Médecins retraités en renfort : oui, mais…

Paris, le vendredi 27 mars 2020 - Le Gouvernement a annoncé, vendredi 6 mars, la mobilisation de la Réserve sanitaire pour faire face à l’épidémie de Covid-19.

Aussi, alors que s’accélère la propagation du virus, l’Ordre national des médecins, celui des pharmaciens, les Agences régionales de Santé et Santé publique France appellent les professionnels de santé qui n’exercent plus à rejoindre la Réserve sanitaire qui intervient généralement en renfort dans des établissements de santé dès lors qu’une situation exceptionnelle le justifie.

Pour participer à cet effort national sanitaire, il faut que ces professionnels retraités aient cessé leur activité depuis moins de 5 ans.

Au total, Patrick Bouet, président du Conseil national de l’Ordre des médecins a indiqué sur France info qu’il y aurait 40 000 médecins concernés.

Mais dès ces annonces, la question du danger de faire intervenir dans la riposte « des populations à risque » a été signalé. Pressentant la polémique, le Dr Bouet a expliqué « il y a des médecins qui sont retraités à 62, 63 ans. Ils auront des mesures de protection comme l’ensemble des professionnels. Ce sont des acteurs du monde de la santé et ils ne sont pas moins légitimes que d’autres ».

Aux petits soins des vieux médecins

Pas suffisant pour le SNPHARE (Syndicat National des Praticiens Hospitaliers Anesthésistes-Réanimateurs) qui dans ce contexte a envoyé un courrier au ministère pour lui demander « d’imposer une visite d’aptitude au service de santé au travail avant toute prise de fonction (…) de minimiser le risque d’exposition au Sars-CoV-2, en dirigeant ces médecins non pas vers une activité clinique mais une activité d’organisation, d’aide aux décisions équipes (…) de prendre en compte les rythmes physiologiques : le travail de nuit ne doit pouvoir être réalisé que sur la base du volontariat (…) et d’assurer une couverture santé identique aux droits statutaires de tous les salariés, comprenant une déclaration en maladie professionnelle en cas d’infection COVID entraînant séquelles ou décès ».

On attend donc des annonces d’Olivier Véran sur ce point.

Xavier Bataille

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Vos réactions (1)

  • Retraités au téléphone

    Le 28 mars 2020

    Ancien PH, mais à 72 ans, devenu "personne à risque", on peut comprendre que mes confrères en activité soient un peu réticents à me placer en zônes de risque avec alors le risque de devenir davantage une charge qu'une aide. Le personnel soignant des hôpitaux (pour ne parler que des hôpitaux) a besoin d'être écouté, conseillé. Il faut parallèlement protéger ce personnel tout en conservant le nombre nécessaire de soignants en place, tout en évitant de contaminer les patients et les soignants en poste. Toutefois les infectiologues, médecins hygiénistes, réanimateurs, urgentistes, médecins généralistes, etc. ont et auront de plus en plus autre chose à faire. Ce rôle de conseil et d'écoute pourrait (devrait) revenir aux médecins du travail...à condition qu'il y en ait dans certains établissements, ce qui n'est ps toujours le cas. Les "vieux" retraités peuvent assumer un tel rôle en restant à l'écoute au téléphone. C'est ce rôle que notre hôpital m'a demandé d'assumer, en prenant le pari que cela puisse avoir une certaine utilité.

    Dr Gilbert Bouteiller

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