La direction de l’AP-HP voit le bout du tunnel

Paris, le vendredi 22 septembre 2023 – Le directeur de l’AP-HP a annoncé la réouverture de 400 lits et l’embauche de 400 infirmières supplémentaires sur l’année 2023.

Nicolas Revel serait peut-être en passe de réussir son pari. Lorsqu’il a été nommé directeur de l’AP-HP, c’est à la tête d’une institution en crise que l’ancien directeur de la CNAM a été placée. Très affectée par la crise sanitaire et le mouvement de ras-le-bol des soignants, le mastodonte francilien (100 000 salariés répartis en 39 établissements) avait perdu 1 700 infirmières en quatre ans et dû en conséquence fermer 16 % de ses lits. Le nouveau directeur de l’AP-HP avait alors élaboré et présenté en décembre dernier un plan en 30 points, visant à renforcer l’attractivité de l’AP-HP, pour que les soignants veuillent venir y travailler et surtout y rester.

Neuf mois plus tard, ce plan ambitieux semblerait commencer à porter ses fruits. Lors d’une conférence de presse organisé ce mercredi, Nicolas Revel a indiqué que sur l’année 2023, les recrutements d’infirmières allait augmenter de 20 % par rapport à 2022, alors que les départs diminuent dans le même temps de 11 %. Conséquence, l’AP-HP comptera d’ici la fin de l’année 400 infirmières de plus en service. Si cette dynamique se poursuit, l’AP-HP devrait pouvoir reconstituer ses effectifs dès l’année prochaine.

200 lits supplémentaires au total en 2023

L’augmentation du nombre de soignants permet à l’AP-HP de rouvrir des lits. « Nous pensons pouvoir rouvrir 400 lits d’hospitalisations complète qui seront répartis entre 300 pour la partie médicale-chirurgie-obstétrique (MCO) et 100 pour les soins de suite et la psychiatrie » a expliqué ce mercredi Nicolas Revel. Il y aura ainsi d’ici la fin de l’année 41 lits supplémentaires à l’hôpital Bicêtre (29 en médecine interne et 12 en neurologie) ou encore 8 lits de plus dans l’unité neuro-vasculaire de l’hôpital Raymond Poincaré de Garches. Environ 200 lits ayant été fermés au cours du premier semestre, le gain net pour l’AP-HP sur l’ensemble de l’année 2023 sera ainsi de 200 lits supplémentaires.

L’arrivée de nouvelles infirmières et la réouverture de lits qui en découlent est due aux nombreuses mesures prises par l’AP-HP pour améliorer l’attractivité des carrières. L’établissement francilien a notamment signé 1 200 contrats d’allocations d’étude : une allocation mensuelle est versée aux étudiants infirmiers en échange de leur engagement à exercer à l’AP-HP pendant 18 à 24 mois.

Toujours s’agissant des étudiants, l’AP-HP a amélioré l’encadrement des stages, notamment en versant des primes de tutorat aux soignants encadrants, ce qui a permis une augmentation de 10 % des stages en 2023. D’autres mesures incitatives ont été prises, tels que l’attribution de logements (plus de 1 200 en un an) et de tickets-restaurants (depuis juin 2023) et le remplacement de 25 % du parc informatique vieillissant.

Semaine de quatre jours à l’AP-HP

Malgré ce début d’embellie, Nicolas Revel ne crie pas encore victoire et sait que des efforts doivent être fournies pour sortir définitivement l’AP-HP de l’ornière. « C’est un signal positif mais il y a des bémols car nous restons en difficulté de recrutement sur certaines professions, comme les manipulateurs radio, les infirmiers de bloc ou les sage-femmes » commente l’énarque.

Il manque notamment encore des infirmières en pédiatrie, gériatrie et en psychiatrie ainsi que des cadres de santé, des préparateurs en pharmacie et des techniciens de laboratoire. « Il nous semble avoir un début de quelque chose, mais ce sera long, cela reste fragile, on est en train de refaire du capacitaire, mais ce n’est pas du tout suffisant par rapport à ce que nous avions en 2018 ».

Pour poursuivre sur cette dynamique, l’AP-HP pourra notamment s’appuyer sur les revalorisations annoncées récemment par le gouvernement à destination des personnels travaillant la nuit et qui entreront en vigueur l’an prochain. Mais Nicolas Revel a également fait le choix d’une méthode moins orthodoxe, celle de proposer à ses équipes la mise en place d’une semaine de quatre jours, avec 8h45 de travail par jour. « Sur 72 services à qui nous avons proposé une semaine de quatre jours, à peu près 50 l’ont adopté » se réjouit Nicolas Revel.

Quentin Haroche

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