La Covid tue, la septième vague passe et l’utilité de certaines mesures toujours discutée

Paris, le vendredi 15 juillet 2022 – La septième vague épidémique de Covid semble avoir atteint son pic en ce qui concerne le nombre de contaminations identifiées.

Ce dernier tend en effet à diminuer depuis quelques jours, avec notamment 26 % de cas en moins ce 13 juillet par rapport au mercredi précédent. Le niveau de ce pic paraît bien moindre que celui observé en janvier, mais les comparaisons restent difficiles en raison d’un nombre de dépistages également plus faible (lié à une diminution réelle du nombre de cas, au caractère souvent bénin du tableau clinique ou à la lassitude de la population).

Mortalité en progression

A l’hôpital, les heures difficiles restent encore à venir, même si comme le signalaient tant l’Institut Pasteur que le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy, aucune saturation n’est à redouter. On observe néanmoins que les hospitalisations quotidiennes progressent de 27 % et les admissions en soins critiques de 32 %.

Par ailleurs, les décès ont également connu une hausse la semaine dernière avec désormais autour de 80 morts par jour en moyenne, contre pas plus d’une quarantaine au tout début du mois de juillet.

Deuxième rappel : public éligible élargi

Cette septième vague qui devrait donc encore faire parler d’elle jusqu’au début du mois d’août en ce qui concerne l’impact sur les services hospitaliers a été marquée par une absence totale de nouvelles contraintes. Les Français auront seulement été invités à prendre « leurs responsabilités ». Le Conseil scientifique a quant à lui préconisé de faire progresser la couverture vaccinale concernant le second rappel, notamment chez les plus âgés.

Dans ce sens, la Haute autorité de Santé (HAS) a modifié mercredi en fin de journée ses recommandations quant au public éligible. Ce rappel additionnel est ainsi désormais également préconisé pour les personnes de moins de 60 ans à risque de forme grave de Covid, dont les femmes enceintes. L’absence de prise en considération de ces publics dans les recommandations précédentes avait été jugée difficilement compréhensible par le président du Conseil scientifique.

Un passe aux frontières qui laisse passer le virus

Parallèlement à la vaccination, le gouvernement paraît croire que le passe (sanitaire ou vaccinal) aux frontières doit également demeurer un outil facilement déployable. Aussi, malgré le sévère revers qu’il a dû essuyer à l’Assemblée nationale mardi, il présentera au Sénat un texte intégrant de nouveau la possibilité d’imposer un passe sanitaire aux frontières. Pourtant, la pertinence d’un tel dispositif est plus que discutée chez les spécialistes.

Il est en effet désormais certain que l’efficacité de la vaccination quant à la réduction du risque d’infection est limitée, d’autant plus quand cette vaccination remonte à plusieurs mois, compte tenu des variants actuels. Le certificat de rétablissement (qui peut également souvent faire figure de passe) semble également mal adapté, compte tenu du haut niveau de réinfection avec Omicron, possible seulement après quelques semaines.

Reste le test négatif, qui est peut-être le moins mauvais des systèmes (même s’il reste imparfait) mais que le gouvernement a refusé quand il a été proposé par un député, considérant que les Français « avaient fait l’effort de se vacciner » sans plus d’explication biologique. Aussi, les scientifiques se montrent perplexes face à l’utilité du système.

En tout état de cause, interrogé par le Parisien, Pascal Crepey (Ecole des hautes études en santé publique) remarque : « C’est seulement une fois qu’on est suffisamment informé que tel variant se propage fortement dans tel pays que les responsables politiques sont en mesure de réagir. Mais en général c’est déjà trop tard, car le variant est déjà sur notre territoire ». Une leçon probablement à retenir alors que le variant Centaure suscite aujourd’hui quelques inquiétudes.

Quid de la poignée de soignants non vaccinés ?

Il est en tout cas probable que ces réserves seront discutées lors des nouveaux débats parlementaires. Parallèlement, la question de la réintégration des soignants non vaccinés pourrait également être l’objet de nouvelles passes d’armes entre le gouvernement et les députés, notamment de la Nupes et du RN. Ce retour est loin d’être à l’ordre du jour a affirmé le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, qui a en outre voulu couper court aux fantasmes quant au nombre de personnes qui seraient concernées.

Loin des 15 000 professionnels parfois évoqués, ce sont en réalité « Sur l'ensemble du parc hospitalier public et privé, 600 infirmières sur 240.000 sont suspendues, et 75 médecins et pharmaciens,  sur 85.000 en exercice, sont concernés par cette suspension » a indiqué l’ancien ministre de la Santé, qui a ajouté que dans les Etablissements hébergeant des personnes âgées dépendantes, il s’agit de « 100 infirmières (…), soit en moyenne une pour 70 Ehpad ». Voulant donc démontrer que ces « réserves » seraient loin de permettre de résoudre les pénuries que l’on constate dans un grand nombre d’établissements, Olivier Véran a en outre une nouvelle fois défendu la pertinence scientifique de l’éviction des soignants non vaccinés en pleine septième vague.

Mais sur ce point, son successeur, François Braun pourrait bien être un peu moins catégorique que lui, puisqu’il a demandé aux différentes instances concernées de lui faire un retour rapide sur les considérations scientifiques associées à la réintégration des professionnels non vaccinés. A suivre au plus haut ou au creux de la vague.

Léa Crébat

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Vos réactions (1)

  • Retour au Dr Braun

    Le 17 juillet 2022

    Voici ma réponse à la question qu'on devrait me poser, car je suis hospitalier : je ne veux pas d'un soignant non vacciné dans mon équipe ni dans mon hôpital, et je ne lui enverrai aucun de mes patients si ledit soignant reprend le travail à l'extérieur.
    Mes raisons vous les connaissez déjà, je ne vais pas répéter un laïus, mais je vais répondre à la question qui pourrait suivre : si on m'impose un non vacciné c'est moi qui part, je ne veux pas me mettre en danger pour des raisons idiotes.

    Dr François Chassaing

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