Mort d’un étudiant au décours d’une « soirée étudiante » : quelle responsabilité de l’Université ?

Lille, le jeudi 23 juin 2022 - Le 8 juillet 2021, aux alentours de minuit, le corps sans vie de Simon G. était retrouvé au pied d’un pont de l’autoroute A27 près de Chéreng, commune de la métropole lilloise. Agé de 19 ans, Simon était étudiant fraichement admis en deuxième année de médecine à l’Université de médecine de Lille. L’enquête diligentée avait conclu en moins d’un mois à une mort accidentelle (le jeune étudiant ayant été percuté par un camion).

Une conclusion qui ne satisfait pas la famille de la victime pour laquelle le drame semble trouver sa cause dans un bizutage.

Une procédure pénale insuffisante ?

Un an après l’ouverture de l’enquête, les éléments transmis à la famille par la procureure de Lille démontrent certaines insuffisances de l’enquête.

Il n’y aurait eu aucun contact entre l’Université et les services judiciaires et ceci malgré un courrier adressé par le président de l’Université à la famille de la victime qui affirmait le contraire. « Je tiens à vous assurer que l’Université de Lille collabore de façon étroite avec les services de police et de justice […] Il a ainsi été porté à la connaissance [du procureur] toutes les informations » aurait-indiqué le Président de l’Université à l’époque. Interrogé par Lille Actu, l’avocat du père de Simon G. s’insurge : « a priori, l’Université n’a rien communiqué du tout. Ça rajoute aux nœuds et aux suspicions. »

Révélation des étudiants présent au week-end d’intégration

Ce sont aussi les révélations autour de la soirée d’intégration qui tendent à accréditer la thèse du bizutage. Le « jeu » organisé lors de la soirée consistait à faire boire 12 seringues d’alcool pur aux étudiants. Le jeune homme, qui ne buvait jamais d’alcool, aurait demandé d’arrêter le « jeu » macabre au bout de la huitième seringue ingérée.

C’est ce fait qui aurait poussé l’étudiant à quitter la soirée prématurément pour rentrer chez lui. Le père de famille et son avocat veulent « que les responsabilités de tous soient établies », l’Université étant en première ligne. Car ils se disent loin d’être convaincus par le discours selon lequel elle n’aurait rien à faire dans l’organisation de ces soirées.

La famille souhaite que les conclusions en interne de l’Université lui soient transmises, ainsi qu’à la justice.

En vertu de l’article 225-16-1 du Code pénal « le fait pour une personne d'amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations ou de réunions liées aux milieux scolaire et socio-éducatif » est puni. Si ce dispositif pénal prévoit théoriquement des peines à l’encontre des organisateurs de soirée, la justice n’aurait prononcé que 34 condamnations entre 1998 et 2016 au titre de cette incrimination.

C.H.

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