Les internes niçois sont en colère et le font savoir

Nice, le mercredi 23 février 2022 – Dans une lettre ouverte au ministre de la santé, les internes niçois font part de leur désarroi et se considèrent comme les grands oubliés de la crise sanitaire.

« Notre dévotion ne peut pas justifier de notre soumission ». Comme beaucoup de professionnels de santé exerçant à l’hôpital public, les internes ont l’impression de ne pas être considérés à leur juste valeur et de ne pas voir leur dévouement récompensé. Un sentiment qui a été fortement accentué par la crise sanitaire, au cours de laquelle l’hôpital public a notamment pu tenir grâce à l’engagement de ces médecins en herbe. Épuisé par deux ans d’épidémie, les internes souhaitent désormais se faire entendre. Dans une lettre ouverte adressée au ministre de la Santé Olivier Véran, le bureau des internes du CHU de Nice expose ses griefs, ses revendications et sa colère.

Dans leur missive, les internes exposent d’abord les clés du problème. « Le temps de travail moyen d’un interne est de 58,4 heures par semaine pour un salaire moyen de 6,48 euros net de l’heure », une rémunération inférieure au SMIC. Ils rappellent qu’ils se sont retrouvés « depuis le premier jour en première ligne » dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19 et qu’ils représentent 40 % du personnel médical hospitalier. Les internes ne s’en cachent pas : cette pression et cette charge de travail importantes les épuisent et les affectent mentalement. « 75 % d’entre nous présentent un syndrome anxieux, 39 % un syndrome dépressif et 19 % des idées suicidaires » rappelle la lettre ouverte.

Pour combattre ce désarroi, les revendications ne sont pas nouvelles : le bureau des internes de Nice demande « une revalorisation salariale de tous les internes de France ». Pour les futurs médecins, les efforts consentis à destination des internes lors du Ségur de la Santé de 2020, qualifié de « miroir d’attentes méprisées » sont insuffisants. Pour rappel, en novembre 2020, le salaire mensuel des internes a été réévalué de 119 euros brut en première année à 163 euros en dernière année, alors que les indemnités de garde ont été augmentées de 25 %. Les internes niçois rappellent également que le ministère de la santé a « daigné accorder une majoration des indemnités de garde au-delà du service normal pour le mois de janvier 2022 ». Une misère pour les internes qui dénoncent « une tentative supplémentaire pour faire taire les internes ».

Assurant que leur colère et leurs demandes sont partagées par tous les internes de France, les futurs médecins niçois préviennent que « cette lettre devra évoluer et évoluera à l’échelle nationale vers un mouvement de grande ampleur ». Ils appellent le ministre à « réagir pour sauver l’hôpital » et à cesser ce « mépris envers toute une génération ».

Grégoire Griffard

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