Passe d’armes entre l’ONU et l’Espagne sur les violences obstétricales

Madrid, le vendredi 5 août 2022 – Nahia Alkorta, une mère de famille espagnole de 3 enfants a saisi le Comité pour l’élimination des discriminations contre les femmes de l’ONU après avoir échoué à faire reconnaitre par les tribunaux de son pays ce qu’elle considère comme des violences obstétricales qui lui auraient entrainé un syndrome de stress post-traumatique.

Le Comité pour l’élimination des discriminations contre les femmes a lui estimé que cette parturiente ayant bénéficié d’un déclenchement d’accouchement et d’une césarienne mais sans son consentement express en Espagne avait « subi des violences obstétricales, un type particulier de violence contre les femmes » et que l’Etat espagnol devrait être condamné à une « une réparation appropriée du préjudice qu’elle a subi ».

Pas « d’accouchement à la carte » en Espagne

Le Comité invite aussi l’Espagne à « respecter l’autonomie des femmes et leur capacité à prendre des décisions éclairées concernant leur santé reproductive en leur fournissant des informations complètes à chaque étape de l’accouchement et en exigeant que leur consentement libre, préalable et éclairé soit obtenu pour tout traitement invasif pendant l’accouchement ».

« Si les médecins et les infirmières avaient suivi toutes les normes et tous les protocoles applicables, il est possible que la victime aurait accouché naturellement sans avoir à passer par toutes ces procédures qui l’ont traumatisée physiquement et mentalement » poursuit cet organisme.

Toujours selon le comité, Nahia Alkorta « s’est heurtée à des stéréotypes sexistes et à de la discrimination tout au long du processus administratif et judiciaire (…) Au cours de la procédure en Espagne, on lui a dit que c’était au médecin qu’il appartenait de décider de pratiquer ou non une césarienne et que le préjudice psychologique qu’elle avait subi n’était qu’une question de perception ».

L'État espagnol a répondu au Comité de l'ONU qu’« il n'existe pas d'accouchement à la carte » et que le choix de l'intervention incombe « exclusivement » au médecin, défendant les décisions des tribunaux du pays qui ont donné raison à l'hôpital…

Marlène Augustin

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Vos réactions (1)

  • Accouchement à la carte et responsabilité

    Le 06 août 2022

    Lorsqu'on lit : "Si les médecins et les infirmières... il est possible que l'accouchement se soit déroulé normalement"
    J'ai envie de répondre "si le déclenchement et la césarienne n'avaient pas été faits au moment décidé par le médecin, il est possible que l'enfant ait eu des séquelles neurologiques".

    Plus que le problème de la violence d'une césarienne "non acceptée" se pose le problème de l'acceptation du risque et de ses conséquences s'il se réalise. Et en cas de séquelles graves, quelle que soit l'information donnée au préalable à la patiente, quelles que soient les décharges signées par les parents, l'obstétricien sera mis en cause et pourra perdre son procès.

    Honnêtement, je préfere aller au tribunal pour répondre de "stress post traumatique maternel" que pour "asphyxie foetale ayant entrainé une infirmité motrice cérébrale".

    Dr E Orvain

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