L’Europe toujours en ordre dispersé

Paris, le lundi 3 mai 2021 - Nous étions pourtant prévenus. Partout en Europe, le calme trompeur des mois de février et début mars devaient être les prémices d’une véritable vague liée au variant britannique et qui devait submerger tous nos systèmes de santé.  En Allemagne, malgré un quasi-confinement marqué par la fermeture depuis plusieurs mois des établissements scolaires, l’institut Robert Koch prévoyait une hausse des cas de Covid qui devait conduire le pays à connaitre un taux d’incidence de plus de 300 cas pour 100 000 habitants. Finalement, le taux d’incidence, en baisse depuis plusieurs jours, n’est « que » de 153 cas pour 100.000 habitants.

Comment expliquer cette soudaine éclaircie ? Partout en Europe de l’Ouest (les pays baltes et la Biélorussie ne suivent pas la même tendance) la moyenne des cas de Covid est en forte diminution et ce même dans des pays qui, comme l’Espagne, n’ont pas procédé à un nouveau confinement de la population.

En Allemagne : les modèles se sont (pour l’instant) trompés !

Après avoir fait figure de modèle durant la première vague de Covid au printemps dernier, la gestion de la crise sanitaire de cette nouvelle phase de l’épidémie a tourné en Allemagne au psychodrame politique. Face à la pression des Länders, Angela Merkel a éprouvé le plus grand mal à coordonner la réponse face à la propagation d’une maladie que l’on estimait, il y a quelques semaines, inexorable et exponentielle.

Comme le souligne le journaliste Vincent Glad, plusieurs facteurs, exposés par la presse allemande, peuvent être avancés pour expliquer cette baisse surprise. Si les mesures annoncées par le gouvernement pour faire face à l’épidémie (instauration d’un frein d’urgence) ne sont pas encore entrées en vigueur, il n’est pas impossible que cette menace ait eu un impact psychologique sur les comportements. Surtout, la vaccination, le climat et la généralisation des autotests sont également susceptibles d’avoir eu une influence sur la circulation virale.

Aux Pays-Bas : la levée des restrictions sur pause

Après avoir annoncé la levée des restrictions malgré une situation dégradée, les Pays-Bas ont dû se résoudre à faire marche arrière en repoussant les prochains assouplissements des mesures.

Les prochains changements, soit l’étape 2 du plan de déconfinement, pourraient donc avoir lieu à partir du 18 mai. On ignore si la troisième étape (prévue pour le 26 mai) sera elle aussi reportée.

L’énigme espagnole

Dans ce contexte où les appels à la fermeture continuent à se multiplier, en dépit des légères embellies, le cas espagnol fait figure de véritable énigme. Après avoir subi une première vague particulièrement meurtrière, le pays semble préservée de l’émergence du variant anglais (là où son voisin portugais a dû se résoudre à un confinement strict pour juguler un tsunami hospitalier). En moyenne, moins de 10 000 cas par jour sont recensés dans le pays, ce dernier connaissant un plateau stable depuis bientôt deux mois.

Dans le pays, l’ouverture des restaurants en terrasse mais aussi d’un certain nombre d’activités en intérieur (musées, cinémas) ou en extérieur (stades) n’a pas entrainé une flambée des cas (contrairement à l’Italie qui, en février dernier, avait dû se résoudre à un quatrième confinement en catastrophe).

Pour le Professeur Rémi Salomon (AP-HP) l’explication provient peut-être d’une meilleure adhésion à des mesures moins fortes et à une meilleure communication des autorités. Ainsi, « il serait préférable de respecter des règles plus souples et bien comprises, que d’avoir des règles strictes qui seront contournées », analyse-t-il. Une version peut-être plus audible du « dedans avec les miens, dehors en citoyen ».

C.H.

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