Le blues des PH ne se dissipe pas

Paris, le jeudi 25 mai 2023 – Un sondage réalisé auprès des PH illustre leur désarroi face à l’état du système de santé et au manque d’initiative du gouvernement.

Les relations entre le gouvernement et les praticiens hospitaliers (PH) sont assez mauvaises en ce moment, c’est le moins qu’on puisse dire. Les PH avaient déjà le sentiment désagréable qu’on leur demande de faire toujours plus avec moins et que rien n’est fait pour endiguer la crise de l’hôpital public. L’encadrement de la rémunération des médecins intérimaires qui a encore réduit les effectifs disponibles ainsi que la suspension des négociations entre le gouvernement et les syndicats de PH la semaine dernière n’ont pas amélioré ce climat délétère.

En première ligne dans ce combat pour obtenir des améliorations de leurs conditions de travail, le syndicat Actions Praticiens Hôpital (APH), qui regroupe les syndicats Avenir Hospitalier (AH) et la Confédération des praticiens des hôpitaux (CPH), a réalisé une consultation auprès de 5000 PH au cours du mois d’avril sur la situation à l’hôpital, la question de l’attractivité et le regard qu’ils portent sur la politique du gouvernement concernant la santé. Une enquête d’opinion intitulée « To be or not to be praticien hospitalier ? » dont les résultats illustrent le grand mécontentement des PH face à la situation actuelle.

Les médecins hospitaliers se montrent ainsi peu satisfaits des différentes mesures prises récemment pour augmenter leur rémunération. Ils sont ainsi 92 % à estimer que les accords de Ségur n’ont pas amélioré leurs conditions d’exercice et 93 % à penser que la revalorisation des gardes via la mission flash est insuffisante. S’agissant de l’organisation du travail, ils sont 90 % à rejeter le système du décompte du temps de travail en demi-journée et 88 % qui désapprouvent le mode de désignation actuel des chefs de pôles et de services.

APH ne se contente pas de recueillir les complaintes des PH. Le syndicat les a également interrogé sur les différentes propositions faites par le syndicat ces dernières années pour améliorer les conditions de travail des PH et renforcer l’attractivité du métier. Sans surprise, ces propositions reçoivent un large assentiment: ils sont 90 % à vouloir que leur temps de travail soit décompté en heures et non en demi-journée, 93 % qui veulent que le samedi matin soit intégré à la permanence des soins, 93 % qui souhaiteraient que la permanence des soins soit revalorisée à hauteur de 500 euros net par garde et entre 150 et 400 euros net pour une astreinte, 83 % à vouloir une organisation plus « démocratique » où les chefs de pôle et de service seraient choisis par leurs pairs.

Fort de ce soutien populaire, APH met en avant une douzaine de propositions à destination de l’exécutif, tel notamment une revalorisation des salaires permettant à tout PH d’atteindre le plafond des contrats de type 2 (des contrats plus avantageux offerts en cas de difficulté de recrutement) ou encore la redéfinition des obligations de service à 39 heures par semaine. Des mesures qui, selon le syndicat, peuvent être financées par les économies dégagées grâce à l’encadrement de l’intérim médical ou une augmentation de l’ONDAM hospitalier. « Il y a urgence à redonner envie de devenir et de rester praticien hospitalier, il y a urgence à ce que l’exécutif accorde ses violons pour répondre à l’engagement du Président de la République » écrit le syndicat, évoquant les vœux aux professionnels de santé du chef de l’Etat du 6 janvier dernier, qui ont créé un grand espoir chez certains hospitaliers, pour le moment déçu.

L’exécutif entendra-t-il ces revendications, qui sont pour certaines de très longue date ? Aucune date n’a pour l’instant été donnée pour la reprise des négociations entre le gouvernement et les syndicats de PH, alors même que les questions à évoquer (rémunération, permanence des soins, évolutions des carrières, retraite…) sont nombreuses et complexes et que les PH demandent des actes concrets rapidement.

Grégoire Griffard

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