L’Inde en manque d’oxygène

New Delhi, le lundi 26 avril 2021 – La situation sanitaire ne cesse de se dégrader en Inde, où les hôpitaux sont totalement débordés par le nombre de patients et où l’oxygène manque.

Dans les rues de New Delhi et des grandes villes indiennes, près des hôpitaux, ce sont des scènes apocalyptiques et malheureusement désormais banales auxquels on assiste. Des centaines de patients atteints du Covid-19 attendent désespérément qu’un lit se libère pour pouvoir être traités. Certains sont « pris en charge » dans les rues, d’autres meurent dans la file d’attente, faute d’oxygène. En Inde et plus particulièrement dans la capitale New Delhi, la situation sanitaire est désormais hors de contrôle.

Un nombre de morts sous-estimé

Officiellement, l’Inde compte actuellement environ 350 000 contaminations et 2 500 morts quotidiens, soit 15 fois plus de cas et de décès journaliers qu’à la mi-mars. Ces chiffres peuvent paraitre faibles comparés à la population indienne (1,3 milliards d’habitants) mais ils sont sans aucun doute sous-estimés, l’Inde ne disposant pas des capacités de dépistage et même de recensement des décès des États occidentaux. Selon une enquête du journal britannique Financial Times, qui s’appuie sur le nombre de crémations, il pourrait y avoir selon les régions entre 3 et 25 fois plus de décès par Covid-19 que ce qu’annoncent les chiffres officiels. Une hécatombe sans précédent depuis le début de la pandémie.

Le rebond épidémique a totalement pris par surprise le gouvernement indien. En janvier dernier, alors que le pays ne comptait plus « que » 15 000 cas par jour, les autorités avaient levé toutes les restrictions, estimant que la population avait atteint l’immunité collective.

La vague actuelle pourrait  être liée au variant B.1.617 (appelé variant indien) qui présente des capacités d’échappement immunitaire, lui permettant de contaminer les sujets déjà infectés par la souche « originelle » du SARS-Cov-2. Depuis, le déferlement de cette vague le Premier Ministre, Narendra Modi, a changé de ton et plusieurs grandes villes indiennes ont été reconfinées.

La ruée vers l’oxygène

Tous les hôpitaux de la capitale New Delhi manquent de lits mais surtout d’oxygène, qui est devenu le produit le plus recherché d’Inde.

Sous la pression des autorités judiciaires, le gouvernement fédéral a donc interdit l’utilisation de ce gaz à des fins industrielles pour le réserver au domaine médical. Désormais les usines d’oxygène et les camions d’approvisionnement sont gardés par les forces armées.

En réaction à ces événements, Le gouvernement de l’état de New Delhi accuse les autres États de s’accaparer les réserves d’oxygène et demande au Premier Ministre de mettre en place un plan national d’approvisionnement en oxygène pour mettre fin à ces rivalités inter-étatiques.

Sur les réseaux sociaux, les messages des hôpitaux et des particuliers à la recherche de précieuses bombonne d’oxygène se multiplient.

Au milieu du chaos, de belles histoires surgissent, comme celle de Gaurav Rai. Passé tout près d’être emporté par la Covid-19, cet Indien de 52 ans est devenu « Oxygen man ». Grâce à ses ressources personnelles et à des dons, il a acquis 235 bombonnes qu’il livre gratuitement aux quatre coins de sa ville de Pune. Depuis le début de la nouvelle vague épidémique, il aurait déjà sauvé près de 1 000 patients.

L’Inde, tout comme le Brésil avant elle, témoigne des effets dévastateurs que l’épidémie de Covid-19 peut avoir sur des pays en voie de développement qui ne disposent pas des mêmes infrastructures sanitaires que les pays occidentaux. Ce dimanche, l’Union Européenne, la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont annoncé être prêt à apporter leur aide à l’Inde, en leur fournissant d’urgence du matériel sanitaire et notamment de l’oxygène.

Quentin Haroche

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