L’ouverture controversée de la prépa MOZ reportée (au moins) à 2017

Orléans, le mercredi 13 juillet 2016 – Dès l’annonce, qui a fait grand bruit la semaine dernière, du projet d’ouverture d’un cours préparatoire aux études de médecine en vue d’une intégration à la faculté de Zagreb, Marie Reynier, rectrice de l'Académie Orléans-Tours avait prévenu que la réalisation de ce projet était compromise. La prépa MOZ (pour Médecine-Orléans-Zagreb) vise à sélectionner une cinquantaine de jeunes bacheliers ou étudiants en premier cycle dans une filière scientifique souhaitant devenir médecin, moyennant un droit d’inscription de 5 000 euros. A l’issue d’une année de préparation et d’un concours se déroulant en langue anglaise à Orléans, les 15 premiers pourraient être intégrés à la faculté de médecine de Zagreb en Croatie.

Sage décision

Les contours flous de ce cursus ont été accueillis par une immédiate levée de boucliers. Le coût de ce cours préparatoire et la volonté apparente de contourner le concours de PACES ont cristallisé l’hostilité contre ce dispositif. La réaction du rectorat a été rapide : des vérifications ont été réalisées pour déterminer si les promoteurs de cette formation s’étaient bien conformés aux obligations induites par la loi Fioraso. Il a été confirmé rapidement que différentes démarches n’avaient pas été réalisées de manière conforme aux prescriptions législatives. L’ouverture sera donc repoussée d’un an. « Les membres de l'association se sont mis à la disposition du rectorat dans l'objectif d'ouvrir cette école dans un cadre légal » indique Marie Reynier dans les colonnes du quotidien local La Nouvelle République, tandis que le président de l’association qui est derrière la prépa MOZ, le professeur Hechmi Toumi, vice président au sein du Centre hospitalier d’Orléans de l’Institut de Prévention, de diagnostic et de traitement de l’ostéoporose confirme : « Reporter d'une année paraît une sage décision ».

Diplôme européen ?

Cette année supplémentaire permettra en effet d’affiner les contours d’une organisation dont le manque de clarté n’a pu que renforcer le climat de défiance. Bien que très attractif et présenté en français et en anglais, le site internet de la prépa MOZ comportait de nombreuses lacunes, ne serait-ce que l’adresse du site où auront lieu les cours (rue de la Folie, à Orléans, siège de l’association ?). Aucune trace non plus de l’équipe pédagogique qui assurera la qualité des enseignements dispensés : Hechmi Toumi se contente de préciser qu’elle est composée de vingt membres sans vouloir préciser leurs noms. Ces mois de réflexion supplémentaires permettront également d’affiner le discours autour de ce projet. Hechmi Toumi se défend en effet de vouloir créer un système permettant de contourner le difficile concours de PACES. Il s’agirait de rendre plus visible une formation médicale internationale récemment créée à la faculté de Zagreb. « Ce projet a été monté à la demande de l'université de Zagreb (…) Nous n'avons pas pour objectif de contourner le système français  mais de proposer une formation médicale en anglais pour préparer un diplôme européen » précise dans les colonnes de la Nouvelle République Hechmi Toumi.

A quand une véritable réflexion sur les études de médecine ?

Si les semaines qui viennent devraient donc offrir plus de lumière sur ce dossier, elles n’atténueront cependant certainement pas les critiques qui pèsent sur le coût de cette formation. Cependant, à l’instar de la formation également controversée (et retoquée) proposée par l’université portugaise Fernando Pessoa, cette affaire pourrait inviter à repenser une nouvelle fois l’organisation de la formation médicale en France à l’aune des collaborations européennes.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Des prépas "souterraines"

    Le 18 juillet 2016

    Il y a qu'on le veuille ou non des prépas souterraines" qui existent dans certaines villes connues que des initiés.
    C. Lafosse

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