de net relâchement (en tout cas bien plus marqué qu’en France) qu’est apparu fin décembre le variant anglais (16 cas recensés au 29 décembre). Quinze jours plus tard, ce variant est identifié dans presque un cas positif sur deux, selon les autorités sanitaires du pays.

La situation épidémique est d’autant plus préoccupante que le pays avait su prendre des mesures énergiques : en catastrophe, le gouvernement avait décrété fin décembre un troisième confinement généralisé du pays.

Seulement trente places de réanimation disponibles dans tout le pays

La progression fulgurante de l’épidémie de Covid-19 a entrainé un véritable tsunami dans les hôpitaux. Mardi, il ne restait plus que trente lits disponibles en ICU et treize établissements du pays déclaraient ne plus compter aucune place libre.

Pour l’opinion publique, l’ambiance est à la désolation. « N’a-t-on pas tous éprouvé un petit plaisir coupable à voir les Britanniques se planter autant, mois après mois ? En tout cas, maintenant, plus personne ne rit » exprime notamment l’Irish Independent.

Pour les professionnels de santé, c’est le sentiment d’abattement qui prédomine. Cité dans le Monde, un médecin témoigne : « Le moral est bas, beaucoup de personnels soignants ont été testés positifs et ceux qui sont présents doivent s’occuper d’un bien plus grand nombre de malades. Cela fait deux semaines que les opérations chirurgicales ont été annulées dans mon établissement ». Plus de 4 000 soignants manquent désormais à l’appel. Le déploiement de la vaccination ne semble pas avoir d’impact pour l’heure sur les chiffres de la mortalité. Les autorités attendent avec impatience l’autorisation du vaccin AstraZeneca pour envisager une accélération du calendrier.

C.H.

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