Le retour des beaux jours…et des restrictions sanitaires ?

Paris, le vendredi 24 juin 2022 – La hausse actuelle des contaminations par le SARS-CoV-2 incite certains médecins à réclamer le retour de restrictions, dont le port obligatoire du masque.

Comme au bon vieux temps, serait-on presque tenté de dire. Des contaminations et des hospitalisations qui montent, l’inquiétude qui grandit et des débats sans fin sur l’utilité ou l’inutilité de tel ou tel mesure sanitaire. La France est actuellement touchée par une septième vague épidémique de Covid-19, alors même que la quasi-totalité des restrictions sanitaires ont été levés le 16 mai dernier (seule reste l’obligation du port du masque et le passe sanitaire à l’hôpital).

Début d’une nouvelle vague hospitalière

Dynamisées par l’arrivée de deux nouveaux sous-variants d’Omicron venus d’Afrique du Sud, BA4 et BA5, les contaminations sont en nette hausse, passant de 18 000 cas par jour en moyenne hebdomadaire fin mai à 58 000 actuellement. Ce mardi, 95 000 tests positifs ont été comptabilisés en 24 heures, du jamais vu depuis deux mois. Le rebond épidémique commence doucement à toucher l’hôpital : 670 patients Covid-19 positifs sont admis chaque jour à l’hôpital et le nombre de personnes hospitalisées est en hausse de 1 % sur une semaine. Rappelons tout de même qu’on estime que plus de 40 % des patients hospitalisés sont en réalité des Covid fortuits admis à l’hôpital pour une autre raison et que les chiffres sont, pour le moment, bien moins alarmant que lors des vagues précédentes. En effet, actuellement, on compte 14 500 hospitalisés dont 840 en soins critiques contre 25 000 hospitalisés dont 1 600 en soins critiques en avril.

Si la situation reste donc sous contrôle, certains observateurs s’inquiètent des conséquences possibles de cette nouvelle vague, d’autant plus que les hôpitaux risquent de manquer de bras cet été. Des voix se font ainsi de plus en plus pressantes pour rétablir certaines restrictions sanitaires et notamment le port du masque obligatoire dans les transports en commun. L’épidémiologiste Pascal Crepey ou le président de la FHF Frédéric Valletoux se sont dits favorables au rétablissement de cette mesure mais également le Pr Alain Fischer, président du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (COSV) (bien qu’il ait précisé que cela ne relevait pas de sa compétence !). Rappelons tout de même que bien que le port du masque FFP2 y soit obligatoire dans les transports, l’Italie a vu le nombre de contaminations quotidiennes multiplié par 2,5 en trois semaines.

Brigitte Bourguignon sur le départ mais en première ligne

Mais pour le moment, aucun retour des restrictions ne semble au programme pour le gouvernement. Ministre de la santé sur le départ (battue aux élections législatives, elle doit quitter le gouvernement), Brigitte Bourguignon a affirmé ce jeudi que « l’idée n’était pas de revenir à des mesures plus contraignantes pour l’instant » mais plutôt « d’en appeler plutôt à la responsabilité de chacun ». Consciente que la situation peut évoluer rapidement, elle a tout de même tenu à préciser que « le gouvernement ne s’interdit rien, par exemple considérer un retour du masque dans les transports ». Son prédécesseur Avenue de Ségur, Olivier Véran, a tenu le même discours rassurant, considérant qu’il n’y avait pour le moment « pas d’inquiétude excessive » à avoir.

Le gouvernement examinera d’ailleurs mercredi prochain un nouveau projet de loi sanitaire. Si son contenu précis est encore inconnu, il devrait a priori faire entrer dans le droit commun certaines mesures de l’état d’urgence sanitaire, qui prendra fin le 31 juillet. Le gouvernement conservera ainsi la possibilité de rétablir des « mesures de freinage » selon la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire, dont le port obligatoire du masque en intérieur, mais pas le passe vaccinal. Reste à savoir si une telle loi sera votée, alors que le gouvernement ne dispose plus de majorité au Parlement, contrairement à ce qu’il en était durant la crise sanitaire.

Pour le moment, les autorités préfèrent donc miser sur l’administration d’une deuxième dose de rappel aux personnes âgées pour limiter l’épidémie et surtout ses conséquences. Après avoir reçu sa quatrième dose devant les caméras, Brigitte Bourguignon a appelé à « intensifier la vaccination », qu’elle a qualifié d’« arme la plus utile » contre la Covid-19. A l’heure actuelle, seulement 26 % des 60-79 ans éligibles et 30 % des plus de 80 ans éligibles se sont faits de nouveau vaccinés et seulement 40 000 doses sont administrées chaque jour.

Quentin Haroche

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Vos réactions (2)

  • La grippette de Raoult

    Le 24 juin 2022

    "Je me fais taper dessus dès que je parle dans une vidéo. L'épidémie pourrait disparaître au printemps, je le disais il y a quelques semaines déjà, je ne regrette rien, je le répète", assura Raoult.

    Pour pour être certain que le bon peuple l'entendit, notre têtu alors d'en rajouter : «L’épidémie pourrait disparaître au printemps, je le répète» (Le Parisien 15 avril 2020)
    NB : de quelle année lui avais je alors demandé ? pas de réponse pour les gueux !

    Le 21 avril Panoramix, annonça tranquillement : "Dans 1 mois, il n'y aura plus aucun nouveau cas".
    Et le village gaulois de célébrer son druide ! lequel venait de nous sortir sa potion magique (pseudo idée pompée qqes jours auparavant sur une publication chinoise de février !).
    Moralité : face à un virus totalement inconnu, mieux vaut être simple praticien (lire, analyser tout ce qui s'écrit sur le sujet et réfléchir) que monsieur je sais tout et qui veut être le premier!
    Ite missa est.

    Dr ACR (ex pharmacien industriel)

  • Le vaccin est dirigé contre la souche de 2020

    Le 26 juin 2022

    Ce n'est pas la première fois que ce qui se passe dans ce pays finit par arriver en France avec quelques semaines de décalage.
    Pourquoi pas le retour du masque,...avec les chaleurs qu'il fait.

    Mais pour ma part NON à la seconde dose de rappel, vu la brièveté de la montée des anticorps (on ne sait quasiment rien sur l'immunité cellulaire). Surtout tant que le vaccin est dirigé contre la souche de 2020.
    Et que, il suffit de consulter les sites de pharmacovigilance, et de lire la littérature (difficile de faire la part des revues partiales et/ou predatrices), un certains nombre de patients ont vu suite à chaque vaccin ARN se réactiver certains symptômes immuns post-covid.
    Les premières revues qui font état d'un suivi de 2 ans pour les patients confirment une protection contre les formes graves mais font aussi état d'effets secondaires gênants des vaccins (polyarthrite, myocardite,....). Et surtout, elles montrent que quasiment aucun organe n'est épargné par l'infection (SN, œil, peau, poumon, vaisseaux, tube digestif, urinaire .....). En résumé la maladie n'est jamais anodine, mais les vaccins adaptés à la variété initiale du virus ne sont plus à la hauteur en termes de bénéfices/risques.

    Pr André Muller (73 ans, Covid mars 2020 avec 6 mois difficiles, 3 vaccins Pfizer avec réactivation des signes neuropathiques et digestifs, plus un rappel, et malgré tout Omicron en 2022, mal supporté. Alors pour moi pas de second rappel.)

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