L’Allemagne opte pour un confinement limité

Berlin, le vendredi 30 octobre 2020 – Face à la hausse du nombre des contaminations, l’Allemagne a décidé de mettre en place un confinement limité. Alors que les restrictions se multiplient en Europe, l’Union Européenne tente de coordonner la lutte contre l’épidémie.

« Les Allemands prennent les mêmes mesures que nous » déclarait ce jeudi sur les antennes de France Inter Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale. En effet, presque au même moment où le Président de la République Emmanuel Macron annonçait ce mercredi le re-confinement de l’ensemble du territoire, en Allemagne, la chancelière Angela Merkel opérait un durcissement drastique des mesures sanitaires. Mais contrairement à ce qu’affirme le président de l’Assemblée Nationale, le confinement allemand est bien moins strict que celui mis en place en France.

Les Allemands exemptés d’attestation dérogatoire

Dans le détail, la chef du gouvernement allemand a décidé de fermer l’ensemble des lieux culturels du pays (musées, cinémas, théâtres) ainsi que les bars, restaurants et salles de sport à partir de ce lundi et pour tout le mois de novembre. Les écoles et les commerces restent ouverts. Les rassemblements de plus de 10 personnes, en public comme en privé, sont interdits. En revanche, si les Allemands sont incités à limiter leur déplacement à l’essentiel, ils n’ont pas d’interdiction formelle de sortir de chez eux et n’auront pas à se procurer des attestations de sortie dérogatoire.

Avec l’accord des gouvernements des 16 Landers allemands, Angela Merkel a obtenu que ces mesures soient mises en place uniformément dans l’ensemble de l’Allemagne. Ce jeudi, devant les députés allemands, elle a expliqué que ces mesures « strictes et pénibles » avaient pour but « d’aplatir la courbe pour que la recherche des contacts puisse être à nouveau effectuée ». Le nombre de contaminations a explosé ces derniers jours en Allemagne : près de 19 000 cas ont été détectés ce jeudi contre environ 2 500 au début du mois. La situation allemande reste toutefois bien meilleure que dans la plupart des pays d’Europe : seulement 10 500 Allemands sont morts depuis le début de la pandémie, pour 83 millions d’habitants.

Angela Merkel a également profité de cette prise de parole pour dénoncer ceux qui minimisent la gravité de l’épidémie. « Les mensonges, la désinformation et les théories du complot portent atteinte au débat démocratique et à la lutte contre le virus » a-t-elle déclaré devant les députés, provoquant la colère des membres de l’AFD, parti d’extrême-droite désormais frontalement opposés aux restrictions sanitaires. « Le gouvernement a imposé les restrictions des libertés les plus sévères dans l’histoire de notre république » a affirmé le président du parti Alexander Gauland.

L’Union Européenne tente de coordonner la lutte contre l’épidémie

La France et l’Allemagne sont loin d’être les seuls pays à renforcer leurs mesures de restriction pour tenter d’atténuer une deuxième vague qui touche désormais tous les pays d’Europe. Au milieu de cette relative cacophonie, l’Union Européenne tente, tant bien que mal, d’apporter sa pierre à l’édifice. Ce jeudi, la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé qu’elle allait mettre 220 millions d’euros sur la table pour financer les transferts entre pays de patients en réanimation. Elle a également milité pour la mise en place d’une politique vaccinale commune afin que les futurs vaccins soient disponibles « en même temps et dans les mêmes conditions » pour les 27 États membres.

Dans la lignée du discours d’Angela Merkel, la présidente de la Commission Européenne s’est également dit opposé à une fermeture totale des frontières inter-européennes, comme ce fut le cas lors de la première vague du printemps. Enfin, Mme von der Leyen a également annoncé qu’un processus assurant l’interopérabilité des applications de « contact traçing » des différents États membres est en train de se mettre en place. A terme, le « système passerelle » européen réunira 22 applications différentes. Mais l’application française « Tous anti Covid » ne sera pas intégré à ce système : les Français habitant dans des zones frontalières sont invités à télécharger l’application de traçage du pays voisin en plus de « Tous anti Covid ».

Nicolas Barbet

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