Laissez-faire ou restrictions : l’Europe divisée face à Omicron

Paris, le mardi 28 décembre 2021 – Alors que les restrictions sanitaires font leur retour dans la plupart des pays européens, la France a fait le choix d’un libéralisme mesuré.

L’exécutif français a tranché : face à la flambée épidémique actuelle et au variant Omicron, des mesures drastiques ne sont pas nécessaires. Lors de son intervention de ce lundi soir, le Premier Ministre Jean Castex n’a annoncé ni couvre-feu, ni report de la rentrée scolaire, ni jauge généralisée, au grand dam de certains médecins et épidémiologistes qui réclamaient des décisions fortes. Pour combattre Omicron, le gouvernement a donc décidé de prendre des mesures relativement « libérales » : passe vaccinal et retour des jauges (mais uniquement pour les grands évènements) et du masque à l’extérieur (seulement dans les centres-villes).

La France s’est donc rangée du côté des libéraux. Comme depuis le début de l’épidémie, le cas Omicron oppose alarmistes et rassuristes, enfermistes et libéraux. Les optimistes préfèrent insister sur la moindre virulence de ce nouveau variant tandis que les pessimistes se concentrent sur sa plus grande contagiosité. Et les États européens vont et viennent au rythme des vagues épidémiques, passant d’un camp à l’autre.

Confinement aux Pays-Bas, « désobéissance pacifique » en Belgique

Dans le camp des prudents, on retrouve notamment l’Autriche. Le pays a connu un confinement total durant le mois de novembre dû à la vague Delta. Depuis le 12 décembre, seuls les vaccinés sont déconfinés, puisque les non-vaccinés ne peuvent sortir de chez eux que pour travailler et acheter des biens essentiels. Le parlement autrichien planche également sur un projet d’obligation vaccinale. Aux Pays-Bas, l’intégralité des habitants sont confinés depuis le 19 décembre dernier et jusqu’au 14 janvier au moins. Tous les magasins non-essentiels et les lieux de loisirs et de cultures sont fermés, tandis que la rentrée scolaire a été repoussée d’une semaine.

En Belgique, le gouvernement a pris la décision de fermer les théâtres et les cinémas du pays, tandis que les cafés et les restaurants peuvent rester ouverts jusqu’à 23h seulement. Une décision qui passe mal chez une partie de la population. Ce dimanche, ils étaient plus de 5 000 dans les rues de Bruxelles à protester contre cette mesure, qui n’a aucune base scientifique selon ses détracteurs. Il est vrai que selon les statistiques épidémiologiques, les lieux culturels ne sont pas les plus à risque de contamination. Les experts scientifiques qui conseillent le gouvernement n’avaient d’ailleurs pas préconisé la fermeture des lieux culturels. Plus de 80 théâtres et cinémas ont annoncé qu’ils refuseraient de fermer, dans un esprit de « désobéissance pacifique ». Les autorités ont annoncé que les récalcitrants ne seraient pas poursuivis !

Le Royaume-Uni et la Suède, championnes d’Europe du libéralisme

Dans le camp des libéraux (on des inconscients selon votre opinion), il y a, comme souvent, le Royaume-Uni. Premier pays européen touché par le variant Omicron, le royaume est aussi le premier à avoir constaté la plus faible létalité très probable de cette nouvelle souche du Sars-Cov-2. Actuellement empêtré dans une crise politique qui pourrait lui couter son poste, le Premier Ministre Boris Johnson a annoncé qu’aucune nouvelle mesure de restriction ne serait prise pour endiguer la vague Omicron et ce alors que près de 120 000 Britanniques sont contaminées chaque jour. Mais les champions d’Europe du libéralisme sont comme souvent les Suédois. Seule nouvelle mesure en vue, la mise en place d’un test obligatoire pour entrer dans le pays. Il faut dire que le royaume a le taux d’incidence le plus faible d’Europe.

Nicolas Barbet

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