La vague est là

Paris, le vendredi 27 mars 2020 - Édouard Philippe, l’air grave, a annoncé ce matin dans la cour du ministère de l’intérieur : « la vague extrêmement élevée (…) déferle sur la France ». Aussi, prédit-il : « La situation va être difficile pendant les jours qui viennent (…) Nous nous installons dans une crise qui va durer, dans une situation sanitaire qui ne va pas s'améliorer rapidement. Il va falloir tenir » a exhorté le Premier ministre après une visioconférence avec l'ensemble du gouvernement.

La vague, certains l’éprouvent déjà tandis que d’autres s’y préparent avec vigilance et appréhension.

« Efforts surhumains »

Dans les hôpitaux de l’AP-HP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris), on recensait 1 154 personnes en réanimation hier, pour une capacité normale de 1 200 lits… Si les capacités dans la région parisienne ont été portées à 2000 places selon l’ARS (Agence régionale de santé) d’Ile de France, la situation reste critique... Un drame humain symbolisé par la mort de Julie, 16 ans, à l’hôpital Necker. Une jeune patiente, sans comorbidités et qui ne présentait que des symptômes mineurs quelques jours avant d’être hospitalisée. 

Martin Hirsch directeur de l’AP-HP, qui a déjà sonné l’alarme en début de semaine, parle désormais des « efforts surhumains » de ses équipes.

Troisième groupe hospitalier de France, l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM) indique pour sa part attendre « la vague » avant un pic début avril, où les capacités de prise en charge en réanimation pourraient être dépassées.

« Pour le moment la sollicitation est encore en-dessous de ce que nous attendons », a déclaré jeudi lors d'un point presse téléphonique le directeur général de l'AP-HM, Jean Olivier Arnaud. L'afflux « va vraisemblablement commencer dans les 72 heures » et atteindre « son maximum en fin de semaine prochaine », a-t-il ajouté. Selon le modèle mathématique employé par l'AP-HM, les hôpitaux marseillais devraient alors « arriver à la limite de (leurs) capacités de réanimation ».

Pour ne pas être submergé par cette vague, l’augmentation des dépistages est encore une fois essentielle. Aussi, de nombreux dispositifs sont déployés, tels, comme on l’a vu dans d’autres pays, des tests en drive-in. Dans les semaines à venir, la DGS a promis de tripler nos capacités, passant de 9000 à 29 000 dépistages par PCR par jour. Mais pour l’heure, seul le recours à des « des automates » a été évoqué par le Pr Salomon pour relever ce défi, alors que la France connaît des pénuries de réactifs et même d’écouvillons.

Marlène Augustin

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article