Israël, Grande-Bretagne : le monde d’hier, c’est pour demain !

Paris, le mardi 23 février 2021 - « Vous allez pouvoir reprendre une vie normale ». Voilà une promesse politicienne qui nous donne envie d’y croire. A l’occasion d’une présentation athlétique depuis une salle de sport où le Premier Ministre israélien s’est essayé à soulever des haltères (décidément, le biceps semble faire un retour en fanfare depuis le début de la campagne de vaccination) Benyamin Netanyahu a encouragé la population de l’État hébreux à obtenir le fameux « passeport vert » pour pouvoir avoir accès à de nombreux établissements recevant du public.

Les médias du monde entier se sont empressés de diffuser les images presque surréalistes d’Israéliens sans masques profitant du bonheur simple d’une séance de sport ou de quelques longueurs de piscine.

Avec plus de 80 % de la population vaccinable ayant déjà reçu au moins une dose et des indicateurs de la maladie tous à la baisse, Israël accélère son troisième déconfinement. Parmi les éléments qui contribuent à cette confiance : les données statistiques semblent confirmer que contrairement scénarios les plus pessimistes, le vaccin semble également limiter drastiquement les contaminations.

En Israël : des chiffres meilleurs que prévus

Dimanche, le pays a ainsi rouvert les centres commerciaux et les commerces de rue pour l'ensemble de la population dans le cadre de son troisième déconfinement depuis le début de la pandémie. D'autres lieux tels que les hôtels ou les salles de sport peuvent également recommencer à accueillir des clients mais uniquement ceux munis d'un "badge vert", signifiant qu'ils ont reçu la seconde dose de vaccin depuis au moins une semaine ou qu'ils ont guéri de la maladie.

Dans les hôpitaux israéliens, la tension baisse et s’illustre par quelques initiatives symboliques : le centre Sheba à Ramat Gan a fait fermer deux unités de coronavirus dans la journée de dimanche.

Pour le pays, il y a urgence à reprendre une activité économique normale : après un troisième confinement extrêmement strict, les commerçants et restaurateurs se retrouvent dans une situation extrêmement précaire.

Convaincre les derniers antivaccins

Israël reste néanmoins sur le qui-vive face aux nouveaux variants, tandis que d’une manière générale la prudence reste de mise à l’approche des fêtes de Pourim qui débutent jeudi. Les réticences à la vaccination étant particulièrement concentrées dans la communauté orthodoxe, Israël redoute les rassemblements intrafamiliaux qui pourraient favoriser une reprise de l’épidémie dans ce qui semble être la dernière ligne droite avant le retour à la vie normale.

Mais un drame récent pourrait faire évoluer les réflexes anti-vaccinaux, y compris chez les plus réticents et les plus perméables aux fausses informations. Osnat Ben Shitrit, 32 ans, enceinte et déjà mère de quatre enfants, est décédée à Jérusalem des suites du Covid-19. Le fœtus de 30 semaines n’a pu être sauvé non plus. La jeune femme n’avait pas voulu se faire vacciner.

La mère et la sœur de la jeune femme ont pris la parole pour exhorter les Israéliens à se faire vacciner. Il en est de même pour son beau-frère, dont les déclarations ont trouvé un écho retentissant : ce-dernier animait jusqu’alors un groupe antivax très actif sur les réseaux sociaux.

Au Royaume-Uni : enfin des perspectives !

Israël n’est pas le seul pays qui avec prudence et en même temps enthousiasme prend le chemin du monde d’après. Dans une allocution au Parlement, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a décliné hier les quatre étapes qui doivent jalonner le déconfinement outre-Manche. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le déconfinement sera extrêmement prudent face à la prédominance des variants sur l’île.

« Nous ne pouvons persister indéfiniment avec des restrictions qui affaiblissent notre économie, notre bien-être mental et physique, et les opportunités de vie pour nos enfants », a expliqué Boris Johnson devant les députés. « C’est pourquoi il est essentiel que cette feuille de route soit prudente mais aussi irréversible ».

Après un déconfinement imprudent en octobre dernier (ayant notamment impliqué la réouverture des restaurants et de certains établissements recevant du public) le pays a été foudroyé par la vague épidémique la plus forte de toute l’Europe. Mais si la Grande-Bretagne semble avoir commis un certain nombre d’erreurs s’agissant de la gestion de l’épidémie, la campagne de vaccination, elle, a fait un sans-faute.

