L’Europe du Sud touchée à son tour par la nouvelle vague

Rome, le mercredi 24 novembre 2021 – Encore relativement épargnés pour le moment, l’Italie, l’Espagne et le Portugal connaissent à leur tour une hausse des contaminations mais sans conséquence hospitalière nette.

La nouvelle vague épidémique gagne du terrain sur le Vieux Continent. Après l’Europe de l’Est en septembre et l’Europe occidentale en octobre, c’est au tour des pays d’Europe du Sud d’être confrontée à une hausse des contaminations. En Italie, les nouveaux cas quotidiens ont été multipliés par quatre en un mois, par trois en Espagne et au Portugal. La reprise épidémique reste cependant relativement mesurée comparée au reste du continent, avec des taux d’incidence plus faible que lors des vagues précédentes, pour le moment du moins.

Pas de hausse importante des hospitalisations ou de la mortalité

Comme leurs voisins européens, les pays latins constatent avec amertume qu’une couverture vaccinale importante ne permet pas de limiter totalement la circulation du virus. Avec respectivement 89 %, 82 % et 78 % d’habitants vaccinés, le Portugal, l’Espagne et l’Italie sont en effet parmi les pays les plus vaccinés du monde. En revanche, cette même vaccination, notamment celle des personnes âgées (99 % des Espagnols et Portugais de plus de 70 ans sont vaccinés) permet fortement de limiter l’impact hospitalier de la vague actuelle. Les hospitalisations en réanimation restent ainsi stables à un niveau faible en Espagne et au Portugal, tandis qu’elles augmentent légèrement en Italie. Même constat pour la mortalité, qui demeure à des niveaux acceptables. En Espagne, une quinzaine de personnes décèdent du Covid-19 chaque jour seulement.

La situation est donc sous contrôle, ce qui n’empêche pas les différentes autorités locales d’envisager un renforcement des restrictions sanitaires. Tout ces pays ont en effet connu par le passé des vagues très meurtrières qui ont durablement traumatisé la population.

L’Espagne divisée sur le passe sanitaire

En Italie, le gouvernement envisagerait de transformer le passe sanitaire, déjà l’un des plus restrictifs du monde (il est exigé dans toutes les entreprises et les écoles), en passe vaccinal, afin d’inciter les 6,5 millions d’Italiens encore non-vaccinés à franchir le pas. En revanche, la mise en place d’une obligation vaccinale, demandé par certains médecins mais également par les représentants du patronat, est pour l’instant exclue par le président du conseil Mario Draghi.

Cependant dans le nord de l’Italie, certaines régions s’approchent du seuil d’alerte fixé par Rome, qui conduirait au retour des restrictions de liberté. C’est déjà le cas dans la région du Sud-Tyrol. A compter de ce mercredi, les 500 000 habitants de cette région limitrophe de l’Autriche sont soumis à un couvre-feu et à l’obligation du port du masque en extérieur.

En Espagne, la Commission de santé publique, qui regroupe le ministère de la santé et les représentants des gouvernements des régions, recommande aux régions de renforcer leurs mesures, notamment en mettant en place des jauges ou en ordonnant la fermeture anticipée de certains lieux publics. Mais la gestion de la crise reste décentralisée, avec une forte disparité selon les régions. Ainsi, si le libéralisme reste la règle à Madrid, la Catalogne a décidé en revanche de mettre en place un passe sanitaire à compter de ce vendredi.

Nicolas Barbet

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