Nouveau variant, contamination en hausse, vaccination à la peine : rien ne va plus en Inde

Bombay, le mardi 6 avril 2021 - En Inde, l'espoir  d’une extinction rapide de l’épidémie de Covid-19, qui pointait en début d’année est un vieux souvenir.

Depuis, le pays connaît, en particulier dans l’Etat indien du Maharashtra (114 millions d’habitants, capitale Bombay) une forte recrudescence de l’épidémie, la campagne de vaccination patine et un nouveau variant a fait son apparition.

Nouvelle vague

Face à la recrudescence de l’épidémie (60 000 contaminations ces dernières 24 heures) dans l’Etat du Maharashtra, les autorités locales ont mis en place de nouvelles restrictions : avancée du couvre-feu de 20h à 19h, confinement le week-end, fermeture, en plus des lieux de loisirs et de culte, des bureaux privés, et interdiction de toute réunion de plus de quatre personnes.

Le Premier ministre Narendra Modi se refuse en revanche à édicter un confinement national strict. Il a en tête les effets catastrophiques de celui de l’année dernière qui a poussé sur les routes des millions d’ouvriers qui, ayant perdu leur emploi du jour au lendemain, ont dû quitter les grandes villes, rencontrant, pour certains, la mort en chemin.

Il a en revanche annoncé une grande campagne de prévention "avec l'accent sur le port du masque à 100 %, les mesures d'hygiène dans les lieux publics et au travail, ainsi que dans les lieux de soins".

Vaccin à la peine

L’Inde visait initialement à vacciner 300 millions de personnes d'ici la fin du mois de juillet mais sa campagne connaît un sérieux retard avec 83 millions de doses administrées et moins de 50 millions de personnes qui ont bénéficié du schéma complet de vaccination.

Anand Krishnan, professeur de santé publique à l'Institut indien des sciences médicales de New Delhi, juge, auprès de l’AFP, que c’est "l'approche bureaucratique de la vaccination" qui entrave la campagne…Décidément à New Delhi comme à Paris les pesanteurs administratives ne sont pas les alliées de la riposte !

Nouveau variant

Mais c’est la découverte d’un nouveau variant « indien » qui est pour le monde l’information marquante de cette nouvelle flambée.

Le ministère de la santé indien informait ainsi, le 25 mars :  « Le Consortium indien sur la génomique du SRAS-CoV-2 (INSACOG) » a identifié en analysant les  « échantillons du Maharashtra  (…) une augmentation de la fraction des échantillons présentant les mutations E484Q et L452R.  Ces mutations confèrent un échappement immunitaire et une infectivité accrue. Ces mutations ont été trouvées dans environ 15 à 20 % des échantillons et ne correspondent à aucun COV précédemment catalogué ».

Nul doute que ce variant indien sera scruté par les épidémiologistes et les virologues en Inde…et ailleurs.

Xavier Bataille

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