Les infirmiers en colère…mais l’herbe n’est pas plus verte ailleurs

Genève, le jeudi 23 juin 2022 – Les revendications des infirmiers sont en augmentation dans le monde entier selon le Conseil international des infirmières, signe d’une crise mondiale des systèmes de santé.

L’herbe n’est pas plus verte ailleurs. En France, les infirmiers organisent régulièrement des manifestations ou des grèves pour exiger des augmentations de salaire, une amélioration de leur condition de travail et une meilleure reconnaissance du service rendu. Dernière action en date le 7 juin, quand plusieurs syndicats et collectifs hospitaliers ont appelé le personnel hospitalier à la grève pour protester contre la situation dégradée de l’hôpital public.

Mais la France est loin d’être un cas à part. Partout dans le monde, les infirmiers manifestent, font la grève, démissionnent pour protester contre leur situation. Un « accroissement alarmant des revendications revendicatives des infirmières symptôme de la crise mondiale des systèmes de santé » selon le Conseil international des infirmières (CII), basé à Genève.

Démissions de masse en Finlande, grèves en Allemagne et en Espagne

En Finlande, le bras de fer entre les deux principaux syndicats infirmiers et le gouvernement dure depuis deux mois. Les infirmiers enchainent les mouvements de grève, pour demander des augmentations de salaire et le recrutement de personnel, mais aussi pour protester contre un projet de loi qui vise à mettre en place un service minimum particulièrement strict qui limiterait fortement le droit de grève selon les syndicats. Les autorités demeurant pour le moment inflexibles, les infirmiers finlandais menacent désormais de lancer un mouvement de démission de masse à l’automne, un projet qualifié de « totalement irresponsable » par le gouvernement.

Au Danemark, le système de santé garde encore les stigmates de la grève de 2021, la plus longue grève des infirmiers de l’histoire du pays (70 jours). Si les infirmiers ont obtenu des augmentations de salaire, l’association danoise des infirmières (ADI) menace d’un nouveau mouvement social si les conditions de travail ne sont pas rapidement améliorées. A l’heure actuelle, 10 % des postes d’infirmiers sont vacants au Danemark. Non loin de là dans la région de Rhénanie-du-Nord Westphalie en Allemagne, les 2 500 infirmiers de la région sont en grève depuis plus d’un mois. Aux Etats-Unis, une étude de 2021 avait montré que la moitié des grèves aux Etats-Unis concernent des agents hospitaliers. Enfin à Madrid en Espagne, les infirmiers se sont mis en grève samedi dernier pour alerter sur la hausse des agressions physiques et verbales dont ils sont victimes.

Un manque de 6 millions d’infirmiers

Nouvelle-Zélande, Ouganda, Ecosse, Inde, Turquie : la planète entière est concernée par cette colère généralisée des infirmiers, épuisés par deux ans de pandémie et qui désespèrent de voir leur sort s’améliorer. « L’action revendicative des infirmières constitue toujours un dernier recours mais il n’est pas surprenant que cela se produise, étant donné l’état des systèmes de santé où elles exercent qui ne leur permettent pas de dispenser les soins de qualité qu’elles souhaitent » commente Pamela Cipriano, présidente du CII.

L’ONG estime qu’il manquait en 2019 18 millions de soignants dans le monde, dont 6 millions d’infirmiers, la pandémie ayant probablement aggravé les choses. La pénurie de personnel, « plus grande menace pour la santé mondiale » selon le CII, entraine un cercle vicieux, puisqu’elle « créé une pression insoutenable sur les infirmiers travaillants actuellement » et favorise donc les démissions. Sans surprise, le CII demande donc aux gouvernements d’investir massivement dans la santé, « le financement largement insuffisant ayant conduit à l’absence de rémunération juste, à des pénuries et à des risques accrus pour la sécurité des patients ».

Quentin Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Pas plus verte mais moins sèche

    Le 23 juin 2022

    En Suisse oui meilleurs salaires et meilleures conditions de travail.
    Tant mieux s’il y a des démissions massives et des grèves cela doit changer profondément.
    Car nous sommes indispensables !

    Anna Cannavacciuolo (IDE)

Réagir à cet article