La fédération hospitalière veut le retour des gardes obligatoires… en ville

Paris, le mercredi 18 mai 2022 - Le salon Santexpo s’est ouvert par un discours de Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF), qui organise ce congrès.

Frédéric Valletoux, qui est également maire de Fontainebleau a alerté sur la situation désastreuse de l’hôpital : « des lits sont fermés dans plus de trois quarts des établissements, y compris médico-sociaux. Beaucoup de blocs tournent au ralenti et on note dans toutes les régions des fermetures services d’urgence ou SMUR, souvent temporaires mais nombreuses. La plupart des établissements publics font face à une situation critique en matière d’effectifs soignants ou médicaux. Le taux d’absentéisme est plus élevé qu’avant la crise, les difficultés à recruter sont fortes, l’intérim et ses dérives battent leur plein, et des tensions majeures existent sur les spécialités médicales assujetties aux gardes et astreintes. »

Des gardes en ville…le consensus à l’hôpital !

Pour le patron de la FHF, l’une des réponses essentielles à cette crise est l’organisation conjointe de la permanence des soins ambulatoires (PDS-A) et en établissement (PDS-E). Il appelle aussi le gouvernement à mettre en place rapidement une « obligation de participation de tous les praticiens » à la permanence des soins à l’hôpital comme en ville. Autrement dit, la FHF, se manifeste clairement pour le retour des gardes obligatoires pour les libéraux. Seuls l'âge ou l'état de santé devraient permettre d'y déroger, selon lui.

Déjà, mardi, le syndicat des managers publics de santé (SMPS) se positionnait en ce sens. Il semble donc y avoir un consensus hospitalier sur ce dossier. 

Des heures de gardes pour des généralistes déjà débordés !

Mais un tel retour en arrière (avant 2002) est-il vraiment possible alors que les enquêtes annuelles de l’Ordre des médecins sur la PDSA mettent en évidence une désaffection progressive des médecins généralistes pour les gardes. Selon les dernières données publiées par l’institution ordinale, seuls 38 % des médecins participent à la PDSA et 36 % des territoires de PDS sont couverts par moins de 10 médecins volontaires et 20 % des territoires de PDS sont couverts par moins de 5 médecins volontaires.

En outre, on le sait, les médecins généralistes libéraux, avec une moyenne de 50 heures de travail hebdomadaire (à 57 ans en moyenne pour les hommes) prennent déjà largement leur part, et ajouter des contraintes à leur exercice pourrait encore contrarier des vocations.

Les lecteurs du JIM montrent l’exemple !

Rappelons néanmoins que selon un sondage du JIM publié très récemment une écrasante majorité des professionnels de santé se disent favorables à une PDSA obligatoire, puisque 80 % se disent pour (31 % sans condition et 49 % avec une rémunération augmentée).

Dans notre enquête, les médecins généralistes s’y montraient également largement favorables, 64 % de nos lecteurs omnipraticiens se disaient prêts à s’y soumettre à condition d’une rémunération améliorée (44 %) voir sans émolument supplémentaire (20 %).

Quoi qu’il en soit, la question devrait rapidement être évoquée par le nouveau ministre de la santé, dont nous devrions connaître le nom dans quelques heures.

F.H.

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Vos réactions (2)

  • Un pourboire supplémentaire peu motivant

    Le 18 mai 2022

    Autrefois... les gardes étaient faites bien que mal payées.
    Puis l'assiduité et surtout la charge de travail a rendu difficile ce service.
    Les services de garde libéraux indépendants ont tenté vaille que vaille à se substituer aux médecins libéraux pour assurer une garde. Puis les ARS y ont mis leur grain de sel et/ou de sable. Les gardes ont été que maigrement revalorisées malgré les demandes insistantes des médecins libéraux.
    Aujourd'hui nous est donné un pourboire supplémentaire peu motivant.

    Les "instances" qui ont eu pourtant plusieurs décades pour réfléchir et triturer leurs tableurs n'ont toujours pas pris la décision de PAYER à leur JUSTE PRIX les gardes. Ces mêmes instances dans leurs réflexions probablement issues d'esprits embués n'ont pas encore saisi la problématique. Une garde effectuée = un repos compensateur le lendemain par conséquent le jour de garde effectué + le jour de récupération = un revenu couvrant ces deux périodes. Nous ajouteront que les indemnités de NUIT, FERIES ET DIMANCHE devaient être doublées et indexées tout comme l'indemnité de garde (astreinte) pour retrouver une certaine attractivité.

    Le discours grandiloquent du brave Frédérique VALLETOUX ne vaut pas grand chose pour apporter des solutions constructives à la situation engendrée par l'inertie pesante des institutions.

    Dr Pierre Lassalle

  • Indemnités

    Le 20 mai 2022

    Tout à fait d’accord Dr Lassale .
    Sans oublier que pour les infirmiers libéraux les gardes de nuit pour perfusions et soins Palliatifs ne sont absolument pas rémunérés sauf si nous nous déplaçons !
    On ne s’y prendrait pas mieux pour tuer une profession qui pourtant a fait la preuve de son efficience depuis bien longtemps.

    Marie-Claude Milhau (Infirmière 40 ans d’exercice)

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