La gestion de l’INSERM n’est pas « à la hauteur de ses ambitions », selon la Cour des comptes

Paris, le mardi 24 janvier 2023 - La Cour des comptes a publié ce lundi son rapport sur les comptes et la gestion de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) et de sa filiale, INSERM Transfert. Le document met notamment en avant la gestion morcelée de l’Institut et l’illisibilité du fonctionnement d'INSERM Transfert.

Un positionnement de l’INSERM compliqué du fait d’un « fonctionnement cloisonné » et une « illisibilité » d’INSERM Transfert : ce sont les deux éléments qui ressortent notamment du rapport publié par la Cour des comptes ce lundi 23 janvier. Malgré une situation financière qui soulève quelques points de vigilance, les magistrats ont également salué la qualité des publications de l'institut.  

Un excellent impact des publications, mais des faiblesses dans la gestion et les comptes

La Cour des comptes ne tarit pas d’éloges à l’égard de l’INSERM : les sages de la rue Cambon soulignent tout d’abord « l’impact de ses publications, tout domaine confondu, supérieur à la moyenne mondiale ». Même si les activités de recherche de l’Institut comportent des marges de progression, les réalisations restent donc de qualité.

En revanche, les magistrats financiers indiquent qu’il existe plusieurs limites dans le fonctionnement de l’institut. Dans un premier temps, ils regrettent que les pouvoirs publics, et notamment le ministère de l’Enseignement supérieur, n’aient pas pris en main les « problèmes fondamentaux que soulève la fragmentation du paysage institutionnel de la recherche en santé ». Une multiplicité des organismes qui ne permet pas à l’INSERM de tirer le meilleur parti de la plus-value de ses activités de recherche. D’autre part, le rapport insiste sur la « nécessité de faire évoluer le positionnement et le rôle de l’INSERM » pour éviter de se retrouver, en cas de nouvelle crise, dans la « même situation de défaillance que celle observée pendant la pandémie de Covid-19 ».

Côté financier, la Cour des comptes constate des faiblesses, surtout dans l’organisation de la chaîne financière et comptable et dans la gestion des ressources humaines. Sur la période passée en revue (2015 à 2021), quatre exercices étaient déficitaires et deux « pratiquement à zéro ». En revanche, le résultat pour 2021 était fortement excédentaire. Les magistrats indiquent d’ailleurs que l’INSERM pourrait améliorer sa capacité à obtenir des financements européens.

INSERM Transfert doit ouvrir sa gouvernance pour gagner en lisibilité... et aller plus vite!

Également examinée par les sages de la rue Cambon, INSERM Transfert est une filiale de l’INSERM spécialisée dans le transfert de technologie et dans la recherche de financements collaboratifs.

Si le bilan des activités de cet institut est globalement conforme aux objectifs fixés en matière de valorisation et d’innovation, son fonctionnement reste largement « illisible » pour les industriels et les chercheurs, soulignent les magistrats financiers dans leur rapport.

La Cour des comptes recommande donc à l’INSERM de « mieux définir les modalités d’articulation entre sa stratégie nationale de valorisation, portée par INSERM Transfert, et l’échelon national ». De même, les magistrats indiquent qu'INSERM Transfert devrait ouvrir sa gouvernance à ses partenaires.

Enfin, le rapport fait part des délais de contractualisation trop longs. Différents interlocuteurs (industriels, dirigeants, fondateurs de startup, chercheurs, partenaires académiques…) se sont effectivement « unanimement plaints des délais de négociation avec la filiale », soulignant au passage que les discussions étaient compliquées et trop longues, et que cela constituait un « frein à l’innovation ». Des axes d’amélioration sur lesquels devront donc travailler l’INSERM et sa filiale.

Raphaël Lichten

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article