Nouvelles révélations sur le laboratoire de virologie de Wuhan

Washington, le jeudi 27 mai – Des chercheurs malades, des séquences génétiques modifiés, des recherches secrètes : de nouvelles révélations renforcent les doutes autour du laboratoire de virologie de Wuhan.

L’épidémie de Covid-19 a-t-elle était provoquée par un accident au laboratoire de virologie de Wuhan en Chine ? Sans doute faudra-t-il attendre longtemps (ou indéfiniment) avant d’avoir une réponse claire à cette question. Mais ces dernières semaines, les informations s’accumulent et renforcent la crédibilité de cette hypothèse. Alors qu’elle semblait au départ une théorie complotiste tout droit sorti d’une œuvre de science-fiction, la thèse de l’accident du laboratoire gagne du terrain.

Dernière révélation en date, celle faite par le Wall Street Journal dimanche dernier. Selon le célèbre journal, qui s’est procuré un rapport des renseignements américains, trois personnes travaillant au laboratoire de Wuhan auraient été hospitalisés en novembre 2019 pour une maladie dont les symptômes ressemblent fortement à ceux de la Covid-19, soit un mois avant le début déclaré de l’épidémie à Wuhan. Les agents des renseignements américains sont partagés sur la fiabilité de la source qui rapporte cette information. Mais selon David Asher, ancien responsable d’une équipe chargé d’identifier les origines de l’épidémie, il pourrait bien s’agir du « premier cluster de Covid-19 ».

Les coronavirus de chauve-souris au centre des interrogations

Il y a quelques semaines, c’est un compte Twitter anonyme, The Seeker, qui relançait la polémique, en publiant deux mémoires et une thèse de virologie élaborés au sein du laboratoire de Wuhan. Ces documents attestent que, contrairement à ce qu’indiquent les autorités chinoises, le virus de chauve-souris RaTG13 étudié par le laboratoire de Wuhan et dont le génome a été publié en février 2020, n’est pas identique au virus Ra4991. Une information d’autant plus importante que le RaTG13 est pour le moment le virus animal le plus proche du Sars-Cov-2, puisque leurs génomes sont similaires à 96,2 %.

Plus troublant encore, la thèse publiée indique également qu’il y aurait un autre coronavirus de chauve-souris conservé dans le laboratoire, en plus des huit qui ont été prélevés par les scientifiques dans une mine du Yunnan en 2013. Trois mineurs y travaillant étaient décédés d’une pneumonie atypique en 2012. Enfin, le journal Le Monde indique avoir eu accès à une « fiche » indiquant un financement en 2018 pour « l’étude de la pathogénicité de deux nouveaux coronavirus de chauve-souris, sur des souris transgéniques exprimant le récepteur ACE2 humain » (ce qui est particulièrement troublant quand on se souvient que ce récepteur est la porte d’entrée du Sars-CoV-2 chez l’homme).

Joe Biden demande une enquête

Si la thèse de l’accident de laboratoire se renforce de jour en jour, c’est parce que la théorie officielle des autorités chinoises sur l’origine de l’épidémie se révèle de plus en plus fragile. Selon Pékin, un coronavirus de chauve-souris aurait été transmis à l’homme via un hôte intermédiaire. Mais après 18 mois de recherche, cet animal n’a toujours pas été identifié. « Plus de 80 000 échantillons provenant d’animaux ont été testé en Chine, tous étaient négatifs » explique le virologue français Etienne Decroly. « A partir du moment où une hypothèse scientifique a été testée 80 000 fois sans résultats probants, il est normal d’en tester d’autres » ajoute-t-il.

Rappelons le rapport des experts de l’OMS, qui avait écarté la thèse de l’accident de laboratoire, est décrié de toute part. Aussi, de plus en plus de scientifiques demandent que de nouvelles investigations soient menées à Wuhan pour éclaircir les zones d’ombres autour du laboratoire de virologie.

Ce mercredi, le président des Etats-Unis Joe Biden est entré dans la danse. Il a demandé à ses services de renseignement de lui rendre un rapport dans les 90 jours qui permettra « de nous rapprocher d’une conclusion définitive ». Il a également appelé la communauté internationale « à faire pression sur la Chine afin qu’elle participe à une enquête internationale complète, transparente et basée sur des preuves ».

Pékin a d’ores et déjà répondu que la Maison Blanche diffusait des « théories complotistes ».  

Quentin Haroche

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Vos réactions (1)

  • Doutes

    Le 30 mai 2021

    Des arguments circonstanciels et scientifiques très convaincants face a des dénégations sans justificatif (que l'on entend aussi bien pour d'autres sujets des dirigeants chinois ou russes) et des probables manipulations (OMS) le doute est juste politiquement correct.

    Dr Christian Marty

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