Le lourd impact psychologique de l’épidémie sur les internes

Paris, le vendredi 22 mai 2020 – L’Intersyndicale nationale des internes (l’ISNI) a conduit une enquête auprès des internes pour sonder leur état psychologique pendant la crise du Covid-19.

L’étude a été menée via un questionnaire en ligne, basé sur des échelles psychologiques, auprès de 892 internes entre le 20 mars et le 11 mai 2020 et comparée aux résultats d’une précédente enquête conduite en 2017. Les deux échelles utilisées étaient, pour l’anxiété et la dépression l’HADS (Hospital Anxiety and Depression scale) et pour le stress post-traumatique, l’ESPT (Echelle de l'état de stress post-traumatique).

Au total, 47,1 % des internes présentent des symptômes d’anxiété, 18,4% des symptômes dépressifs et 29,8% de stress post-traumatique.

Dans le détail, 76,5 % des internes en médecine générale présentent une anxiété caractérisée (vs 62,2 % en 2017), 67,3 % des internes en chirurgie (vs 60,5 en 2017), 69 % des internes en médecine d’urgence et en anesthésie-réanimation (vs 59,9 % en 2017) et 68,5 % en psychiatrie (vs 60,3 % en 2017).

L’évolution est encore plus marquée concernant la dépression.

Ainsi, 41,5 % des internes en médecine générale présentent des symptômes dépressifs (vs 23,8 % en 2017), 38,2 % des internes en chirurgie (vs 24,8 % en 2017), 35,4 % des internes en médecine d’urgence et en anesthésie-réanimation (vs 17,2 % en 2017) et 30,6 % en psychiatrie (vs 25,3 % en 2017).

L’ISNI conclut : « l’épidémie a été très anxiogène pour les internes. L’arrivée d’un virus inconnu, la réalisation de nouvelles prise en charge de patient dans des états graves, la surcharge de travail, le manque d’encadrement, de test de dépistage et de matériel de protection a accru le stress de ces jeunes professionnels ».

Xavier Bataille

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Vos réactions (2)

  • Données pour les internes en biologie médicale ?

    Le 22 mai 2020

    Avons-nous des chiffres pour les internes en biologie médicale ?

    Pr H Copin

  • Pas étonnant

    Le 22 mai 2020

    L'intensité de l'impact ne paraît pas étonnante si l'on se considère que les Internes étaient fragilisés dès avant la crise COVID-19, ce que j'ai observé depuis plus de 20 ans chez les Internes en médecine générale, en tant que maître de stage.

    A noter que diverses structures proposent une prise en charge de ces impacts, notamment une association de thérapeutes qui propose gratuitement une décontamination de groupe par vidéo-conférence, l'Association Francophone d'HTSMA (afhtsma.org). A faire savoir!

    Dr Michel Lamarlere

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