Marseille, entre désespoir et colère

Marseille, le lundi 28 septembre 2020 – Placée en zone d’alerte maximale, Marseille va connaitre 15 jours de restrictions renforcés. Une décision qui a provoqué la colère de la population et des élus locaux.

Le week-end de sursis n’aura pas suffi à calmer l’amertume des cafetiers et restaurateurs marseillais. Depuis ce dimanche minuit, tous les bars et restaurants de la cité phocéenne, placé mercredi dernier par le gouvernement en zone d’alerte maximale, ont dû fermer pour au moins 15 jours, avec finalement 48 heures de retard sur l’horaire prévue initialement par le ministre de la santé Olivier Véran. Mais sans doute un peu résignés et refroidis par la météo automnale, les Marseillais n’ont pas vraiment profité de ce dernier week-end de liberté. Ce samedi soir, les rues du Vieux port étaient vides et ce malgré le match de l'OM.

Déçus, les restaurateurs et cafetiers marseillais sont également en colère. Ils ne comprennent pas cette décision du gouvernement, censée lutter contre la propagation de l’épidémie de coronavirus, mais qu’ils voient surtout comme une catastrophe économique. Plusieurs centaines d’entre eux ont manifesté ce vendredi devant le tribunal de commerce pour exprimer leur colère. Certains annoncent même qu’ils continueront à faire tourner leur commerce clandestinement, malgré l’interdiction.

Une colère qui est relayée par de nombreux élus locaux. Dès l’annonce des nouvelles mesures de restriction, la maire de Marseille Michèle Rubirola a dénoncé le manque de concertation du gouvernement, qui semble (malgré ses déclarations) avoir pris sa décision de manière solitaire.

La sénatrice Samia Ghali a appelé la police municipale à ne pas verbaliser les tenanciers de cafés et de restaurants qui ne respecteraient pas la fermeture, tandis que la présidente de l’agglomération Martine Vassal a participé aux manifestations de ce vendredi.

Recours administratif contre le décret de fermeture des bars et restaurants

Renaud Muselier, président de la région PACA, a quand a lui mis sa menace à exécution en déposant un recours en référé-liberté contre le décret imposant la fermeture des bars et restaurants. Ce recours est soutenu par plusieurs restaurateurs, le département, la métropole Aix-Marseille mais pas par la ville de Marseille. Le tribunal administratif de Marseille a désormais 48 heures pour juger de la légalité de ce décret. « C’est le droit qui tranchera » a déclaré Renaud Muselier qui dénonce cependant les appels à la désobéissance civile.

Outre ce recours administratif, les Marseillais peuvent également s’accrocher à l’annonce du gouvernement selon laquelle les mesures de fermeture, censées durer 15 jours, seront réexaminés au bout d’une semaine. En effet, paradoxalement, la situation sanitaire semble entrain de s’améliorer dans le département des Bouches-du-Rhône. La mairie de Marseille a ainsi publié de nombreux chiffres sur la circulation du Covid, afin de prouver que la mise en place de l’alerte maximale était injustifiée : le taux d’incidence est en baisse (232,6 le 13 septembre contre 208,7 le 20 septembre), ainsi que le taux de positivité des tests PCR, tandis que le R0 serait inférieur à 1. Mais pour le gouvernement, le chiffre clé est celui du taux d’occupation des lits de réanimation : il est de 45 % dans les Bouches-du-Rhône.

Nicolas Barbet

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article