Malgré une baisse d’intensité de la pandémie, la course aux vaccins se poursuit

Paris, le vendredi 5 août 2022 – Pas moins de quatre nouveaux vaccins différents pourraient bientôt être autorisés et utilisés lors d’une nouvelle campagne de vaccination à l’automne.

La France est dans le creux de la vague. Environ 35 000 personnes sont testées positifs au Covid-19 chaque jour, soit plus de 3 fois moins que début juillet. Les admissions en soins critiques et les décès quotidiens sont également en baisse. La 7ème vague Covid est en train de refluer et cela se ressent sur le nombre de vaccinations pratiquées.

Si la poussée épidémique avait conduit près de 110 000 Français par jour à se faire vacciner début juillet, ils sont désormais moins de 50 000 à tendre le bras quotidiennement, essentiellement pour se faire administrer une deuxième dose de rappel (ou quatrième dose).

Pourtant, la Covid-19 et les vaccins ne sont pas près de sortir de nos vies. Les autorités sanitaires anticipent une possible huitième vague à l’automne, provoquée par la rentrée des classes, la baisse d’immunité (naturelle ou vaccinale) de la population et un éventuel nouveau variant. Un énième rebond épidémique qui pourrait donner un nouveau souffle à la vaccination.

Alors que l’on sait désormais que la protection apportée par une vaccination ou une infection tend à diminuer rapidement (au bout d’environ 3 mois), les autorités sanitaires pourraient recommander une cinquième dose aux personnes les plus fragiles ou encore proposer la quatrième dose à la population générale.

Pour le moment, seuls les plus de 60 ans et les adultes souffrants de comorbidités sont éligibles à la deuxième dose de rappel. Seulement 32 % des plus de 75 ans et 25 % des 65-74 ans se sont effectivement fait vacciné une nouvelle fois.

Les vaccins « spécial Omicron » de Pfizer et Moderna

A l'heure actuelle, seuls deux vaccins sont autorisés pour ces doses de rappel. Il s’agit des vaccins à ARN messager des laboratoires américains Pfizer et Moderna, déjà largement utilisés pour les primo-vaccinations.

Mais dans l’optique de la campagne de vaccination automnale (qui pourrait être couplé avec celle contre la grippe), ce sont quatre nouveaux vaccins qui sont en attente d’autorisation et qui pourraient être utilisés en France à partir de septembre ou octobre.

Il y a tout d’abord les versions Omicron des vaccins Pfizer et Moderna. Les deux laboratoires américains ont commencé dès décembre dernier à travailler sur des vaccins adaptés au nouveau variant devenu majoritaire sur la planète et les deux vaccins sont étudiés par l’agence européenne du médicament (EMA) depuis le 22 juillet dernier.

Il s’agit de vaccins dit « bivalents », car ils sont basés à la fois sur la souche d’origine du Sars-Cov-2 (dite « souche de Wuhan ») et sur Omicron.

Selon Moderna, son nouveau vaccin est deux fois plus efficace contre le variant Omicron BA5 (actuellement majoritaire en Europe) que ne l’était son premier vaccin. Mais les deux laboratoires ont reconnu que leurs nouveaux vaccins apportaient une meilleure protection contre BA1 (qui a quasiment disparu) que contre BA5. Moderna a donc annoncé travailler sur un vaccin spécialement adapté à BA5, continuant sa course (semble-t-il perdue d’avance) avec les variants.

Hipra et Sanofi entrent dans la course

Si Pfizer et Moderna entendent rester les acteurs dominants du marché, deux nouveaux laboratoires entrent dans la course. La firme espagnole Hipra a ainsi développé un vaccin bivalent (basé sur les souches Alpha et Bêta) à protéine recombinante.

Le laboratoire a indiqué avoir observé une forte réponse immunitaire contre BA4 et BA5 après l’administration du vaccin en dose de rappel, sans plus de précisions. Le vaccin est actuellement en cours d’examen par l’EMA mais la Commission Européenne a déjà commandé 250 millions de doses auprès du laboratoire catalan.

Enfin, la France devrait enfin disposer d’un vaccin français grâce au laboratoire Sanofi. Après 18 mois chaotiques, la firme pharmaceutique française a donné le 24 juin dernier les premiers résultats de son vaccin bivalent (Wuhan et Bêta) à protéine recombinante, développé en partenariat avec le laboratoire britannique GSK.

En dose de rappel, ce nouveau vaccin protégerait à 72 % contre les formes symptomatiques d’Omicron et même à 93 % chez les personnes déjà infectées. Une demande d’autorisation de mise sur le marché a été déposée en mars dernier.

Le grand perdant de cette course aux vaccins semble être le laboratoire franco-autrichien Valneva et son vaccin classique à virus inactivé. Après que l’EMA ait autorisé le produit le 24 juin dernier, l’Union Européenne a décidé de n’en commander que 1,25 millions de doses, loin des 60 millions prévus au départ. En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) n’a toujours pas rendu d’avis sur l’efficacité et l’innocuité de ce vaccin.

« Nous n’avons pas d’avis scientifique pour inclure le vaccin Valneva dans la stratégie vaccinale » a indiqué le ministère de la Santé le 20 juillet dernier.

Quentin Haroche

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