Oral de la PASS : la « catastrophe » a bien eu lieu

Paris, le vendredi 24 septembre 2021 - Dès son inscription dans le marbre de la loi, des observateurs (dont le JIM) notaient le danger de rétablir des oraux dans le cursus des études de médecine.

Les mésaventures de carabins parisiens viennent illustrer ces réserves. 

Depuis lundi, une quinzaine d’étudiants en médecine ont ainsi entamé une grève de la faim et un sit-in devant les grilles du ministère de l’Enseignement supérieur. Ils protestent contre les résultats du concours de la PASS qui a remplacé la PACES. Ces étudiants se révoltent contre le classement final. À l’issue du traditionnel concours écrit destiné à classer les candidats, seuls 260 “grands admis” ont pu directement accéder à la deuxième année. Les étudiants suivants ont, eux, dû se soumettre à deux oraux de 10 minutes, destinés à les « re-départager ». 

Ces étudiants, pour la plupart classés entre la 260e et la 300e place à l’écrit affirment que l’oral a compté pour 70 % de la note finale, et non à la moitié comme prévu dans l'arrêté qui régit les modalités d'admission. Ils pointent également la forme, inique selon eux, de cet examen, non anonyme de 20 minutes venant supplanter une année d’efforts intenses alors même qu’ils affirment n’avoir jamais été formés à l’exercice.

Avant ce sit-in et cette grève de la faim, les 42 étudiants parisiens en question ont multiplié les démarches après que le 11 juillet, la scolarité leur a indiqué par mail que le « classement de l’écrit est intermédiaire et incomplet » et qu’il n’y avait jamais eu de garantie d’admission des élèves bien classés à l’écrit. Pendant l’été, ils ont ainsi déposé un recours devant le tribunal administratif (rejeté au mois d’août) et engagé une action auprès du Conseil d’État qui est encore en cours. Reçu cette semaine par des représentants du ministère de l'enseignement supérieur, les 42 n’ont pas non plus obtenu gain de cause.

Certains intégreront dans quelques jours une licence (L.AS – les fameuses licences avec « mineures en santé » qui souffrent également d’une cruelle désorganisation), dans l’espoir de retenter leur chance en médecine dans un an ou deux. D’autres ont profité de quelques places libres en pharmacie et 15, donc, continuent la protestation par ce sit-in et une grève de la faim.   
Gageons que le nouveau « concours » de l’internat qui se fera par « matching » et comportera des oraux souffrira des mêmes difficultés…

X.B.

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Vos réactions (1)

  • Nécessité de l'anonymat

    Le 29 septembre 2021

    Au vu des coaptations et du chouchoutage qui fleurissent dans les CHU, de l'existence de dynasties de chefs de service :dans l'intérêt des patients tous les examens doivent être anonymisés.

    Dr Isabelle Herry

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