L’impossible (séjour au ski de) Monsieur bébé : coup de colère d’une pédiatre de montagne

Ah ! les sacrosaintes vacances à la neige ! Certains gardent leurs habitudes même après l’arrivée d’un bébé, partant pour leur semaine au ski comme si de rien n’était. « Il faut arrêter ça ! » s’alarme une pédiatre française.
Pendant la première année de vie, le poumon du bébé termine son passage de la vie aquatique intra-utérine à la respiration aérobie : au-delà de 1600 mètres, l’hypoxie due à l’altitude aggravera tout problème respiratoire. Sans parler des autres risques.

De garde à l’hôpital d’Albertville pendant les vacances de Noël, Dominique Jean, pédiatre infectiologue à Grenoble, a déploré que sur les 11 hospitalisations de nourrissons pour bronchiolite (en un seul week-end) la majorité provenait des stations de ski, où ces enfants étaient… en détresse respiratoire !

Ça lui fera du bien !

Si la redescente aux 300 mètres d’Albertville a souvent suffi à leur mieux-être, le lit était pris et le personnel mobilisé, ne serait-ce que pour rechercher une solution pour la sortie d’un bébé ne pouvant ni remonter à la station ni repartir en avion sans oxygène. Et puis il y a les cas graves, comme ce nourrisson de 2 mois (!) transféré en réanimation, qui a fait 15 minutes d’arrêt cardiaque et subi massages et chocs.

Le pire, c’est que la plupart étaient malades avant d’arriver à la station et que leur médecin n’aurait pas contre-indiqué le séjour en altitude, voire l’aurait encouragé (le grand air de la montagne, ça fait du bien !) s’inquiète la pédiatre pour qui le nombre de cas a explosé cette année.

Mer ou campagne

Outre l’altitude, il y a l’air froid et sec, le rayonnement solaire : les stations de ski sont un lieu à risque pour le bébé jusqu’à 15 mois. Confiné dans un appartement surchauffé ou engoncé dans sa panoplie anti froid, le nourrisson ne gagne rien à ce séjour et ses parents devront surveiller signes de gelures et de mal des montagnes, prévenir les risques solaires … et se passer du porte-bébé qui lui coupe la circulation ; cela devrait les refroidir !

Les sites de promotion de la montagne ne sont pas très diserts sur le sujet, rappelant juste parfois l’importance d’une montée progressive et le risque d’otite. C’est donc au médecin d’en faire une montagne et d’évoquer avec les jeunes parents leur destination de vacances cet hiver : mer ou campagne. Quitte à ce qu’ils lui battent froid… Et en espérant que l’information fasse boule de neige.

https://www.em-consulte.com/article/193711/lenfant-en-montagne-dangers-de-laltitude-du-froid-

Dr Blandine Esquerre

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Vos réactions (2)

  • Rectificatif

    Le 18 janvier 2019

    Alertée par une journaliste, je découvre cet article, qui cite des propos que j'avais rapportés début janvier, en les modifiant et en écrivant des choses fausses: "Pendant la première année de vie, le poumon du bébé termine son passage de la vie aquatique intra-utérine à la respiration aérobie". Comment peut-on écrire de telles bêtises? L'adaptation à la vie extra-utérine se fait dans les 1ères minutes de vie! ça ne prend pas 1 an! A part ça, le dernier paragraphe est un fatras d'infos diverses d'importance très variable mais citées en vrac...

    Dr Dominique Jean, pédiatrie, maladies infectieuses et médecine d'altitude

  • Réponse de la rédaction (avec le docteur Blandine Esquerre)

    Le 24 janvier 2019

    Merci au Docteur Jean de cette précision : l'adaptation à la vie extra-utérine se fait dans les premières minutes de vie. Cependant, "L’appareil respiratoire du nouveau-né poursuit sa maturation pendant plusieurs mois après la naissance. En effet, la prolifération vasculaire et alvéolaire continue jusqu’à l’âge de deux à trois ans. Le nouveau-né et l’enfant de moins d’un an présentent une inadéquation entre la ventilation et la perfusion pulmonaire
    expliquant leur plus grande susceptibilité aux situations hypoxiques (voyage en avion, séjour en altitude)» écrivaient en 2014 Pierre Mornand et Patrick Imbert, pédiatres
    du service de maternité-pédiatrie de l’hôpital Bégin dans l’article intitulé « Le nouveau-né voyageur ». mtpédiatrie2014 ; 17 (2) : 76-82.

    Cet article a été écrit suite au souhait exprimé par Dominique Jean sur la liste de diffusion de la Société de médecine des voyages d’informer le plus grand nombre de médecins sur le risque respiratoire du nouveau-né en montagne. Cependant il ne consistait pas exclusivement en la reprise de ses propos : d’autres risques y ont été évoqués.
    Nos lecteurs peuvent relire également l'article du 19/10/2015 sur ce même sujet. (Un enfant en altitude ? Ça ne manque pas d’air ! - https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/un_enfant_en_altitude_a_ne_manque_pas_dair__154812/document_actu_pro.phtml)

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