Plus de quinze millions de britanniques ont d’ores et déjà reçu une première dose, permettant de réduire significativement la pression hospitalière. Selon une étude écossaise parue hier, les vaccins Pfizer/BioNTech et AstraZeneca/Oxford actuellement administrés ont permis de réduire, après une dose, les hospitalisations de respectivement 85 % et 94 %. De quoi inciter les gouvernements européens à éventuellement repenser leur politique en matière de vaccination.

Dans le détail, les écoles seront les premières à rouvrir le 8 mars, avec des tests réguliers dans les établissements secondaires. Dès le 29 mars, la consigne de rester à la maison sera levée et les rassemblements en extérieur, limités à six personnes ou deux foyers différents, seront autorisés.

Les magasins non essentiels, les coiffeurs, les pubs – mais seulement en extérieur – et musées devront en revanche attendre le 12 avril. Les cinémas, hôtels, stades (avec maximum 10 000 personnes), l’hôtellerie-restauration (en intérieur) suivront le 17 mai, date à laquelle les membres de différents foyers pourront se rencontrer en intérieur. Si la situation sanitaire le permet, les restrictions des autres contacts sociaux seront levées le 21 juin au plus tôt, de même que la consigne de télétravail.

De quoi permettre, le cas échéant, la tenue de la finale de l’Euro 2021 dans de bonnes conditions ainsi que celle du tournoi de Wimbledon.

En Europe : des envieux

Sur le continent, la situation britannique mais plus encore israélienne suscite inévitablement quelques envieux. En Allemagne, le quotidien de gauche Tageszeitung, traditionnellement critique à l’égard du pouvoir israélien actuel, doit bien reconnaitre que le pays fait bien office de « terre promise » au moment où la campagne de vaccination semble sérieusement patiner en Allemagne. « L’Allemagne n’est pas prête pour la vaccination de masse », titrait ce week-end, alarmiste, la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

C.H.

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Vos réactions (1)

  • Exemple d'Israel

    Le 25 février 2021

    Pour peu qu'il faille en revenir au monde d'hier
    Israël ne peut se permettre une défaite sanitaire comme...militaire. Il en de même pour quelques pays en tension historique (Corée du Sud, Taiwan, Japon)

    1-Après une PREMIERE DOSE (Pfizer/BioNTech) , ISRAEL nous a déjà renseigné sur la possibilité de contamination symptômatique ou non après PREMIERE dose chez les soignants en période de forte (6%) positivité nationale :

    Amit S et coll . Post-Vaccination COVID-19 among Healthcare Workers, Israel. Emerg Infect Dis. 2021 Feb1 April ;27(4). doi: 10.3201/eid2704.210016

    2-ISRAEL devrait confirmer (2 pré-prints) l’impact favorable de cette PREMIERE DOSE (Pfizer/BioNTech) sur les HOSPITALISATIONS : Réduction de 51%* (N:503 875 J13 - J24) , 30%** (N : 9 109 J1 – J14) , 75%** (N : 9 109 J15 – J28)

    *The effectiveness of the first dose of BNT162b2 vaccine in reducing SARS-CoV-2 infection 13-24 days after immunization: real-world evidence. G Chodick et coll. medRxiv 2021.01.27.21250612; doi: https://doi.org/10.1101/2021.01.27.21250612

    **S Amit et coll . Early rate reduction of SARS-CoV2 infection in BNT162b2 vaccine recipients. Lancet correspondence Feb 18 2021

    3- ISRAEL devrait être la Terre promise du «BADGE VERT» après DEUX injections ou une PRIMO-INFECTION DOCUMENTEE , comme en Islande

    Le pays devrait être l’épicentre des travaux sur un sujet peu ou pas évalué dans les dossiers princeps : l’impact vaccinal sur la transmission virale qui reste NON évalué.

    ANTICIPER que des conclusions homogênes puissent être appliquées aux N (15 pour l'OMS au 20/1/2021) plateformes si HETEROGENES dans leurs principes ou applications (NOMBRE et DELAIS des RAPPELS) relêve d’une simplification pédagogique mais empirique SANS fondement.

    La question des populations palestiniennes, des choix est un autre sujet qui ne doit pas être pour autant éludé.

    Dr JP Bonnet



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