Jean Castex : beaucoup de bruit pour peu d’annonces

Paris, le vendredi 11 septembre 2020 - C’est un Premier ministre « cas-contact » qui s’est exprimé en fin d’après-midi avec un protocole de distanciation renforcé pour éviter tout risque de contamination et de polémiques sur le non-respect des gestes barrières lors de cette allocution.

Le Premier ministre s’était chargé de rapporter ce que lui-même et le Président de la République avaient décidé aujourd’hui à l’issue d’un Conseil de défense exceptionnel, bien loin des promesses de retour des « jours heureux ».

Notons, pour commencer, la comparaison difficile à comprendre de Jean Castex, qui filant la métaphore guerrière initiée par le Président en mars a indiqué qu’il n’y avait pas de ligne Maginot contre la Covid-19… ce que certains ont pu interpréter comme un regret bien surprenant ou d’autres comme un rappel inconscient de l’inefficacité prévisible des barrières que nous pouvons dresser face à la pandémie…

Après avoir fait le constat d’une « dégradation manifeste » de la situation épidémique et d’une menace sur les hôpitaux et les services de réanimation, le Chef du gouvernement a égrené une suite de mesures…imprécises. Il a ainsi étonné beaucoup d’observateurs qui s’attendaient à des décisions disruptives, comme l’annulation des fêtes de mariage, la limitation du nombre de contacts par personne ou des confinements locaux ou catégoriels.

Test : presque un changement de stratégie

Conformément aux demandes de « priorisation » des biologistes médicaux, le gouvernement semble prêt à changer de pied (une nouvelle fois) sur la stratégie de dépistage. Ainsi des créneaux horaires seront dédiés dans les laboratoires aux sujets prioritaires : patients symptomatiques et leurs contacts directs et soignants. En outre des barnums de dépistage seront entièrement destinés à ces sujets prioritaires.

Cependant ces déclarations restent en deçà de ce que demandent certains syndicats de médecins : le retour à l’ordonnance obligatoire pour pouvoir effectuer un test pris en charge par la Sécurité sociale afin de désengorger les laboratoires. 

Des isolements sous contrôle ?

« Pour les personnes testées positives et celles avec lesquelles elles ont été en contact, le Conseil de défense a pris deux décisions pour améliorer la surveillance épidémiologique. Première décision : 2000 recrutements supplémentaires seront effectués au sein de l'Assurance maladie et des ARS pour réaliser ce qu'on appelle le traçage. Deuxième décision, sur proposition du Conseil scientifique, la durée d'isolement sera ramenée à 7 jours, c'est à dire la durée pendant laquelle il y a un véritable risque de contagion » a également signifié le Premier ministre. Il précise aussi que les isolements donneront lieu à des « contrôles ». Sans toutefois détailler la forme qu’ils pourraient prendre et si ces isolements seront comme aujourd’hui incitatifs ou obligatoires avec sanctions à la clef en cas de non-respect et si des lieux d’isolement seraient créés. Un point d’ailleurs délicat alors que des dizaines de milliers de personnes pourraient être priées de s’isoler chaque semaine…

Jean Castex a également fait savoir que ce sont désormais 42 départements qui sont classés « rouges » dans lesquels les préfets pourront prendre des mesures sanitaires supplémentaires. D’ailleurs, concernant Marseille, Bordeaux et la Guadeloupe, le Premier ministre attend de nouvelles propositions de la part des préfets d’ici lundi.

Le Premier ministre a aussi appelé les personnes âgées à « observer la plus grande prudence au quotidien », sans, là aussi, définir un âge pivot et les formes que devrait prendre cette vigilance et jusqu’où elle devrait aller (limitation du nombre de contacts et des sorties…).

Enfin, il a communiqué sur la reprise des points d’informations réguliers, comme au plus fort de l’épidémie, il faut donc se préparer à revoir régulièrement vers 20 heures Jérôme Salomon ou plutôt Olivier Véran égrener les chiffres épidémiques.

F.H.

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Vos réactions (8)

  • Facile de critiquer

    Le 12 septembre 2020

    Qu’il est facile de réagir et critiquer sans cesse quand on est journaliste, mais qu’il doit être difficile de prendre des décisions politiques !

    Alain Szlafmyc (pharmacien)

  • Démontrer ce qu'est "le vivre ensemble"

    Le 12 septembre 2020

    Bien sûr que tout est flou et que personne ne peut donner une parole rassurante à 100%.
    Il y va de la RESPONSSABILITE de chacun.
    Même les scientifiques sont dans le plus grand trouble puisque chaque jour amène une nouvelle information qui approuve la précédente ou au contraire la dément.

    Comment un gouvernement pourrait apporter la solution ? C'est à nous, rien qu'à nous de savoir ce qui est la meilleure attitude vis à vis de soi et surtout des AUTRES. C'est le moment de démontrer ce qu'est "le vivre ensemble", beaucoup de colère, beaucoup de paroles mais pas beaucoup d'actes responsables...c'est toujours plus facile d'accuser les autres et d'incarner son malheur sur d'autrui.

    P.Baudry (IDE)

  • Confirmation

    Le 12 septembre 2020

    Parler beaucoup pour dire le moins possible, il semble bien que ce soit la recette de cet homme.
    On peut s'interroger pour savoir s'il pense vraiment autant qu'il réfléchit...

    Dr Pierre Rimbaud

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