Maladies à prions : la recherche française suspendue après un cas de Creutzfeldt-Jakob

Paris, le mercredi 28 juillet 2021 – Les instituts de recherche publics de France suspendent à titre conservatoire l’ensemble des travaux relatifs aux maladies à prions, pour une durée de trois mois.

Cette mesure est motivée par l’identification d’un cas de maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) chez un agent de l’INRAE aujourd’hui à la retraite mais ayant travaillé dans un laboratoire de recherche sur les prions. La période de suspension servira à étudier « l’éventualité d’un lien entre le cas observé et l’ancienne activité professionnelle de la personne et d’adapter si nécessaire les mesures de prévention en vigueur dans les laboratoires de recherche » indiquent différentes institutions publiques dans un communiqué commun.

Précèdent dramatique

Il pourrait s’agir d’un second cas de MCJ transmis à un scientifique ayant travaillé sur les prions, après celui d’une assistante ingénieur décédée en 2019 à l’âge de 33 ans des suites de la maladie (elle s’était blessée en 2010 au cours d’une expérimentation). En 2020, une étude publiée par le New England Journal of Medecine, se fondant sur son cas, avait conclu à un lien de causalité potentielle entre cet incident et sa maladie. Sa famille a depuis porté plainte pour "homicide involontaire" et "mise en danger de la vie d'autrui" contre l’INRA. La plainte, transmise au parquet de Versailles, dénonçait des "manquements à la sécurité" au sein de l'unité de recherche en virologie et immunologie moléculaire de Jouy-en-Josas (Yvelines).

En outre, à la suite de ce décès, une mission d’inspection générale avait été diligentée dès juillet 2019 par les ministères de la recherche et de l’agriculture auprès des laboratoires français manipulant des prions. Cette enquête avait conclu à la conformité réglementaire des unités de recherche visitées où règnent une « culture de la maîtrise du risque ».


* L'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement est né de la fusion de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) et de l’IRSTEA (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture).

Xavier Bataille

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