Malgré le delta, l’épidémie marque le pas en Europe

Londres, le vendredi 30 juillet 2021 – Plusieurs pays européens, dont le Royaume-Uni, observent une baisse « inexpliquée » des contaminations depuis plusieurs jours et ce malgré la levée des restrictions et la forte prévalence du variant delta.

« Je sais que ne sais rien ». La maxime de Socrate semble particulièrement adaptée à ces temps épidémiques, où toute prévision se montre hasardeuse et vaine.

L’évolution de l’épidémie de Covid-19 a souvent pris des tours inattendus et déconcertants et la plupart des projections des épidémiologistes se sont révélées rapidement fausses. Le Sars-Cov-2 semble prendre un malin plaisir à se retrouver là où on ne l’attend pas.

C’est donc avec un étonnement mesuré que l’on observe depuis quelques jours une baisse des nouvelles contaminations dans plusieurs pays d’Europe. Une baisse qui fait suite à plusieurs semaines de hausse dûe au variant delta (ou indien), 60 % plus contagieux que le variant alpha (ou britannique). Le nombre de « cas » est ainsi en légère baisse en Espagne et au Portugal tandis qu’il a été divisé par deux en deux semaines aux Pays-Bas.

Les épidémiologistes encore mis en échec

Mais c’est sans doute au Royaume-Uni que la baisse est la plus spectaculaire. Premier pays européen touché par le variant delta, notre ancien partenaire européen est passé de 50 000 nouvelles contaminations quotidiennes au 15 juillet à environ 30 000 désormais. Une baisse d’autant plus étonnante que, contrairement à l’Espagne ou au Portugal, le gouvernement britannique n’avait pas renforcé les restrictions sanitaires et les avait même allégées. En effet, depuis le « Freedom day » le 19 juillet dernier, plus aucune restriction ne s’applique dans le pays et les Britanniques peuvent se rendre partout sans masques. De nombreux scientifiques avaient critiqué cette décision de Boris Johnson et prédisaient une catastrophe épidémique. Les faits semblent leur donner tort. Encore une fois.

Il est fort probable que la vaccination joue un rôle important dans ce recul de l’épidémie. Le Royaume-Uni est l’un des pays du monde avec la couverture vaccinale la plus importante, avec 69 % de personnes vaccinés, dont 55,5 % complètement vaccinées. Si on rajoute à cela les millions d’individus contaminés naturellement, il se pourrait que le Royaume-Uni se rapproche de l’immunité collective. Mais il est aussi possible que l’on soit à nouveau témoin de ce que certains anciens épidémiologistes appelaient le « génie propre de l’épidémie », de son évolution naturelle : le virus recule sans que l’on puisse identifier de cause claire (ce que l’on avait déjà observé avant la mise sur le marché des vaccins et même dans des pays qui comme la Suède n’ont pas adopté de mesures restrictives strictes).

Ce recul de l’épidémie Outre-Manche, est en tout cas une bonne nouvelle pour la France. Les autorités scientifiques aiment à répéter depuis le début de la quatrième vague que le Royaume-Uni a quelques semaines d’avance sur la France. Notre pays pourrait donc à nouveau connaitre dans quelques semaines un recul de l’épidémie. A moins que le Sars-Cov-2 ne décide à nouveau de venir déjouer les pronostics (même optimistes).

Nicolas Barbet

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Vos réactions (2)

  • Malgré ou grâce au delta ?

    Le 31 juillet 2021

    Il faudrait plutôt écrire "Grâce au Delta, l'épidémie marque le pas".
    C'est la haute contagiosité qui explique la diffusion du variant Delta, même dans les pays où la couverture vaccinale est importante. Les sujets non vaccinés sont à haut risque d'être contaminés et ce sont surtout les jeunes qui font des formes asymptomatiques ou bénignes ; or ce sont aussi les jeunes qui se protègent le moins. Du fait de cette haute contagiosité, le nombre de sujets immunisés par l'infection augmente et s'ajoute aux sujets immunisés par la vaccination.
    La conclusion est qu'il faut en priorité en France vacciner les sujets à risque (sujets âgés et sujets avec comorbidité(s) pour avoir un impact sur la mortalité (il y a encore 3 millions de sujets à risque non vaccinés et ce sont eux qui vont arriver dans les hôpitaux), et si possible vacciner les jeunes, en sachant que le variant delta se charge de "vacciner" les jeunes.

    Pr Dominique Baudon

  • Aux Pays Bas aussi

    Le 02 août 2021

    La vague delta est terminée aux Pays Bas aussi avec très très peu d'influence sur les hospitalisations comparé à l'ampleur de la vague.
    Pourquoi la France panique t-elle?

    Xavier Geneste

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