Les anticorps monoclonaux peu ou pas efficaces contre Omicron… mais une bonne nouvelle pour les immunodéprimés

Paris, le jeudi 6 janvier 2021 - L’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) a évalué l’efficacité contre le variant Omicron des anticorps monoclonaux disponibles dans la Covid…Le résultat est décevant.

Rappelons que trois traitements à base d’anticorps monoclonaux font l’objet d’une autorisation en accès précoce en France pour la prise en charge des personnes à haut risque de forme grave de la maladie Covid-19 : le Ronapreve (casirivimab/ imdevimab, Roche/Regeneron), l’Evusheld (tixagévimab/cilgavimab, AstraZeneca) et le Bamlanivimab/etesivimab (Lilly).

Deux inefficaces et un peu efficace

Le Bamlanivimab/etesivimab présente une activité non optimale sur le variant Delta et est inactif sur le variant Omicron. Son autorisation temporaire d’utilisation est d’ailleurs suspendue depuis le 31 décembre 2021 ; celle du bamlanivimab (seul), qui n’était plus utilisé depuis la mise à disposition de cette combinaison d’anticorps a, quant à elle, « été définitivement clôturée ».

Le Ronapreve est actif contre le variant Delta mais pas sur le variant Omicron. Ce traitement doit donc « être réservé aux cas d’infection par le variant Delta. En cas d’infection par le variant Omicron, Ronapreve ne doit pas être administré » précise l’agence. Un criblage doit donc être réalisé avant l’administration de Ronapreve. « Toutefois, dans le contexte actuel, compte tenu des délais parfois très longs pour obtenir les résultats des tests de criblage, un accès au Ronapreve pourra être envisagé au cas par cas au regard de la situation épidémiologique au niveau local après accord de l’ANSM via une autorisation d’accès compassionnel » détaille l’ANSM.

L’Evusheld est actif contre le variant Delta et conserve une activité neutralisante malgré une perte partielle d’activité sur le variant Omicron.
En prophylaxie pré-exposition, seul Evusheld peut être utilisé en raison de la présence désormais majoritaire du variant Omicron. « Pour les personnes ayant déjà bénéficié d’une prophylaxie pré-exposition par Ronapreve, le passage à Evusheld doit être fait le plus rapidement possible, ou au plus tard un mois suivant la dernière injection de Ronapreve ».

Les immunodéprimés appellent à l’aide

Les patients immunodéprimés étaient les principaux bénéficiaires de ces traitements en prophylaxie de l’infection par le SARS-CoV-2. Dans ce contexte, six associations représentant des patients immunodéprimés ont lancé un appel à l’aide au président de la République dans le Journal du Dimanche.

Elles écrivent : « un véritable drame humain se joue en ce moment même ».

Pour l’amenuir, ces organisations recommandent que les personnes sévèrement immunodéprimées fassent désormais l'objet « de messages de prévention larges, portés par l'Etat et relayés par les médias, les appelant à se protéger, y compris par un auto-confinement transitoire, mais aussi destinés à faire connaître au grand public la nécessité de la protection solidaire à leur apporter. Des masques FFP2 pris en charge doivent leur être proposés. Leurs employeurs, publics et privés, doivent être sensibilisés afin d'accompagner leur maintien à domicile, via le télétravail ou le chômage partiel. (…) Afin d'optimiser la prise en charge des patients immunodéprimés contaminés, des conditions prioritaires et sécurisées d'accès aux tests en cas de symptômes sont nécessaires. Dans l'attente de la disponibilité du Sotrovimab et du Paxlovid, des alternatives thérapeutiques doivent être rapidement recherchées : accès dérogatoire à Evusheld en curatif, recours à du plasma de convalescents, etc ».

La possibilité d’administrer Evusheld après prescription hospitalière au domicile du patient annoncée il y a deux jours par la Direction générale de la Santé constitue une première réponse importante et qui a été largement saluée.

X.B.

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